Namibie – Tramea basilaris (Palisot de Beauvois, 1832)

Tramea basilaris mâle, Namibie, Kalambesa à l'Est de Katima Mulilo, 15/02/2020
Tramea basilaris mâle, Namibie, Kalambesa à l’Est de Katima Mulilo, 15/02/2020

J’ai plus l’habitude de rencontrer les Tramea en vol que posés et c’est un peu une surprise que d’avoir pu faire tant de photos de mâles et de femelles au repos. J’avais déjà rencontré Tramea basilaris au Rajasthan et en Éthiopie, mais toujours en vol.
C’est l’occasion d’admirer le port élancé de cet insecte et en particulier la forme artistique de ses appendices anaux élégamment courbés.

Tramea basilaris mâle, Namibie, Katima Mulilo, 13/02/2020
Tramea basilaris mâle, Namibie, Katima Mulilo, 13/02/2020

Pour peu que l’angle de vue soit correct, il est facile à identifier par le trou de serrure dans la coloration basale alaire, qui lui vaut en anglais le nom de Keyhole Glider. Il n’y a que 2 Tramea en Afrique et son cousin T. limbata, en plus d’un tache alaire différente, montre un front métallique et foncé.
Et à distance l’identification du genre est possible grâce à la position tout à fait particulière qu’ils adoptent, avec cette angulation entre le thorax et l’abomen
Ce contre-jour permet aussi d’apprécier la largeur de l’aile postérieure, à la façon des Pantala flavescens ; on le trouve parfois d’ailleurs mêlé à ce dernier volant inlassablement à quelques mètres du sol, se nourrissant d’insectes en vol.

Tramea basilaris mâle, Namibie, Parc national de Bwabwata, 14/02/2020

Il mesure jusqu’à 50 mm avec une envergure d’environ 90 mm.
Les femelles présentent la même décoration alaire, et bien qu’elles soient d’une coloration plus commune, elles n’en sont pas moins magnifiques !

Tramea basilaris femelle, Namibie, Bwabwata National Park, Bum Hill, 16/02/2020
Tramea basilaris femelle, Namibie, Bwabwata National Park, Bum Hill, 16/02/2020

Leurs appendices anaux, plus simples que ceux des mâles, sont longs et rectilignes et ajoutent à l’impression de finesse.
Comme on le constate sur ces photos, ils ou elles aiment se percher à l’extrémité d’un rameau ou d’une branche de buisson de la savane.

On le rencontre en principe près des mares ou mares temporaires cependant bien végétalisées. Mais certaines de ces femelles ont été contactées dans des endroits qui semblaient désertiques.

Tramea basilaris femelle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long des rapides du Zambèze
Tramea basilaris femelle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long des rapides du Zambèze, 13/02/2020

Quant à son aire de distribution, elle est gigantesque et on peut le rencontrer, sous des formes un peu différentes, depuis Madagascar jusqu’au Japon !

Tramea basilaris femelle, Namibie, Bwabwata National Park, 14/02/2020
Tramea basilaris femelle, Namibie, Bwabwata National Park, 14/02/2020



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Namibie – Rhyothemis semihyalina (Desjardins, 1832)

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 22/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 22/02/2020

Il est impossible de confondre Rhyothemis semihyalina avec un autre odonate en Namibie en raison de la large tache bleue métallique qui couvre la moitié basale de son aile postérieure et respecte en principe totalement son aile antérieure ; il m’a cependant rappelé Rhyothemis triangularis que j’avais pu observer en Malaisie.

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 08/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 08/02/2020

Ci-dessus on note la largeur de son aile postérieure, tout à fait ressemblante à celle de Pantala flavescens ; 2 insectes faits pour rester longtemps en l’air !
Il mesure 27 à 36 mm.

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 08/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 08/02/2020

J’ai déjà expliqué l’origine du nom de genre dans la page concernant Rhyothemis fenestrina. Son nom d’espèce traduit la coloration de son aile postérieure, semi- hyaline, ou semi-transparente.

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 22/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach,

Nous n’avons pas rencontré la femelle, qui très similaire, porte les mêmes taches alaires.
Il fréquente les marges végétalisées des marais, des zones inondées ou des rivières.
C’est une espèce largement répandue en Afrique sub tropicale jusqu’au Mascareignes, et même au Yémen. La population relictuelle algérienne aurait disparu.

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, Bum Hill sur Kwando River dans le parc national de Bwabwata, 16/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, Bum Hill sur Kwando River dans le parc national de Bwabwata, 16/02/2020



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Namibie – Rhyothemis fenestrina (Rambur, 1842)

Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l'Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020
Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l’Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020

Le genre Rhyothemis est cher au cœur des amateurs d’odonates et je me souviens de ma surprise la première fois que j’en ai rencontré un membre en Asie, le très commun Rhyothemis variegata au Cambodge. Ils sont immédiatement identifiables par leurs ailes largement colorées.
Il y a 2 Rhyothemis en Namibie (5 en Afrique, plus de 20 dans le monde), Rhyothemis fenestrina est celui qui montre la coloration alaire la plus étendue, avec des reflets irisés et changeant en fonction de la position de l’observateur et de la lumière.

Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l'Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020
Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l’Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020

Ce nom de genre peut sembler complexe ; Themis est cependant très utilisé pour nommer les Libellulidae ; c’est la déesse grecque de la justice, du droit de l’ordre et semble tout à fait approprié pour mettre de l’ordre parmi les odonates. Rhyo, vient de Rhyolite, une roche magmatique comportant des inclusions de nombreux autres minéraux, récemment décrite quand Hagen en 1867 a créé le genre et qui montre des couleurs variables et irrégulières comme les ailes de ces odonates.
Fenestrina est plus parlant (fenestra en latin) et évoque les fenêtres hyalines des ailes entourées de zones sombres.
Voici la description de Rambur dans Histoire Naturelle des Insectes – Névroptères – 1842 :

LIBELLULA FENESTRINA, mihi.
Flavo-rufescens; alis dilute fusco-rufescentibus, macula apicali,
anticis macula média et alla postica obsolela, posticis média et
aliis ad basim reticulatis, hyalinis.
De la grandeur de la Flaveola (
Sympetrum flaveolum !), mais les ailes plus courtes. Tête ayant
la face jaune. Corps jaune avec des nuances rousses. Ailes d’un brun
roux pâle, ayant un reflet violet plus ou moins doré, le sommet des quatre,
une tache un peu au delà du milieu, une autre peu sensible postérieurement
et en s’approchant de la base aux supérieures, et plusieurs
autres à la base des inférieures réticulées, transparentes, bord posté,
rieur un peu transparent; ptérostigma couleur de l’aile ; triangle réticulé
(5, 6 aréoles).
Décrit d’après un individu femelle très-incomplet de la collection de
M. Serville.

Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l'Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020
Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l’Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020


Il mesure près de 30 mm, et on note, comme pour tous les membres du genre, la largeur des ailes postérieures ; ils sont faits pour voler longuement et on les observe souvent regroupés en essaim, à plusieurs mètres de haut, se nourrissant inlassablement de petits insectes. Ils fréquentent les marais.
Ils ont un vol assez particulier, un vol battu comme un papillon ce qui leur vaut le nom de genre anglais Fluttering (Rhyothemis mariposa insiste sur ce détail puisque mariposa signifie papillon en espagnol).

Les femelles montrent les mêmes motifs alaires, un peu plus clairs, mais tout aussi spectaculaires.

Rhyothemis fenestrina femelle, Namibie, mare à l'Est de Katima Mulilo, 15/02/2020
Rhyothemis fenestrina femelle, Namibie, mare à l’Est de Katima Mulilo, 15/02/2020

On le rencontre dans toute l’Afrique subtropicale, sauf à l’est en Somalie, Mozambique et Zimbabwe, et en Afrique du Sud.

Et quand le soleil joue avec leurs ailes irisées le spectacle vaut le voyage jusqu’en Namibie !

Rhyothemis fenestrina femelle, Namibie, Parc National de Bwabwata, 20/02/2020
Rhyothemis fenestrina femelle, Namibie, Parc National de Bwabwata, 20/02/2020



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Namibie – Phaon iridipennis (Burmeister, 1838)

Phaon iridipennis femelle, Namibie, Popa Fall (Okavango), 18/02/2020
Phaon iridipennis femelle, Namibie, Popa Fall (Okavango), 18/02/2020

C’est le seul Calopterygidae de Namibie (et d’Afrique du Sud) et il appartient à un genre qui ne compte que 3 membres, iridipennis et camerunensis en Afrique sub-saharienne et rasoherinae à Madagascar.
Il mesure en moyenne 70 mm ce qui en fait un insecte impressionnant et un des plus grands zygoptères africains ; de ce fait il est impossible de le confondre avec un autre genre.

Phaon iridipennis femelle, Namibie, Popa Fall (Okavango), 19/02/2020
Phaon iridipennis femelle, Namibie, Popa Fall (Okavango), 19/02/2020

Nous n’avons malheureusement rencontré que des femelles, 2 jours de suite, pratiquement au même endroit, à proximité d’un petit bras rapide de l’Okavango, sous le couvert des arbres. Malheureusement car comme très souvent les mâles sont plus spectaculaires, et l’iridescence de leurs ailes est plus prononcée comme on peut en avoir un indice sur la première photo.
Cette iridescence est bien sûr à l’origine de son nom d’espèce, irid signifiant arc-en-ciel en grec et pennis signifiant plume, patte. Elle prend d’ailleurs le nom de Glistening Demoiselle en anglais.
Son nom de genre renvoie sans doute simplement à la beauté de l’espèce car Phaon dans la mythologie grecque était un vieux batelier passeur de l’ile de Lesbos qui a reçu d’Aphrodite un onguent qui a fait de lui un très beau jeune homme.

Phaon iridipennis femelle, Namibie, Popa Fall (Okavango), 19/02/2020
Phaon iridipennis femelle, Namibie, Popa Fall (Okavango), 19/02/2020

Il fréquente les ruisseaux et rivières en forêt galerie ou dans les aires plus ouvertes des forêts et se rencontre dans toute l’Afrique subsaharienne.
Je n’ai gardé que des photos qui mettent le sujet en valeur mais il ou elle se perche très fréquemment sur des branches et des rameaux morts, comme ci-dessous.

Phaon iridipennis femelle, Namibie, Popa Fall (Okavango), 19/02/2020
Phaon iridipennis femelle, Namibie, Popa Fall (Okavango), 19/02/2020



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