Namibie – Rhyothemis semihyalina (Desjardins, 1832)

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 22/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 22/02/2020

Il est impossible de confondre Rhyothemis semihyalina avec un autre odonate en Namibie en raison de la large tache bleue métallique qui couvre la moitié basale de son aile postérieure et respecte en principe totalement son aile antérieure ; il m’a cependant rappelé Rhyothemis triangularis que j’avais pu observer en Malaisie.

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 08/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 08/02/2020

Ci-dessus on note la largeur de son aile postérieure, tout à fait ressemblante à celle de Pantala flavescens ; 2 insectes faits pour rester longtemps en l’air !
Il mesure 27 à 36 mm.

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 08/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 08/02/2020

J’ai déjà expliqué l’origine du nom de genre dans la page concernant Rhyothemis fenestrina. Son nom d’espèce traduit la coloration de son aile postérieure, semi- hyaline, ou semi-transparente.

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach, 22/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, barrage Van Bach,

Nous n’avons pas rencontré la femelle, qui très similaire, porte les mêmes taches alaires.
Il fréquente les marges végétalisées des marais, des zones inondées ou des rivières.
C’est une espèce largement répandue en Afrique sub tropicale jusqu’au Mascareignes, et même au Yémen. La population relictuelle algérienne aurait disparu.

Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, Bum Hill sur Kwando River dans le parc national de Bwabwata, 16/02/2020
Rhyothemis semihyalina mâle, Namibie, Bum Hill sur Kwando River dans le parc national de Bwabwata, 16/02/2020



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Namibie – Rhyothemis fenestrina (Rambur, 1842)

Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l'Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020
Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l’Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020

Le genre Rhyothemis est cher au cœur des amateurs d’odonates et je me souviens de ma surprise la première fois que j’en ai rencontré un membre en Asie, le très commun Rhyothemis variegata au Cambodge. Ils sont immédiatement identifiables par leurs ailes largement colorées.
Il y a 2 Rhyothemis en Namibie (5 en Afrique, plus de 20 dans le monde), Rhyothemis fenestrina est celui qui montre la coloration alaire la plus étendue, avec des reflets irisés et changeant en fonction de la position de l’observateur et de la lumière.

Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l'Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020
Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l’Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020

Ce nom de genre peut sembler complexe ; Themis est cependant très utilisé pour nommer les Libellulidae ; c’est la déesse grecque de la justice, du droit de l’ordre et semble tout à fait approprié pour mettre de l’ordre parmi les odonates. Rhyo, vient de Rhyolite, une roche magmatique comportant des inclusions de nombreux autres minéraux, récemment décrite quand Hagen en 1867 a créé le genre et qui montre des couleurs variables et irrégulières comme les ailes de ces odonates.
Fenestrina est plus parlant (fenestra en latin) et évoque les fenêtres hyalines des ailes entourées de zones sombres.
Voici la description de Rambur dans Histoire Naturelle des Insectes – Névroptères – 1842 :

LIBELLULA FENESTRINA, mihi.
Flavo-rufescens; alis dilute fusco-rufescentibus, macula apicali,
anticis macula média et alla postica obsolela, posticis média et
aliis ad basim reticulatis, hyalinis.
De la grandeur de la Flaveola (
Sympetrum flaveolum !), mais les ailes plus courtes. Tête ayant
la face jaune. Corps jaune avec des nuances rousses. Ailes d’un brun
roux pâle, ayant un reflet violet plus ou moins doré, le sommet des quatre,
une tache un peu au delà du milieu, une autre peu sensible postérieurement
et en s’approchant de la base aux supérieures, et plusieurs
autres à la base des inférieures réticulées, transparentes, bord posté,
rieur un peu transparent; ptérostigma couleur de l’aile ; triangle réticulé
(5, 6 aréoles).
Décrit d’après un individu femelle très-incomplet de la collection de
M. Serville.

Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l'Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020
Rhyothemis fenestrina mâle, Namibie, mare à l’Est de Katima Mulilo (Mubiza), 15/02/2020


Il mesure près de 30 mm, et on note, comme pour tous les membres du genre, la largeur des ailes postérieures ; ils sont faits pour voler longuement et on les observe souvent regroupés en essaim, à plusieurs mètres de haut, se nourrissant inlassablement de petits insectes. Ils fréquentent les marais.
Ils ont un vol assez particulier, un vol battu comme un papillon ce qui leur vaut le nom de genre anglais Fluttering (Rhyothemis mariposa insiste sur ce détail puisque mariposa signifie papillon en espagnol).

Les femelles montrent les mêmes motifs alaires, un peu plus clairs, mais tout aussi spectaculaires.

Rhyothemis fenestrina femelle, Namibie, mare à l'Est de Katima Mulilo, 15/02/2020
Rhyothemis fenestrina femelle, Namibie, mare à l’Est de Katima Mulilo, 15/02/2020

On le rencontre dans toute l’Afrique subtropicale, sauf à l’est en Somalie, Mozambique et Zimbabwe, et en Afrique du Sud.

Et quand le soleil joue avec leurs ailes irisées le spectacle vaut le voyage jusqu’en Namibie !

Rhyothemis fenestrina femelle, Namibie, Parc National de Bwabwata, 20/02/2020
Rhyothemis fenestrina femelle, Namibie, Parc National de Bwabwata, 20/02/2020



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Namibie – Olpogastra lugubris (Karsch, 1895)

Olpogastra lugubris mâle, Namibie, Katima Mulilo, rive du Zambèze, 13/02/2020
Olpogastra lugubris mâle, Namibie, Katima Mulilo, rive du Zambèze, 13/02/2020

Olpogastra lugubris (Libellulidae) est très commun en Namibie au long des rivières et nous l’avons rencontré quasiment tous les jours, mais jamais en nombre. Il appartient à un genre monospécifique et il est impossible à confondre avec une autre espèce.

Olpogastra lugubris mâle, Namibie, Divundu sur l'Okavango, 10/02/2020
Olpogastra lugubris mâle, Namibie, Divundu sur l’Okavango, 10/02/2020

Il se distingue de tous les autres Libellulidae par son abdomen très mince et extraordinairement dilaté pour les premiers segments, sa coloration jaune et noire un peu à la façon d’un Gomphidae avec un thorax semé de taches jaunes.

Olpogastra lugubris mâle, Namibie, Katima Mulilo, rive du Zambèze, 13/02/2020
Olpogastra lugubris mâle, Namibie, Katima Mulilo, rive du Zambèze, 13/02/2020

Il mesure jusqu’à 62 mm avec une envergure de 89 mm et il n’hésite pas à s’attaquer à des proies importantes, ici un très jeune Paragomphus elpidius mâle de près de 50 mm.

Le Libellulidae dont il est le plus proche par son habitus est Zygonoides fuelleborni qui a d’ailleurs d’abord été rangé dans le genre Olpogastra.
Il fréquente les rivières en milieu ouvert, mais on le trouve aussi sur les mares et les lacs.

Les femelles sont moins présentes ou passent inaperçues parmi leurs compagnons car elles leur sont totalement ressemblantes, portant les mêmes motifs thoraciques et abdominaux. Leur abdomen est cependant un peu plus large.

Olpogastra lugubris femelle, Namibie, Parc National de Bwabwata, Mahango, 20/02/2020
Olpogastra lugubris femelle, Namibie, Parc National de Bwabwata, Mahango, 20/02/2020

L’espèce est donc commune dans les zones humides de Namibie et elle est largement répandue dans presque toute l’Afrique sub-saharienne. La voici perpétuant l’espèce :

Olpogastra lugubris accouplement, Namibie, Parc National de Bwabwata, Bum Hill, 14/02/2020
Olpogastra lugubris accouplement, Namibie, Parc National de Bwabwata, Bum Hill, 14/02/2020

À Popa Falls j’ai trouvé une spectaculaire exuvie d’Olpogastra lugubris, spectaculaire par la longueur des épines des derniers segments. Ce sont certainement des organes de défense passive de la larve contre les prédateurs, le plus souvent des poissons.




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