Namibie – Neurogomphus zambeziensis (Cammaerts, 2004)

Neurogomphus zambeziensis mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long rapides du Zambèze
Neurogomphus zambeziensis mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long des rapides du Zambèze

Neurogomphus zambeziensis est une rareté, les adultes des Neurogomphus sont rarement vus sans doute, selon l’ADDO, parce qu’ils sont saisonniers et fréquentent les larges rivières.
Ici nous sommes sur les rives du Zambèze , à Katima Mulilo qui constitue actuellement l’extrême limite de sa répartition vers l’Ouest.

Rives du Zambèze, Namibie, Katima Mulilo, Wenela Border Post, 13/02/2020
Rives du Zambèze, Namibie, Katima Mulilo, Wenela Border Post, 13/02/2020

C’est un des 14 Neurogomphus africains, et le genre se distingue (entre autres) par la position de la tache jaune sur le 8° segment segment alors que pour les autres genres, quand elle est présente, elle apparaît sur le 7°.
Le 10° segment est aussi peu commun et lui faire prendre en anglais le nom de Zambezi Siphontail:

Neurogomphus zambeziensis mâle, appendices anaux, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long rapides du Zambèze
Neurogomphus zambeziensis mâle, appendices anaux, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long des rapides du Zambèze

Il mesure environ 57 mm et se plait essentiellement sur les grandes rivières.
Il est largement présent au Mozambique, beaucoup plus rare dans le nord de l’Afrique du Sud, de part et d’autre de la frontière entre l’Angola et la Zambie et donc à l’extrême est de la bande de Caprivi en Namibie.

Neurogomphus zambeziensis mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long rapides du Zambèze
Neurogomphus zambeziensis mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long rapides du Zambèze

Evidemment son nom d’espèce se réfère au Zambèze puisqu’il a été décrit d’après un spécimen pris dans les chutes Victoria, où il était considéré comme commun en 1965.




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Namibie – Lestinogomphus angustus (Martin, 1911)

Lestinogomphus angustus mâle,Namibie, Bwabwata National Park, Mahango Core area, 20/02/2020
Lestinogomphus angustus mâle,Namibie, Bwabwata National Park, Mahango Core area, 20/02/2020

C’est un tout petit Gomphidae de 39 mm (Martin dans sa description originale) ou 41 à 47 mm (dans A Guide to the Dragonflies and Damselflies of South Africa, Tarbotoon & Tarboton) de longueur totale, avec un abdomen très mince et un 10° segment très curieux, très long et formant un angle important vers le bas quand il est posé.

Lestinogomphus angustus mâle, Namibie, Rundu sur l'Okavango, 11/02/2020
Lestinogomphus angustus mâle, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 11/02/2020

Son identification ne pose pas de problème avec la position de son 10° segment d’autant qu’il est actuellement le seul de son genre connu en Namibie; cependant Lestinogomphus silkei a été découvert dans les chutes Victoria et il ne serait pas surprenant de le découvrir en Namibie dans un environnement équivalent, comme Popa Falls. Il est très ressemblant avec des appendices anaux légèrement différents et un S10 un peu plus court.

Lestinogomphus angustus mâle,Namibie, Katima Mulilo, Wenela Border Post, rapides du Zambèze, 17/02/2020
Lestinogomphus angustus mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela Border Post, rapides du Zambèze, 17/02/2020

Il faut également remarquer ses ailes étroites et surtout l’étroitesse de la base de l’aile postérieure, ce que l’on observe bien sur la première photo de la page.
Il se pose le plus souvent à l’ombre et préfère les forêts au bord des rivières et nous l’avons en effet observé près du Zambèze, de l’Okavango et de la Kwando river.
Les yeux des adultes sont bleus et le sujet ci-dessous nous a semblé très bizarre, aréactif et mou, peut-être un jeune individu en train de mourir…


Lestinogomphus angustus mâle,Namibie, Parc National de Bwabwata, Bum Hill, 14/02/2020
Lestinogomphus angustus mâle,Namibie, Parc National de Bwabwata, Bum Hill, 14/02/2020

C’est une espèce de l’Afrique de l’Est, depuis l’Ouganda (holotype, 1911) et le Kenya au nord, jusqu’au nord-est de l’Afrique du Sud, incluant la Zambie, le nord du Botswana et n’est présent en Namibie (et sans doute au Sud de l’Angola) que le long de la bande de Caprivi puis presque jusqu’à l’Atlantique en suivant la frontière de l’Angola.

Lestinogomphus angustus mâle, Namibie, Rundu sur l'Okavango, 11/02/2020
Lestinogomphus angustus mâle, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 11/02/2020



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Namibie – Ictinogomphus ferox (Rambur, 1842)

Ictinogomphus ferox mâle, Namibie, Katima Mulilo, rapides du Zambèze, 13/02/2020
Ictinogomphus ferox mâle, Namibie, Katima Mulilo, rapides du Zambèze, 13/02/2020

J’avais rencontré Ictinogomphus ferox (Gomphidae) très brièvement en Afrique du Sud mais durant ce séjour il a été très présent. Il est souvent patient, peu craintif et spectaculaire par sa taille qui atteint 75 à 90 mm et ses expansions foliacées sur le segment 8.
Ci dessous à gauche le 14/02/2020 à Bum Hill dans le parc national de Bwabwata, il faut remarquer les très longues auricules portées par le 2° segment abdominal. A droite le long du Zambèze à Katima Mulilo, le 14/02/2020, en dessous au même lieu le 15/02/2020.

Il aime se percher sur les rameaux qui surplombent l’eau, près des berges, pour surveiller son territoire où il fait régner sa loi. On le trouve sur le bord des rivières, mais aussi des mares et des lacs.
Il ne dédaigne pas à l’occasion de faire l’obélisque lorsque la température est élevée:

Ictinogomphus ferox mâle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020
Ictinogomphus ferox mâle, Namibie, Kalambesa, 17/02/2020

Le Common Tigertail appartient à l’Afrique tropicale, à l’Ouest depuis le Sierra Léone et Liberia jusqu’à l’Ethiopie et la Somalie à l’Est. De là on le trouve en Afrique de l’Est jusqu’au nord-est de l’Afrique du Sud, et plus à l’Ouest dans la moitié sud de l’Angola, en Namibie, et la moitié nord du Botswana.

Comme on le voit ci-dessus les femelles portent également des expansions foliacées, sans doute un peu moins importantes que celles des mâles et se livrent à la même gymnastique que ceux-ci pour adapter leur température interne: en cas de forte chaleur la position dite de « l’obélisque » permettrait de limiter la surface exposée aux rayons directs du soleil. Lors de ces photos la température dépassait les 30°C à l’ombre.
J’ai pu longuement observer et photographier une femelle perchée sur les branches basses d’un arbre à quelques dizaines de mètres du Zambèze. Sur l’écran de l’ordinateur je me suis rendu compte que ce que j’avais pris pour des fèces étaient en fait une partie de sa ponte dans laquelle on individualise très bien quelques œufs accrochés au bout de sa lame vulvaire.

Ictinogomphus ferox femelle, Namibie, Rundu, 11/02/2020
Ictinogomphus ferox femelle, Namibie, Rundu, 11/02/2020



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Namibie – Paragomphus cataractae (Pinhey, 1963)

Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020

Paragomphus cataractae est une rareté, d’ailleurs il est difficile d’en trouver des photos sur le Web. Il est facile à identifier, il est le seul à montrer un thorax vert pomme pratiquement dépourvu de lignes sombres.
Phil Benstead, tour leader, nous amenait sur ce site pour la 4° fois car il nous manquait encore certains Gomphidae locaux et c’est en repartant vers les véhicules, le long du chemin forestier, à une centaine de mètres du Zambèze et de ses rapides, que l’un d’entre nous a fait cette belle découverte.

Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020

C’est en effet une espèce typique des larges rivières et surtout de leurs zones de rapides, tout comme Platycypha caligata et Zygonyx natalensis que nous rencontrerons plus tard sur l’Okavango, à Popa Falls.
D’ailleurs son nom d’espèce cataractae souligne sa préférence pour les courants rapides, cataractae signifiant « des rapides » ou « des chutes d’eau ». La description originale de l’espèce a été faite à partir de sujet pris dans les rapides des Victoria Falls et Katambora, donc sur le Zambèze également, à une soixantaine de kilomètres seulement du lieu de ces photos.

Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020

Son abdomen mesure environ 30 mm (sans les appendices anaux) soit une longueur totale d’environ 45 mm.
L’espèce a une distribution très limitée en Namibie: de l’endroit où nous l’avons observé à Katima Mulilo sur le Zambèze jusqu’aux Victoria falls et sur un tributaire du Zambèze, sur l’Okavango River à Popa Falls et sur la Kunene River à Epupa Falls. Il y aurait également une donnée du nord de la Zambie.

Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020



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Namibie – Paragomphus elpidius (Ris, 1921)

Paragomphus elpidius mâle, Namibie, Wenela Border post, Katima Mulilo, Rapides du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus elpidius mâle, Namibie, Wenela Border post, Katima Mulilo, Rapides du Zambèze, 17/02/2020

Je suis surpris de n’avoir dans mes photos qu’un seul mâle Paragomphus elpidius (Gomphidae) mais 4 femelles; comme pour les Libellulidae on rencontre normalement plus souvent les mâles, les femelles étant discrètes.
Sans voir ses spectaculaires appendices anaux l’identification n’est pas facile car il ressemble beaucoup à Paragomphus genei (Common hooktail); il s’en différencie cependant par ses ptérostigmas vraiment noirs alors que ceux de son cousin sont plus pâles au centre. Son thorax est marqué de lignes sombres plus fortes que celles de P. genei. Les foliations des segments 8 et 9 sont également plus étendues et il n’a pas de point jaune à l’extrémité dorsale de S10.

Paragomphus elpidius mâle, Namibie, Wenela Border post, Katima Mulilo, Rapides du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus elpidius mâle, Namibie, Wenela Border post, Katima Mulilo, Rapides du Zambèze, 17/02/2020

Il est aussi plus grand que Paragomphus genei et il atteint 43 à 50 mm. Il fréquente les berges des rivières végétalisées et boisées et celui-ci se trouvait non loin d’une zone de rapides sur le Zambèze, littéralement à quelques dizaines de mètres de la Zambie.

Paragomphus elpidius femelle, Namibie, Rundu, Okavango River, 10/02/2020
Paragomphus elpidius femelle, Namibie, Rundu, Okavango River, 10/02/2020

On utilise les mêmes critères pour identifier les femelles: le thorax vert qui nous limite à P. genei et elpidius. Les ptérostigmas noirs sans zone pâle centrale élimine P. genei.

Paragomphus elpidius femelle, Namibie, Rundu, Okavango River, 10/02/2020
Paragomphus elpidius femelle, Namibie, Rundu, Okavango River, 10/02/2020

En Namibie l’espèce se limite à la bande de Caprivi mais plus à l’est de l’Afrique on la trouve depuis l’est de l’Afrique du Sud jusqu’au nord du Congo, de l’Ouganda et du Kenya.
Les 2 photos ci-dessous : Bwabwata National Park, Kwando River, 14/02/2020.

Dans Dragonflies and Damselflies of Namibia (Suhling & Martens) on peut trouver l’étymologie du nom d’espèce de presque tous les odonates namibiens; elpidius du grec elpid pour espérance en référence au Cap de Bonne Espérance. La localité de l’holotype est pourtant au Kwazulu-Natal, mais pour Riss, entomologiste Suisse qui n’était jamais venu dans la région, le Cap de Bonne espérance semblait tout proche…

5 mois après avoir publié cet article j’ai retrouvé dans mes photos cette femelle immature que j’ai d’ailleurs eu du mal à identifier car elle n’a pas du tout de vert sur le thorax. Mais le pattern thoracique et abdominal est suffisamment convainquant pour assurer l’identification.




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