Namibie – Zygonyx natalensis (Martin, 1900)

Zygonyx natalensis mâle, Namibie, Popa Falls sur l'Okavango, 19/02/2020
Zygonyx natalensis mâle, Namibie, Popa Falls sur l’Okavango, 19/02/2020

Durant ce séjour nous n’avons aperçu qu’un seul Zygonyx natalensis (Libellulidae) sur les rapides de l’Okavango à Popa Falls, malheureusement d’un peu trop loin. Il faisait des allers-retours sur un petit tronçon de rivière avant de revenir se poser sur un îlot à plusieurs mètres de la rive.
Il est facile à identifier, même s’il ressemble à un Orthetrum, par son comportement au dessus des rapides. Son front est bleu métallique, il est globalement sombre avec les premiers et derniers segments couverts de pruine, et parfois sur l’abdomen les restes des traits jaunes qu’il portait dans sa jeunesse.
On ne le trouve que sur les parties de rivières agitées, voire très agitées et écumeuses, comme on le devine sur la mauvaise photo ci-dessous.
Les femelles larguent leurs œufs qui deviennent collant au contact de l’eau, et tout comme les larves munies de griffes adaptées, ils sont capables de se fixer sur les pierres et rochers subaquatiques.

Zygonyx natalensis mâle, Namibie, Popa Falls sur l'Okavango, 19/02/2020
Zygonyx natalensis mâle, Namibie, Popa Falls sur l’Okavango, 19/02/2020

Il mesure environ 53 mm.
On le rencontre dans le sud de l’Afrique sur les rivières pérennes de l’Angola, du Botswana, du Mozambique, de Namibie, d’Afrique du sud et du Zimbabwe.
L’étymologie est intéressante tant pour le nom d’espèce que de genre:
– Zygonyx de zygon « paire » et onyx « griffe » ; dans ce genre les griffes des tarses ont une dent d’égale longueur aux griffes elles-mêmes ce qui donne l’impression que chaque patte a une paire de griffes plutôt qu’une griffe bifide. C’est un héritage de la larve qui lui sert bien sûr à se cramponner au substrat pour résister au courant.
– natalensis du Portuguais Natal signifiant Noël; René Martin a décrit l’espèce à partir de spécimens provenant d’Afrique du Sud, de la région du Kwazulu-Natal. Vasco de Gama à appelé Natal cette partie de la côte africaine car il y est arrivé le jour de Noël 1497.




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Namibie – Sympetrum fonscolombii (Selys, 1840)

Nous n’avons rencontré qu’un seul Sympetrum fonscolombii (Libellulidae) pendant ces 12 jours de prospection, sur le dernier site!
Bien sûr c’est une espèce très présente en France et je ne développerai pas les critères d’identification et autres détails que l’on retrouvera sur ces pages.

Sympetrum fonscolombii mâle, Namibie, lac du barrage Von Bach, 22/02/2020
Sympetrum fonscolombii mâle, Namibie, lac du barrage Von Bach, 22/02/2020

L’espèce est répandue en Afrique, sauf dans les régions de forêts et commune en Europe du Sud avec une tendance nette à l’expansion vers le nord (preuves de reproduction au Danemark, Hollande et Pologne). Elle est présente au Moyen-Orient et en Asie du Sud, je l’avais d’ailleurs rencontré en Ouzbékistan.




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Namibie – Crenigomphus kavangoensis (Suhling & Marais, 2010)

Crenigomphus kavangoensis mâle, Namibie, Rundu sur l'Okavango, 10/02/2020
Crenigomphus kavangoensis mâle, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 10/02/2020

Ce Crenigomphus a été décrit en 2010 à partir de sujets capturés sur l’Okavango en 2004. On retrouve les caractéristiques des Crenigomphus comme la coloration ocre avec peu de marques sombres, les nervures costales très claires sur les 4 ailes y compris au niveau des ptérostigmas, le S10 plus long que le S9, et la forte dentelure à l’extrémité des cercoïdes. Mais avec ses très longs appendices anaux supérieurs (cercoïdes) il reprend une caractéristique que l’on attribue d’habitude aux Paragomphus. D’ailleurs sa larve ne montre pas de différence claire avec celles des Paragomphus.

Il pose donc problème et remet en cause les caractères que l’on pensaient établis pour différencier les 2 genres qui seront peut-être fondus en 1 seul…

Suhling et Martens dans leur livre Dragonflies and Damselflies of Namibia expliquent l’étymologie du nom de genre et d’espèce; Crenigomphus vient du latin Crena pour « entaille, indentation » trouvées à l’extrémité des cercoïdes des mâles, et du grec Gomphos, « boulon ou rivet pour la construction navale » se référant au front sillonné de ce genre. Quand au nom d’espèce il se réfère au nom de la section aval de l’Okavango avant sa jonction avec la rivière Cuito où l’espèce a d’abord été trouvée.

Crenigomphus kavangoensis femelle, Namibie, Rundu sur l'Okavango, 10/02/2020
Crenigomphus kavangoensis femelle, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 10/02/2020

Comme les mâles les femelles Crenigomphus kavangoensis ne portent pas de foliations sur les derniers segments abdominaux, mais on retrouve les 3 bandes thoraciques claires caractéristiques.
Les mâles sont plus petits que leur cousin C. cornutus, mais leurs cercoïdes sont bien plus longs. Quant à C. hartmani que nous n’avons pas rencontré il présente des foliations sur S8 et S9.

L’espèce n’est actuellement connue qu’en Namibie mais doit certainement être présente aussi en Angola puisque la rivière Kavango est la frontière entre ces 2 états. Même si nous l’avons observé sur des mares, l’espèce se plait sur les parties courantes de la rivière, et ces mares n’en sont que des bras morts.

Crenigomphus kavangoensis femelle, Namibie, Rundu sur l'Okavango, 21/02/2020
Crenigomphus kavangoensis jeune femelle, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 21/02/2020



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Namibie – Pseudagrion sublacteum (Rambur, 1842)

Pseudagrion sublacteum mâle, Namibie, Rundu sur l'Okavango, 10/02/2020
Pseudagrion sublacteum mâle, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 10/02/2020

Pseudagrion sublacteum fait partie des plus faciles à identifier, et bien que je ne l’ai vu qu’une seule fois en Afrique du Sud je l’ai facilement reconnu.

Pseudagrion sublacteum mâle, Namibie, Katima Mulilo sur le Zambèze, 13/02/2020
Pseudagrion sublacteum mâle, Namibie, Katima Mulilo sur le Zambèze, 13/02/2020

Ses yeux sont rouge cerise (Cherry-eye Sprite en anglais) pour leur moitié antérieure, très sombres pour leur quart postéro-supérieur et bleu-vert pour le quart-postéro inférieur. Les taches postoculaires sont sombres, la face dorsale du thorax est teintée de mauve/pourpre, les flancs du thorax sont envahis de pruine blanchâtre pour les sujets âgés. S2 porte une petite tache bleue centrale, S8 et S9 sont presque complètement bleus et les appendices anaux supérieurs sont visiblement plus longs que les inférieurs.

Un dernier mâle immature dont l’aspect est comme souvent bien éloigné de celui des mâles matures, et plus curieusement comme on le verra plus bas, des femelles. J’ai eu du mal à identifier ce jeunot et c’est Klaas-Douwe Dijkstra qui m’a tiré d’affaire.

Pseudagrion sublacteum mâle immature, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 21/02/2020

Les tandems ou les accouplement sont souvent l’occasion de découvrir les femelles, plus discrètes et beaucoup plus difficiles à identifier. Encore faut il espérer que le mâle ne se soit pas trompé, comme cela arrive de temps en temps…

Pseudagrion sublacteum tandem, Namibie, Katima Mulilo sur le Zambèze, 14/02/2020
Pseudagrion sublacteum tandem, Namibie, Katima Mulilo sur le Zambèze, 14/02/2020
Pseudagrion sublacteum femelle, Namibie, Katima Mulilo sur le Zambèze, 14/02/2020
Pseudagrion sublacteum femelle, Namibie, Katima Mulilo sur le Zambèze, 14/02/2020

Le mâle mesure environ 35 mm.
C’est un résident de l’Afrique sub-saharienne, avec 2 populations relictuelles beaucoup plus au nord, au Maroc à l’Ouest et en Israël et Jordanie à l’Est.




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