Stylurus flavipes femelle 1/1

Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020

C’est toujours sur ce site où m’a emmené mon ami Olivier Payen que j’ai rencontré ma première femelle mature Stylurus flavipes ; en réalité pas une seule mais 2, et aussi un mâle, avec en prime un mâle Gomphus graslinii. Le site est un reboisement assez récent, encore clair, le long de la rivière le Luy, un affluent de l’Adour.

Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020

On retrouve les détails qui permettent d’identifier les mâles, comme l’ovale jaune ou le « T » jaune sur le thorax, bien que ce dernier laisse à désirer sur la femelle encore jeune (yeux un peu pâles) ci-dessus. On note les fémurs largement dominés de jaune.
Ci-dessous sur cette femelle bien mature le « T » est plus nette et la coloration des yeux est plus affirmée.

Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020

On considère l’espèce semivoltine, voire partivoltine (1) en fonction de la latitude, c’est-à-dire que le cycle de métamorphoses aquatiques après la ponte dure au minimum 2 ans, voire plus (sans doute jusqu’à 4 ans). Car si l’espèce est présente le long de la côte Atlantique, sa distribution s’étend à des contrées aux températures moins clémentes, jusqu’à l’est de la Sibérie et la Mongolie !

Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes femelle, Siest (France-40), 05/07/2020

Le lieu de ponte typique est une zone lente d’une rivière ou d’un fleuve ou le fond est constitué d’un substrat vaseux ou sableux, car les larves au comportement grégaire peuvent s’y enfoncer profondément.
Aussitôt après l’émergence les adultes se dispersent et deviennent difficile à trouver alors que le nombre d’exuvies collectées est souvent très élevés ; ainsi sur certains secteurs de la Loire, près de chez moi, c’est l’exuvie d’anisoptère la plus commune mais il m’aura fallu près de 15 ans pour voir un mâle mature !


-1- Voltinism of Odonata: a review Philip S. Corbet, Frank Suhling & Dagmar Soendgerath, International Journal of Odonatology 9 (2006) : 1-44.


Stylurus flavipes mâle 1/1

Stylurus flavipes mâle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes mâle, Siest (France-40), 05/07/2020

Cela faisait des années que je cherchais à rencontrer des Stylurus flavipes matures. Jusque-là mes prospections sur les bords de la Loire ne m’avaient permis que de trouver de nombreuses exuvies, des sujets en fin d’émergence. Le seul individu volant était une femelle tout juste émergée.
C’est encore dans les Landes que mon ami Olivier m’a emmené sur ses terrains de chasse, en particulier le long du Luy, un affluent de l’Adour.

Stylurus flavipes mâle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes mâle, Siest (France-40), 05/07/2020

On l’identifie assez facilement lorsque l’on peut voir son thorax qui montre généralement un ovale jaune cerné de fortes lignes noires ; ces lignes noires délimitent également un « T » jaune formé par la carène thoracique dorsale et un collier jaune à la partie toute antérieure du thorax.
Les pattes sont jaunes et noires, les fémurs dominés de jaune, ce qui lui vaut son nom scientifique de flavipes et son nom vernaculaire : le Gomphe à pattes jaunes.

Stylurus flavipes mâle, Siest (France-40), 05/07/2020
Stylurus flavipes mâle, Siest (France-40), 05/07/2020

Son abdomen fin est entièrement parcouru d’une ligne jaune et, contrairement à ce qu’on lit parfois, il est nettement dilaté de S8 à S9, moins que pour G. vulgatissimus (dont la face dorsale de S8-S9 est noire), mais plus que pour les autres Gomphus français.
Les cercoïdes le séparent également des Gomphus ; ils sont pointus, divergents mais surtout concaves en dedans.

Ces 3 dernières photos ci-dessus d’un jeune sujet aux yeux pâles et aux ptérostigmas blanchâtres montrent que le fameux ovale jaune n’est pas toujours parfait.

C’est toujours au long du Luy mais cette fois-ci dans le bourg de Sort-en-Chalosse, entre le jeu de pétanque, la route et la rivière, que j’ai trouvé le magnifique sujet ci-dessous : son ovale jaune est bien dessiné !
On devine la face latérale de son thorax, essentiellement jaune, la suture interpleurale n’est souligné que dans sa partie toute inférieure, et la ligne noire la plus postérieure n’est pas fourchue à l’approche du stigmate métathoracique.

Stylurus flavipes mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Stylurus flavipes mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

20 minutes plus tard, sur le même lieu, j’ai pu assister au repas du soir (il est 19 heures) d’un dernier sujet. Les grosses bêtes mangeant les petites, c’est un Platycnemis latipes mâle qui est la victime.

Si on est prudent ils ne sont pas particulièrement difficiles à approcher et tout occupé à terminer son repas il m’a laissé approcher très près et constater la pilosité de sa face :

Stylurus flavipes mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Stylurus flavipes mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020



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Gomphus simillimus femelle

Gomphus simillimus femelle, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020
Gomphus simillimus femelle, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020

C’est la seule femelle que j’ai rencontrée au cours de ces 2 journées et demi de prospection.
On applique aux femelles les mêmes critères d’identification qu’aux mâles, en particulier pour les bandes antéhumérales parallèles, qui sont classiquement aussi larges que la bande jaune qu’elles encadrent ; elles sont modérément grasses, beaucoup moins que celles de G. graslinii mais plus que celles de G. pulchellus.

Gomphus simillimus femelle, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020
Gomphus simillimus femelle, Castelnau-Chalosse (France-40), 04/07/2020

On note que la plus interne de ces bandes noires parallèles ne vient pas au contact de la ligne noire, en arrière, comme pour G. pulchellus.
La suture interpleurale n’est soulignée de noir que dans partie inférieure : elle est complètement noire pour G. pulchellus, marquée de noire en bas et en haut pour G. graslinii.

Cette femelle se trouvait en bordure d’un champ, perché sur les arbres et arbustes qui cachaient la rivière l’Este à notre vue, dans un environnement forestier.




Accueil Gomphus simillimus

Gomphus simillimus mâle

Gomphus simillimus mâle, Sort en Chalosse (France-40), 03/07/2020
Gomphus simillimus mâle, Sort en Chalosse (France-40), 03/07/2020

Je suis retourné 3 fois sur ce site un peu inattendu dans le bourg de Sort-en-Chalosse et j’y ai rencontré au moins 2 sujets différents, une fois un jeune comme ci-dessus (yeux encore très pâles), les 2 autres fois des sujets matures. Et le site est paradoxalement riche et j’y ai aussi découvert, entre autres, Stylurus flavipes !

On note ci-dessus l’abdomen nettement élargi sur les derniers segments ce qui le sépare de Gomphus pulchellus.

Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

Si on continue à le comparer à G. pulchellus on note les bandes antéhumérales noires, larges et grasses, beaucoup plus larges que celles de ce dernier, qui encadrent une ligne jaune à peu près aussi large qu’elles. De plus G. pulchellus est le seul Gomphus à exhiber une ligne noire complète tout au long de la suture interpleurale, ici, seule la partie inférieure est soulignée de noir. Les bandes antéhumérales noires de G. graslinii sont encore plus grasses et entourent une très fine bande jaune.

Pour moi il n’y a pas lieu de le confondre avec le 4° Gomphus français, Gomphus vulgatissimus, très sombre, aux pattes noires et qui se distingue par l’absence de jaune sur les derniers segments et des yeux verts.

Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

Il est peut-être plus facile à confondre avec Stylurus flavipes qui montre cependant un ovale jaune cerné de lignes noires sur le sommet de son thorax, et pas ces bandes antéhumérales plus ou moins parallèles que l’on note chez nos 4 Gomphus. Les cercoïdes de G. simillimus sont divergents et droits, ceux de S. flavipes divergents mais concaves en dedans.

Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

Il me reste donc à le voir en Maine-et-Loire…




Gomphus graslinii mâle dans les Landes 2/3

Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020
Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020

Les Landes sont-elles le paradis des Gomphus en France ? Sans doute et en dehors de l’Asie c’est une surprise pour moi de découvrir une telle densité de Gomphidae et aussi, cela va de pair, une telle densité de ruisseaux et de rivières, petites ou moyennes.

Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020
Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020

Olivier Payen, un ami odonatologue m’a fait découvrir ses terrains de chasse et j’ai été surpris de chercher ces Gomphus dans des prairies et des sentiers, en milieu ouvert, en limite de forêt, sans même parfois apercevoir l’eau des rivières.

Avec un tout petit peu d’habitude Gomphus graslinii mâle est facile à identifier lorsque les mâles sont aussi typiques que ceux-ci et que la bande jaune antéhumérale n’est réduite qu’à une très fine ligne entre 2 traits noirs beaucoup plus gras.

Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020
Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020

On note également que la ligne noire sur la suture interpleurale est réduite à une courte ligne inférieure et une épine supérieure : cette épine est absente pour Gomphus simillimus (il ne subsiste que la partie inférieure), alors que la ligne noire est complète sur toute la suture pour Gomphus pulchellus.
Si les fémurs sont dominés de jaune, les tibias sont censés être noirs, mais on observe souvent quelques traces irrégulières de jaune.

Les appendices anaux supérieurs, les cercoïdes, sont bifides et spectaculairement acérés.

Gomphus graslinii mâle, appendices anaux, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020

C’est une des rares libellules (avec l’Agrion porte-coupe) que l’on doit présenter aux mineurs avec modération puisqu’elle porte sur son 8° segment abdominal le dessin jaune d’un verre à pied, voire d’un flûte (à Champagne bien sûr!).

Mais on peut l’admirer sans modération :




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