Libellula depressa : respiration



Saint Rémy en Mauges, argilière du bois de Leppo, le 2 juin 2011.

Chez les libellulidae, la respiration est facile à mettre en évidence, plus particulièrement encore pour Libellula depressa qui a l’abdomen aplati, comme son nom le précise.
Le grand vent avait poussé cette femelle à se mettre à l’abri et les conditions météo sont sans doute la raison de sa patience avec moi.


Crocothemis erythraea accouplement 3/3

Le 22 août 2019 je me suis laissé tenté par les bords de Loire pour une section de rive que je n’avais jamais prospectée. Il fait chaud, 27°C, la Loire est très basse et ne montre que du sable sur plusieurs dizaines de mètres de large sur chaque rive. Par endroits, le long de l’enrochement de la levée, il persiste des flaques et sur l’une d’elle qui fait une vingtaine de mètres de long sur 3 de large je suis un peu surpris d’y trouver quelques Crocothemis qui se disputent le terrain.
C’est la première fois que j’en vois sur la Loire, mais bien sûr l’eau est stagnante et non plus courante.
J’observe aussi sur ce tout petit plan d’eau d’assez nombreux Erythromma lindenii en ponte et quelques Ischnura elegans quand j’aperçois passer au dessus de l’eau ces 2 sujets, déjà accouplés. J’ai pensé essayer de les photographier en vol mais ils ont eu la bonne idée de venir aussitôt s’écraser 1 mètre 50 devant mes bottes. J’ai eu le temps de faire 3 photos en 4 secondes et ils se sont séparés la femelle partant aussitôt pondre.

Accouplement de Crocothemis erythraea, rive droite de la Loire à Montjean sur Loire, 22/08/2019
Accouplement de Crocothemis erythraea, rive droite de la Loire à Montjean sur Loire, 22/08/2019

La durée de la copulation est étonnamment courte comparée aux autres Libellulidae : 7 ± 3,3 secondes (1). . Et cette brièveté est d’autant plus étonnante qu’on sait que la plupart des mâles odonates cherchent à s’assurer que leur sperme sera celui utilisé pour féconder les œufs. Pour ce faire, leur pénis est adapté soit à enlever le sperme des partenaires précédents (ce qui suggère tout de même des accouplements longs), soit à le repousser au plus loin des œufs qui vont être pondus, tous les intermédiaires étant sans doute possible, entre repousser et enlever…
Pour Crocothemis erythraea l’analyse morpho-physiologique de son pénis (et l’étude du volume de la spermathèque de la femelle (1)) montre qu’il repousse le sperme des partenaires précédents (mais sans exclure qu’il puisse en éliminer) ce qui est bien en accord avec la brièveté de la copulation.

Accouplement de Crocothemis erythraea, rive droite de la Loire à Montjean sur Loire, 22/08/2019
Accouplement de Crocothemis erythraea, rive droite de la Loire à Montjean sur Loire, 22/08/2019

Pour améliorer les chances de voir son sperme féconder les œufs pondus aussitôt après l’accouplement, le mâle vole à proximité de la femelle pour dissuader tout concurrent qui voudrait s’accoupler avec elle. Mais la plupart du temps il n’est pas longtemps efficace ou se désintéresse de la question au bout des quelques largages d’œufs de la femelle (sa descendance étant assurée…) et celle-ci est à nouveau capturée pendant la ponte si elle n’a pas quitté les lieux…




1 – Sperm competition in the family Libellulidae (Anisoptera) with special reference to Crocothemis erythraea (Brulle) and Orthetrum cancellatum (L.), Adv. Odonatol. 2:195-207, December, 1984, M.T. Siva-Jothy.

Orthetrum coerulescens mâle mature 5/5

Orthetrum coerulescens mâle, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019
Orthetrum coerulescens mâle, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019

La visite sur l’un des sites les plus nordiques en France hébergeant Calopteryx haemorrhoidalis a été l’occasion de rencontrer 7 ou 8 Orthetrum coerulescens au long d’un petit ruisseau.

Orthetrum coerulescens mâle, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019
Orthetrum coerulescens mâle, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019

Et c’est toujours un plaisir pour moi d’observer cette espèce puisque dans mon Maine et Loire les Orthetrum cancellatum sont beaucoup plus abondants. A vrai dire je ne connais pas un seul spot ou je suis certain de le trouver, comme d’ailleurs pour son cousin O. brunneum (quoique…).
Certains étaient de jeunes adultes avec les bandes antéhumérales claires bien visibles, d’autres plus âgés avec le thorax commençant à se recouvrir de pruine comme le sujet ci-dessous.

Orthetrum coerulescens mâle, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019
Orthetrum coerulescens mâle, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019

Tous les sujets ci-dessus ont les yeux bleu-vert, et la face et le front bruns, cette face brune qui permet (entre autres) de le différencier d’Orthetrum brunneum.

Orthetrum coerulescens mâle au front vert, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019
Orthetrum coerulescens mâle au front vert, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019

Et j’ai eu la surprise d’en trouver un (ci-dessus) avec le front coloré exactement dans la même teinte que ses yeux, loin en tout cas du brun habituel. Juste une curiosité, sans doute un maquillage pour attirer les femelles ? 🙂

Orthetrum coerulescens mâle, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019
Orthetrum coerulescens mâle, Saint-Martin-lès-Melle (France -79), 15/07/2019



Tandem Orthetrum albisylum ♂ X Orthetrum cancellatum ♀ 2/2

Tandem O. albistylum X O. cancellatum, Vère Grésigne (France-81), 18/07/2019
Tandem O. albistylum X O. cancellatum, Vère Grésigne (France-81), 18/07/2019

Le 18 juillet 2019 dans le Tarn je prospecte un étang créé par une ancienne gravière. Le temps et bien moyen, peu d’odonates sont actifs si ce n’est 5 ou 6 Orthetrum albistylum que je m’amuse à photographier en vol.
Alors que j’ai a peine eu le temps d’apercevoir une femelle Orthetrum en ponte celle-ci est capturée par un mâle qui aussitôt tente de s’accoupler, sans succès, il repassent 2 fois devant moi et j’ai la chance de faire une photo.
Ce n’est que sur l’ordinateur que je me suis aperçu de la méprise du mâle car il s’agit bien d’une femelle O. cancellatum.
J’ai vu le couple se séparer quelques secondes après la photo sans qu’il y ait eu d’autres tentative de copulation ou de ponte.
Je n’ai jamais vu d’autres tandem d’Orthetrum « en erreur » et il est tout de même étonnant que je sois tombé à 2 reprises sur les 2 mêmes protagonistes…

Ces tandem hétérospécifiques ne sont pas rares mais m’étonnent toujours tellement on met en avant les formidables capacités visuelles des odonates quand il s’agit de repérer des proies par exemple… Ils ne seraient pas capables d’identifier les « bonnes » femelles au premier coup d’oeil ?
Corbet dans Behaviour and Ecology of Odonata cite Tennessen (1982) et Utzeri et Belfiore (1990, Tandem anomali fra Odonati Odonata ) qui écrivent que ce comportement pourrait être expliqué par le fait qu’il serait plus avantageux pour les mâles de saisir la première femelle un peu ressemblante et de la relâcher après en cas d’erreur, que de prendre du temps pour l’identifier et risquer de se devancer par un concurrent.

N’y a-t-il pas simplement quelques mal voyants parmi les odonates ? 🙂




Identification des Sympetrum sanguineum

Sympetrum sanguineum femelle, Le Fuilet (France - 49), 12/06/2008
Sympetrum sanguineum femelle, Le Fuilet (France – 49), 12/06/2008

L’identification des Sympetrum sanguineum repose sur des critères bien connus pour les mâles : pattes noires, taches noires sous les yeux, petites taches alaires ambrées, abdomen dilaté pour les derniers segments.
Mais pour les femelles, et les très jeunes mâles, il n’y a pas cette notion d’abdomen dilaté et sur une vue postérieure qui cache les pattes (et forcément les yeux 🙂 ) l’identification peut s’avérer difficile si… on ignore ce qu’on peut certainement qualifier de critère et qui est illustré sur la photo ci-dessus: il s’agit donc d’un « T » noir formé par l’union de la carène thoracique (colorée en noir) et le bord antérieur du thorax lui aussi bordé de noir.
Ce critère est valable pour les mâles et les femelles mais devient moins évident lorsque la coloration des mâles évoluent. Il est certainement d’un grand secours pour les immatures des 2 sexes.

Sympetrum sanguineum mâle immature, Chanteloup les bois (France - 49), 22/05/2011
Sympetrum sanguineum mâle immature, Chanteloup les bois (France – 49), 22/05/2011



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