Namibie – Pseudagrion deningi (Pinhey, 1961)

Pseudagrion deningi mâle, Namibie, Bwabwata National Park, 20/02/2020
Pseudagrion deningi mâle, Namibie, Bwabwata National Park, 20/02/2020

Enfin un pseudagrion facile à identifier avec ses yeux noirs en haut et verts en bas, la partie supérieure de son thorax complètement noire (ce qui lui vaut son nom anglais de Dark Sprite), le bas de son thorax et les derniers segments bleu azur. Il n’a pas de taches postoculaires ce qui permet de le différencier facilement de Pseudagrion sudanicum.

Pinhey dans sa description originale de l’espèce lui donne un abdomen de 26 mm ce qui donne une taille totale de 32 mm. Le rapport à la taille d’une main est toujours intéressante pour constater comme ils sont petits!

Pseudagrion deningi mâle, Namibie, Rundu sur l'Okavango River, 10/02/2020
Pseudagrion deningi mâle, Namibie, Rundu sur l’Okavango River, 10/02/2020

Pinhey insiste sur ses appendices anaux supérieurs inhabituellement robustes et massifs (« extraordinarily robust ») au point que sur une vue dorsale ils masquent les inférieurs, que l’on voit cependant très bien sur le profil inférieur de ce sujet mort sans doute tout récemment, et trouvé flottant sur l’eau.

Pseudagrion deningi mâle, appendices anaux, , Namibie, Rundu sur l'Okavango River, 10/02/2020
Pseudagrion deningi mâle, appendices anaux, , Namibie, Rundu sur l’Okavango River, 10/02/2020

Nous ne l’avons rencontré que sur l’Okavango, soit véritablement au bord de la rivière comme à Rundu, soit dans les marais de l’Okavango dans le parc national de Bwabwata.

Pseudagrion deningi mâle, Namibie, Bwabwata National Park, 20/02/2020
Pseudagrion deningi mâle, Namibie, Bwabwata National Park, 20/02/2020

Les femelles ont la bonne idée de ressembler aux mâles même si leur face est moins colorée. Elles semblent porter un motif caractéristique sur les derniers segments. Celle ci-dessous que j’ai poursuivie de place en place porte sous son thorax un hydracarien parasite.

Ici une jeune femelle au thorax dont les parties claires du thorax sont encore rosées:

Pseudagrion deningi femelle, Namibie, Bwabwata National Park, 20/02/2020
Pseudagrion deningi femelle, Namibie, Bwabwata National Park, 20/02/2020

Sa distribution actuelle le limite au nord de la Zambie et au bassin du Congo, et sautant curieusement au sud, aux rivières Okavango et Kwando en Namibie et au Botswana.

Pseudagrion deningi femelle, Namibie, Rundu sur l'Okavango River, 10/02/2020
Pseudagrion deningi femelle, Namibie, Rundu sur l’Okavango River, 10/02/2020



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Namibie – Lestes dissimulans (Fraser, 1955)

Lestes dissimulans mâle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020
Lestes dissimulans mâle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020

C’est sur cette petite mare près de Kalambesa et du zambèze que nous avons enfin rencontré Lestes dissimulans; enfin car nous avons tenté un bon nombre de pièces d’eau sans succès, où en tout cas sans rencontrer cette espèce car son cousin L. pallidus est beaucoup plus commun et largement plus répandu en Namibie.
Il est très ressemblant à L. tridens, encore plus rare en Namibie et on ne peut l’en séparer que par l’examen des appendices anaux:

Lestes dissimulans appendices anaux mâle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020
Lestes dissimulans appendices anaux mâle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020

Mais il est très facile à séparer de L. pallidus et de L. pinheyi (que nous n’avons pas contacté) dont les motifs thoraciques sont plus communs et ne portent pas ce motif camouflage bien particulier.

Lestes dissimulans mâle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020
Lestes dissimulans mâle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020

Les femelles sont très ressemblantes mais s’en distinguent aisément par leur abdomen massif, et leur derniers segments dominés par un lourd ovipositeur. Ces Lestes dissimulans habitent les mares temporaires crées par les pluies et/ou ici les débordements du Zambèze. Comme les autres Lestes les femelles pondent dans la végétation qui protégera les œufs de la dessiccation pendant la saison sèche.

Lestes dissimulans femelle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020
Lestes dissimulans femelle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020

Son nom d’espèce vient, indirectement, de sa ressemblance avec Lestes tridens. Lestes dissimulans est étroitement apparenté à Lestes simulans dont le nom d’espèce montre sa ressemblance avec Lestes tridens. Il faut donc comprendre dissimulans comme « n’étant pas simulans »…

Lestes dissimulans femelle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020
Lestes dissimulans femelle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020

Le Cryptic Spreadwing est largement distribué en Afrique tropicale, du Sénégal au Kenya jusqu’au nord-est de l’Afrique du Sud, et en Namibie il est limité à la bande de Caprivi.

Lestes dissimulans femelle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020
Lestes dissimulans femelle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020



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Namibie – Orthetrum abbotti (Calvert, 1892)

Orthetrum abotti mâle, Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020
Orthetrum abbotti mâle, Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020

Bien que l’aire de distribution d’Orthetrum abbotti (Libellulidae) s’étende à tout l’Afrique sub-saharienne jusqu’au sud de l’Afrique du Sud, il est localisé à quelques places en Namibie, dont celle-ci bien connue, au pied du plateau de Waterberg.
Il s’agit d’un ruisseau vraiment vraiment faible, envahi de végétation, traversant plus ou moins une route pavée du resort. Nous l’avons trouvé à la fois sur les bords de la route, mais aussi enfoui dans la végétation.

Ci-dessus 2 mâles, l’un totalement pruineux l’autre montrant encore la teinte jaune des couleurs de sa jeunesse, qui ne seront parfois pas complètement recouvertes de pruinosité bleue, comme c’est presque toujours le cas pour les Orthetrum.
Ci-dessous ce mâle est immature et porte encore l’habit des femelles:

Orthetrum abotti mâle immature, Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020
Orthetrum abotti mâle immature, Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020

C’est le plus petit des Orthetrum du sud de l’Afrique avec 35 mm en moyenne.
Si on le rencontre en Namibie sur des ruisseaux même très dégradées, en Afrique du Sud il est mentionné sur les habitats marécageux avec végétation émergente.
On retrouve sur la femelle le pattern abdominal caractéristique avec la ligne noire médiane séparant des paires de points dans la partie distale des segments.
On note également la taille importante des ptérostigmas sur ces ailes minuscules.

Orthetrum abbotti femelle, Waterberg Plateau National Park, 08/02/2020
Orthetrum abbotti femelle, Waterberg Plateau National Park, 08/02/2020

Le nom d’espèce est un hommage à William Louis Abbott qui a capturé l’espèce, décrite par Calvert, en Tanzanie (Kilimandjaro).




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Namibie – Orthetrum brachiale (Burmeister, 1839)

Orthetrum brachiale, Namibie, Parc National du Plateau de Waterberg, 08/02/2020
Orthetrum brachiale, Namibie, Parc National du Plateau de Waterberg, 08/02/2020

Il est impossible de différencier les mâles matures d’Orthetrum brachiale et d’ Orthetrum stemmale sur photo, en tout cas sans voir les organes sexuels sous le 2° segment abdominal. Je n’ai donc choisi de ne montrer que des sujets photographiés dans une zone où il n’y a pas d’Orthetrum stemmale, c’est à dire hors de la bande de Caprivi, même s’il y est considéré comme très peu fréquent. Mais présent puisque je montre sur le site une photo d’un mâle immature et de ses genitalia.
Ci-dessous les 2 sujets le 12/02/2020 près de Rundu, sur l’Omatako, un affluent de l’Okavango.

On les identifie à leur couleur bleue due à la pruinosité qui les recouvre presque entièrement, leurs ptérostigmas clairs (non noirs pour éliminer O. julia), les nervures transverses issues de la sous-costale (Ax) claires quoique ce dernier caractère mérite d’y regarder à 2 fois, en fonction de l’incidence de la lumière.
On doit aussi compter le nombre de cellules dédoublées au dessus de la veine radiale supplémentaire (Rspl); elles sont nombreuses (c’est ce qu’on lit !), sans doute aussi nombreuses que celles de O. stemmale, sans doute toujours plus d’une douzaine (total des 4 ailes).
En fait il semble que personne ne se soit jamais penché sur la question.

Orthetrum brachiale, Namibie, Divundu, 12/02/2020
Orthetrum brachiale, Namibie, Divundu, 12/02/2020

Ci-dessus ce vieux mâle compte 6 cellules dédoublées au dessus de la Rspl sur l’aile antérieure gauche, ce qui laisse supposer qu’il en a … pas mal sur le total de ses 4 ailes, même si celles-ci montrent qu’il a déjà vécu beaucoup d’aventures.
Qui dit vieux dit sage et il sait bien qu’il n’a rien à craindre de moi, aussi s’est-il laissé approcher:

Orthetrum brachiale, Namibie, Divundu, 12/02/2020
Orthetrum brachiale, Namibie, Divundu, 12/02/2020

Il est toujours amusant de constater sur ces photos rapprochées, en dehors de la structure des yeux, la façon dont sont repliées les pattes antérieures, juste en arrière des yeux, de telle sorte que le la marque claire correspond à ses genoux (articulation tibio-fémorale).
Ci-dessous 2 mâles immatures, celui de droite sans doute un tout petit peu plus âgé que l’autre comme en témoigne la coloration de ses yeux et la minime apparition de coloration bleue sur le 3° segment. Ils ont respectivement 17 et 15 cellules dédoublées.

On note également leurs cercoïdes noirs alors que la lame supra anale est claire; c’est une des rares différences avec Orthetrum stemmale dont les cercoïdes sont clairs comme la lame supra anale. Orthetrum brachiale porterait également moins de couleur noire sur les derniers segments (5 à 10) qu’O. stemmale; on peut vérifier ces 2 éléments d’identification sur la photo ci-dessous:

Comparaison Orthetrum brachiale et Orthetrum stemmale, sujets immatures

Sans surprise on vérifie le critère des cercoïdes sombres chez les jeunes femelles qui comme presque toujours pour les Libellulidae ont le même habitus que les mâles immatures.
Les 2 femelles ci-dessous dans le parc national de Bwabwata le 20/02/2020.

Son territoire occupe toute la moitié sud de l’Afrique, du Sénégal à la Somalie jusqu’au nord-est de l’Afrique du Sud.




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Namibie – Anax imperator (Leach, 1815)

Anax imperator femelle, Namibie, barrage Von Bach, 22/02/2020

Si nous avons souvent aperçu Anax imperator (Aeshnidae) en vol, je ne l’ai jamais vu posé durant ce séjour. Mais à 2 reprises à 2 semaines d’intervalle sur le même plan d’eau nous avons observé une femelle Anax imperator en ponte. Malheureusement bien loin de nous.
Bien sûr on trouvera beaucoup plus de détails sur cette espèce commune en Afrique et en Europe dans les pages qui lui sont consacrées en France.

Anax imperator femelle, Namibie, barrage Von Bach, 22/02/2020

Si c’est une des plus grandes espèces européennes ce n’est pas le cas en Afrique où elle est dominée par 2 géants que nous avons également pu observer, Anax ephippiger et surtout Anax tristis qui est seulement moitié plus grand que l’Empereur européen (77 mm contre 114 mm en moyenne).
Mais quand il se compare au Pseudagrion , ici sans doute pseudagrion massaicum mâle, il reste un géant des mares et des eaux faiblement courantes.

Anax imperator femelle, Namibie, barrage Von Bach, 08/02/2020
Anax imperator femelle & Pseudagrion massaicum, Namibie, barrage Von Bach, 08/02/2020

Son aire de distribution est gigantesque; toute l’Afrique y compris les Mascareignes, presque toute l’Europe puisque « grâce » au réchauffement global on le rencontre maintenant en Suède et en Écosse, et à l’est jusqu’au Bengale occidental.
Je l’avais observé à la Réunion et très brièvement en Afrique du Sud.




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