Sympetrum striolatum : oeil et moustache 4/4

Sympetrum striolatum femelle, oeil, Beaupréau en Mauges -France-49), 04/11/2020
Sympetrum striolatum femelle, oeil, Beaupréau en Mauges -France-49), 04/11/2020

On m’a récemment invité à donner mon avis sur l’identification d’une femelle Sympetrum sur l’application Inaturalist.
Seule une vue supérieure de cette femelle était disponible et sur cette photo elle se tenait la tête en arrière, de telle sorte qu’elle semblait montrer des moustaches noires, ou plus exactement un trait noir entre le vertex et le front qui descendait le long des yeux, à la façon de Sympetrum vulgatum. Le reste des critères, en particulier la coloration non-rouge des insertions alaires postérieures, guidait vers S. striolatum.
J’ai parcouru mes photos et suis tombé sur celle-ci, une vieille femelle, tard en saison, qui montre ces lignes noires et confirme que sous certains angles, il faut être prudent ; la femelle mystère était bien compatible avec Sympetrum striolatum.


Sympetrum striolatum Oeil 3/4

Sympetrum striolatum femelle, Beaupréau en Mauges (France-49), 04/11/2020
Sympetrum striolatum femelle, Beaupréau en Mauges (France-49), 04/11/2020

Quelles que soient les performances et la complexité de leur formidable organe visuel il ne fonctionne correctement que lorsqu’il est intact. Mais de temps en temps on rencontre des odonates dont les yeux sont profondément enfoncés.
Ici, il s’agit d’une femelle en fin de saison et on ne pourra jamais savoir ce qui a occasionné ces dommages : prédation, accident de vol ou même enfoncement par les appendices anaux du mâle lors de l’accouplement ! La prise du mâle est toujours brutale et la lame supra anale, si elle est mal positionnée, pourrait enfoncer un œil ; je ne parviens malheureusement pas à retrouver la photo qui montre cet épisode…
Il est certain que les capacités visuelles sont dégradées et que ses performances de chasse en vol doivent s’en trouver altérées.

Ici la même aventure est arrivée à une jeune femelle Sympetrum danae.




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Orthetrum albistylum – Prédation sur Pyropteron chrysidiformis

Orthetrum albistylum femelle, Ancenis (France - 49), 20/07/2020
Orthetrum albistylum femelle, Ancenis (France – 49), 20/07/2020

Les rencontres avec Orthetrum albistylum ne sont pas courantes dans ma région et même si nous sommes ici en Loire-Atlantique, l’île Bernardeau sur la Loire, où ont été faites ces photos, n’est qu’à 25 km de ma commune, à vol de libellule, bien sûr.
De plus cette femelle est manifestement jeune, un cas que je n’avais pas encore photographié.
Ce que je n’ai pas remarqué tout de suite c’est qu’elle était à table se régalant d’un papillon bien dodu. C’est une nourriture ordinaire pour les odonates et facile distinguer par les observateurs pour sa grande taille parmi les proies parfois minuscules qui constituent le menu des libellules.

Orthetrum albistylum femelle, prédation sur Pyropteron chrysidiformis, Ancenis (France - 49), 20/07/2020
Orthetrum albistylum femelle, prédation sur Pyropteron chrysidiformis, Ancenis (France – 49), 20/07/2020

La victime est très caractéristique des Sésies et il s’agit de Pyropteron chrysidiformis (Sesiidae) identifiable par les 2 anneaux jaunes qui ceinturent l’abdomen et la touffe de soies rousses à son extrémité. Il mesure 15 à 23 mm d’envergure, une proie « facile » pour un odonate de la taille de l’Orthetrum à stylets blancs (45 à 55 mm de longueur totale). La Sésie de l’oseille a la réputation d’être difficile à observer et je ne l’avais jamais rencontrée.

Orthetrum albistylum femelle, Ancenis (France - 49), 20/07/2020
Orthetrum albistylum femelle, Ancenis (France – 49), 20/07/2020

On voit très bien l’anneau jaune terminal de la Sésie sur cette photo, 6 secondes après celle au-dessus, où l’Orthetrum a fait pivoter sa proie avec ses mandibules pour continuer son repas.




Trithemis annulata mâle 1/1

Trithemis annulata mâle, lac d'Hourtin (France-33), 17/07/2019
Trithemis annulata mâle, lac d’Hourtin (France-33), 17/07/2019

Même s’il apparaît d’un rose franchement exotique aux connaisseurs, Trithemis annulata est souvent confondu avec les autres odonates rouges de France, nous n’en avons pas de rose. Il s’agit essentiellement des Sympetrum au premier rang desquels Sympetrum sanguineum, et de l’autre espèce qui nous est arrivée d’Afrique il y a quelques dizaines d’années, Crocothemis erythraea.
Mais bien sûr quand on place ces 3 espèces l’une à côté des autres le doute n’est pas permis:

Comparaison de 3 espèces parfois confondues: Crocothemis erythraea, Trithemis annulata et Sympetrum sanguineum
Comparaison de 3 espèces parfois confondues: Crocothemis erythraea, Trithemis annulata et Sympetrum sanguineum

Hors la coloration comparons C. erythraea et T. annulata pour souligner les différences les plus faciles à observer sur le terrain ou sur photo:
– ils ont tous les 2 une large tache alaire basale (plus sombre et plus étendue pour T. annulata), une marque noire sur les derniers segments, la nervation teintée (de rouille pour C. erythraea, de rouge pour T. annulata) et un discret filet bleu à la partie postérieure de l’œil (clic sur image ci-dessus!).
mais les pattes de C. erythraea sont rouges, celle de T. annulata noires.
– le front de C. erythraea est rouge, celui de T. annulata porte une marque violet très sombre métallisé.
– l’abdomen de C. erythraea aplati dorso-ventralement est large, celui de T. annulata est fin.

Trithemis annulata mâle, Villemur sur Tarn (France-31), 17/07/2019
Trithemis annulata mâle, Villemur sur Tarn (France-31), 17/07/2019
Le front est sombre (et poilu!), les pattes sont noires, la nervation est rouge.

Au tour de T. annulata et S. sanguineum:
– ils ont tous les 2 des marques sombres sur les derniers segments et tous les 2 des pattes noires.
– mais S. sanguineum n’a que rarement une tache alaire basale notable et sans commune mesure avec celle à T. annulata, pas de tache sur le front qui est rouge.
– la nervation de S. sanguineum est sombre, celle de T. annulata rouge
– l’abdomen de T. annulata s’affine régulièrement vers son extrémité, celui de S. sanguineum est dilaté entre les segments 6 et 8.

Ils ont tous les 3 pour point commun de pouvoir s’observer sur les mêmes pièces d’eau…

Trithemis annulata mâle, Villemur sur Tarn (France-31), 17/07/2019
Trithemis annulata mâle, Villemur sur Tarn (France-31), 17/07/2019

Il se comporte comme de nombreux Libellulidae appréciant les rameaux, les tiges, les herbes un peu isolées dressées au bord de l’eau sur lesquels il se perche afin de surveiller son territoire. Il s’en échappe pour chasser et poursuivre un intrus ou capturer une proie, si c’est l’heure du repas. Si personne ne le dérange, il revient se poser au même endroit.

Trithemis annulata mâle, lac d'Hourtin (France-33), 17/07/2019
Trithemis annulata mâle, lac d’Hourtin (France-33), 17/07/2019

Il adopte souvent la posture que l’on observe ci-dessus, les ailes plus basses que le thorax ce qui lui vaut son nom vernaculaire anglo-saxon de Violet dropwing.




Libellula depressa : respiration



Saint Rémy en Mauges, argilière du bois de Leppo, le 2 juin 2011.

Chez les libellulidae, la respiration est facile à mettre en évidence, plus particulièrement encore pour Libellula depressa qui a l’abdomen aplati, comme son nom le précise.
Le grand vent avait poussé cette femelle à se mettre à l’abri et les conditions météo sont sans doute la raison de sa patience avec moi.