Tandem Orthetrum albisylum ♂ X Orthetrum cancellatum ♀ 2/2

Tandem O. albistylum X O. cancellatum, Vère Grésigne (France-81), 18/07/2019
Tandem O. albistylum X O. cancellatum, Vère Grésigne (France-81), 18/07/2019

Le 18 juillet 2019 dans le Tarn je prospecte un étang créé par une ancienne gravière. Le temps et bien moyen, peu d’odonates sont actifs si ce n’est 5 ou 6 Orthetrum albistylum que je m’amuse à photographier en vol.
Alors que j’ai a peine eu le temps d’apercevoir une femelle Orthetrum en ponte celle-ci est capturée par un mâle qui aussitôt tente de s’accoupler, sans succès, il repassent 2 fois devant moi et j’ai la chance de faire une photo.
Ce n’est que sur l’ordinateur que je me suis aperçu de la méprise du mâle car il s’agit bien d’une femelle O. cancellatum.
J’ai vu le couple se séparer quelques secondes après la photo sans qu’il y ait eu d’autres tentative de copulation ou de ponte.
Je n’ai jamais vu d’autres tandem d’Orthetrum « en erreur » et il est tout de même étonnant que je sois tombé à 2 reprises sur les 2 mêmes protagonistes…

Ces tandem hétérospécifiques ne sont pas rares mais m’étonnent toujours tellement on met en avant les formidables capacités visuelles des odonates quand il s’agit de repérer des proies par exemple… Ils ne seraient pas capables d’identifier les « bonnes » femelles au premier coup d’oeil ?
Corbet dans Behaviour and Ecology of Odonata cite Tennessen (1982) et Utzeri et Belfiore (1990, Tandem anomali fra Odonati Odonata ) qui écrivent que ce comportement pourrait être expliqué par le fait qu’il serait plus avantageux pour les mâles de saisir la première femelle un peu ressemblante et de la relâcher après en cas d’erreur, que de prendre du temps pour l’identifier et risquer de se devancer par un concurrent.

N’y a-t-il pas simplement quelques mal voyants parmi les odonates ? 🙂




Aeshna affinis femelle 2/2

Aeshna affinis femelle, Parc du confluent, Portet sur Garonne (France - 31), 19/07/2019
Aeshna affinis femelle, Parc du confluent, Portet sur Garonne (France – 31), 19/07/2019

Franchement je préfère les mâles Aeshna affinis… Ils sont beaucoup plus beaux, ils sont faciles à rencontrer dans ma région, ils se laissent approcher et ne s’envolent pas instantanément 😉
J’ai en effet de tristes et rares rencontres avec les femelles de cette espèce et ce n’est que la 3° fois que j’en observe une. Je l’ai vu faire quelques acrobaties puis se poser dans la végétation non loin de moi pour consommer sa proie, et j’ai eu exactement 32 secondes pour faire des photos à contre jour… d’ou un essai rapide de flash ci-dessous.

Aeshna affinis femelle, Parc du confluent, Portet sur Garonne (France - 31), 19/07/2019
Aeshna affinis femelle, Parc du confluent, Portet sur Garonne (France – 31), 19/07/2019

Les femelles Aeshnidae sont notoirement discrètes, et dans ma région celles d’Aeshna affinis semblent vivre à l’écart du monde (je connais pourtant des sites « à Aeshna affinis » où les mâles sont nombreux), alors que les femelles A. mixta, les plus proches par leur habitus sont plus régulièrement rencontrées, notamment en ponte.
Les accouplements observés semblent rarissimes (pourtant d’une durée moyenne de 30 à 50 minutes), sans doute autant que ceux d’Anax Imperator ou d’Aeshna cyanea.
Quant à la ponte ce serait aussi une grande occasion de voir mâle et femelle en même temps puisqu’il sont un des rares Aeshnidae à pondre (au moins pour un certain temps) en tandem, le mâle continuant à cramponner la femelle pendant l’oviposition, ceci dans le but d’assurer la fertilisation des œufs par sa propre semence.

Au sujet du comportement d’Aeshna affinis (capture, accouplement, ponte…) il est intéressant de lire Observations on the behaviour of Aeshna affinis (Vander Linden) at a dried-up pond (Anisoptera: Aeshnidae), Odonalologica 12(2): 141-151, 1 juin 1983.

Aeshna affinis femelle, Parc du confluent, Portet sur Garonne (France – 31), 19/07/2019 (Photo Catherine Guillon)
Aeshna affinis femelle, Parc du confluent, Portet sur Garonne (France – 31), 19/07/2019 (Photo Catherine Guillon)

Calopteryx haemorrhoidalis mâle 3/3

Calopteryx haemorrhoidalis mâle, Saint Martin-lès-Melle (France-79), 15/07/2019
Calopteryx haemorrhoidalis mâle, Saint Martin-lès-Melle (France-79), 15/07/2019

5 ans sans voir ces Calopteryx haemorrhoidalis! J’ai donc été bien heureux de les revoir sur le ruisseau de l’Argentière, dans les sud des Deux-Sèvres, certainement le site le plus proche de mon Maine et Loire et aussi un des sites français le plus au nord.

Je les ai observé environ 1 heure à partir de 11 heures 30 ; sur le site environ 25 individus sur 75 mètres de ruisseau, des mâles et femelles matures, des immatures et des individus émergents. Tous très calmes, sans comportement territorial, ni course après les femelles.

Calopteryx haemorrhoidalis mâle, Saint Martin-lès-Melle (France-79), 15/07/2019

Identification des Sympetrum sanguineum

Sympetrum sanguineum femelle, Le Fuilet (France - 49), 12/06/2008
Sympetrum sanguineum femelle, Le Fuilet (France – 49), 12/06/2008

L’identification des Sympetrum sanguineum repose sur des critères bien connus pour les mâles : pattes noires, taches noires sous les yeux, petites taches alaires ambrées, abdomen dilaté pour les derniers segments.
Mais pour les femelles, et les très jeunes mâles, il n’y a pas cette notion d’abdomen dilaté et sur une vue postérieure qui cache les pattes (et forcément les yeux 🙂 ) l’identification peut s’avérer difficile si… on ignore ce qu’on peut certainement qualifier de critère et qui est illustré sur la photo ci-dessus: il s’agit donc d’un « T » noir formé par l’union de la carène thoracique (colorée en noir) et le bord antérieur du thorax lui aussi bordé de noir.
Ce critère est valable pour les mâles et les femelles mais devient moins évident lorsque la coloration des mâles évoluent. Il est certainement d’un grand secours pour les immatures des 2 sexes.

Sympetrum sanguineum mâle immature, Chanteloup les bois (France - 49), 22/05/2011
Sympetrum sanguineum mâle immature, Chanteloup les bois (France – 49), 22/05/2011



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Pour quoi les appelle-t’on Odonates

Odonate est tout simplement issu du latin scientifique odonata dont on a conservé le sens et qui qualifiait ce groupe d’insectes aux pièces buccales broyeuses.

Sympetrum meridionale avec dents humaines pour illustrer le terme "odonate", France, Beaupréau, 23/08/2008
Sympetrum meridionale + dentition humaine, France, Beaupréau, 23/08/2008

Le terme latin odonata trouve lui-même son origine dans le terme odous (ionien) qui donnera odontos en grec et signifie dent.
Le suffixe latin -atus, ata pour porteur de a été ajouté pour donner le sens de porteur de dents… et effectivement nos libellules ont une forte mandibule (c’est un prédateur !) dotée de reliefs qui peuvent y faire penser.

Mais jamais vous ne verrez une libellule doté de dents telles que sur la photo ci-dessus, honteusement truquée, d’un Sympetrum meridionale de mon jardin, qui ne se serait jamais laissé photographié s’il avait su qu’il serait ainsi caricaturé.

2 remarques:
J’avais autrefois lu et cru que odonates provenait de odontos qu’on a déjà défini et de gnathos qui signifie mâchoire en grec ; l’explication que l’on trouve encore sur le Web est séduisante bien sûr, mais très certainement fausse.
Les puristes ne manqueront pas de noter que, quoiqu’il en soit, la bouche est trop haute sur ma photo et aurait du être placée entre labrum et labium…

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