Namibie – Trithetrum navasi (Lacroix, 1921)

Trithetrum navasi mâle, Namibie, Rundu, 11/02/2020
Trithetrum navasi mâle, Namibie, Rundu, 11/02/2020

Nous n’avons rencontré qu’un unique sujet, et vu la géographie du site nous n’avons pu l’observer que sous un seul angle. Il se trouvait sur un groupe de mares assez importantes, sans doute issue des débordements de l’Okavango.
Il ressemble beaucoup à un Sympetrum et a été très longtemps considéré comme tel avec que l’on cré un genre particulier pour lui et une autre espèce, il n’y a donc que 2 espèces dans ce genre (Dijkstra, K.-D.B., and Pilgrim, E.M. (2007). Trithetrum, a new genus of African dragonflies formerly placed in Sympetrum (Odonata, Libellulidae)).
Au moins un détail morphologique accessible sur cette photo le sépare du genre Sympetrum ; la coloration uniforme de l’abdomen, sans traces noires dorsales sur les derniers segments ou de traces noires sur les flancs de l’abdomen. Le thorax est également uniformément brun sans aucune bande de couleur.
Son cousin Trithetrum congoense ressemble lui plus à un Trithemis est c’est en partie pour cette raison le nouveau nom de genre est un mélange de Trithemis et de Sympetrum.
Il mesure un peu plus de 35 mm et accepterait une grande diversité d’habitat, exploitant les milieux lentiques comme lotiques.
On le trouve du Sénégal à l’Ouganda puis sa répartition descend vers le sud, au centre de l’Afrique jusqu’au nord du Botswana. En Namibie on ne le trouve qu’au long des fleuves des frontières avec la Zambie, le Botswana et l’Angola.

Trithetrum navasi mâle, Namibie, Rundu, 11/02/2020
Trithetrum navasi mâle, Namibie, Rundu, 11/02/2020

Son nom d’espèce est un hommage au jésuite et entomologiste espagnol Longinos Navas qui n’a cessé d’encourager Lacroix dans son étude des névroptères.




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Namibie – Trithemis hecate (Ris, 1912)

Trithemis hecate, Namibie, Kalambesa près d'un bras mort du Zambèze, 15/02/2020
Trithemis hecate, Namibie, Kalambesa près d’un bras mort du Zambèze, 15/02/2020

2 brèves rencontre avec Trithemis hecate, un très élégant Libellulidae d’environ 40 mm. Son abdomen est très fin, sombre, noir, avec parfois quelques très fines raies jaunes, le thorax est bleu, les yeux rouges très sombres avec la base bleutée, le front porte une tache bleue métallisée. Les ptérostigmas sont jaune clair.

Trithemis hecate, Namibie, Rundu sur l'Okavango, 21/02/2020
Trithemis hecate, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 21/02/2020

C’est un des 5 Trithemis namibiens bleus et on peut, pour moi, le confondre avec Trithemis donaldsoni ou Trithemis aconita. Le premier est nettement plus clair et massif, mais le second est très ressemblant. Cependant Trithemis aconita montre de nettes lignes jaunes sur l’abdomen qui ne disparaissent pas complètement quand il vieillit, ses ptérostigmas sont brun foncé, il porte 10 à 12 1/2 anténodales contre 8 1/2 à 9 1/2 pour Trithemis hecate (voir la dernière photo de la page sur laquelle on voit bien ces veines transverses anténodales).
Évidemment l’idéal est de comparer les genitalia, et ici l’hameçon est trapu, alors qu’il est long pour T. aconita ou encore plus long pour T. donaldsoni :

Trithemis hecate, Namibie, Kalambesa près d'un bras mort du Zambèze, 15/02/2020
Trithemis hecate, Namibie, Kalambesa près d’un bras mort du Zambèze, 15/02/2020

Son nom d’espèce évoque Hecate, déesse de la magie et des spectres, peut-être en raison de sa couleur sombre et du fait qu’à quelque distance elle n’apparaît que comme une silhouette sur fond clair (d’où un de ses noms anglais de Silhouette Dropwing)
Il est classique de trouver les femelles dans les arbres, parfois loin de l’eau. Je n’étais pas certain de leur identification mais elles ont été confirmées par K.-D. Dijkstra. Le pattern thoracique, pas toujours facile à distinguer en raison de leur position ailes tombantes (Dropwing), associé à la finesse de l’abdomen, semble caractéristique.

Trithemis hecate femelle, Nambie, Rundu sur l'Okavango, 10/02/2020
Trithemis hecate femelle, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 10/02/2020

Si en Afrique du Sud l’espèce apprécie les mares et les lacs aux rives plantées de roseaux, en Namibie elle fréquente les bras morts de rivières (qui forment des mares !) ou les sections marécageuses de ces rivières, comme le Zambèze ou l’Okavango.
Noter les ptérostigmas clairs.

Trithemis hecate femelle, Nambie, Rundu sur l'Okavango, 10/02/2020
Trithemis hecate femelle, Nambie, Rundu sur l’Okavango, 10/02/2020

C’est une espèce répandue dans l’Est et le Sud de l’Afrique, qui atteint cependant le Sénégal à travers le Tchad, le Nigeria et le sud du Mali. De façon étonnante l’espèce est assez largement répandue jusqu’à l’Atlantique dans le nord de la Namibie.

Ci-dessous le Silhouette Dropwing 🙂 On lui compte 8 1/2 nervures transverses anténodales.

Trithemis hecate, Namibie, Kalambesa près d'un bras mort du Zambèze, 15/02/2020
Trithemis hecate, Namibie, Kalambesa près d’un bras mort du Zambèze, 15/02/2020



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Namibie – Orthetrum trinacria (Selys, 1841)

Orthetrum trinacria mâle, Namibie, Kalambesa à l’Est de Katima Mulilo sur le Zambèze, 17/02/2020

Orthetrum trinacria fait partie des Orthetrum faciles à identifier si on considère sa couleur très foncée, son abdomen très mince et sa longueur (Long Skimmer en anglais). À maturité il est en effet très sombre avec un abdomen presque noir qui laisse cependant souvent apercevoir les taches claires de sa jeunesse.

Orthetrum trinacria mâle, Namibie, barrage Von Bach, 22/02/2020
Orthetrum trinacria mâle, Namibie, barrage Von Bach, 22/02/2020

Il ne pourrait être confondu qu’avec O. robustum (50-58 mm), plus massif, avec un thorax brunâtre mais qui est aussi long que lui (51 à 57 mm).
Les ptérostigmas sont clairs, devenant beiges en vieillissant, les yeux sont d’un bleu profond, magnifique et unique parmi les Orthetrum namibiens.

Orthetrum trinacria mâle, Namibie, barrage Von Bach, 22/02/2020
Orthetrum trinacria mâle, Namibie, barrage Von Bach, 22/02/2020

Il est très commun en Namibie et nous l’avons rencontré 11 fois sur les 12 jours de prospection. Il a beau être grand, il trouve des prédateurs à sa taille…

Orthetrum trinacria mâle victime d'une araignée, Namibie, Singalamwe, 12/02/2020
Orthetrum trinacria mâle victime d’une araignée, Namibie, Singalamwe, 12/02/2020


Jeunes ils ressemblent beaucoup à un Orthetrum asiatique, Orthetrum sabina. Mais celui-ci ne se couvre jamais de pruine et conserve ses yeux verts.

Orthetrum trinacria mâle immature, Namibie, Bwabwata National Park, Mahango core area, 20/02/2020
Orthetrum trinacria mâle immature, Namibie, Bwabwata National Park, Mahango core area, 20/02/2020

Ci-dessous 2 autres jeunes mâles à 2 stades de maturation différents, celui de droite tout jeune, celui de gauche dont l’abdomen comment à se recouvrir de pruine et qui a déjà des yeux bleus magnifiques.

Les femelles sont également communément rencontrées, ci-dessous 2 jeunes aux yeux encore verts :

Tandis que celle-ci a acquis les beaux des bleus des mâles. Elles peuvent être recouvertes de pruine mais ne sont en principe pas aussi sombres que les mâles.

Orthetrum trinacria femelle, Namibie, barrage Von Bach, 22/02/2020

Mais ces yeux bleus ne sont pas un signe de tendresse particulière et elle assume son rôle de carnivore et de prédateur en dévorant un mâle Brachythemis lacustris.

Son nom d’espèce, trinacria, signifie quelque chose comme « celui qui a 3 caps », l’ancien nom poétique de la Sicile, contrée d’où provient le sujet type de l’espèce.

Orthetrum trinacria accouplement, Namibie, fuite du barrage Von Bach, 22/02/2020

C’est une espèce largement répartie dans toute l’Afrique, le sud de l’Europe et le Moyen Orient. Il a été observé en Corse en juin 2012 (Martinia 29(1), Juin 2013).

Orthetrum trinacria accouplement, Namibie, Rundu, Okavango river, 10/02/2020

Namibie – Zygonoides fuelleborni (Grünberg, 1902)

Zygonoides fuelleborni femelle, Namibie, Katima Mulilo près des rapides du Zambèze, 13/02/2020
Zygonoides fuelleborni femelle, Namibie, Katima Mulilo près des rapides du Zambèze, 13/02/2020

Heureuse surprise que cette rencontre! Alors que je prospectais seul en m’écartant du chemin qui mène aux rapides du Zambèze à Katima Mulilo je suis tombé sur cette femelle posée assez en évidence au bout d’un rameau mais malheureusement assez haut, 3 mètres sans doute. La rencontre a été brève et nous ne reverrons pas l’espèce.
Elle ressemble par son habitus à Zygonyx torridus et cette ressemblance est justement à l’origine de son nom de genre, « oides » signifiant en grec « ressemblant à ». Mais elle en diffère par son comportement car Zygonoides fuelleborni se pose tandis que Z. torridus semble voler inlassablement au dessus des rapides.
Elle appartenait au genre Olpogastra jusqu’à la révision de ce genre en 2006 qui a amené à placer 4 espèces (3 africaines et une malgache) dans ce nouveau genre Zygonoides (Dijkstra et al. 2006).
Les rapides sont d’ailleurs aussi le domaine de Zygonoides fuelleborni, une espèce sans doute peu observée car les données font surtout référence à des exuvies.

Zygonoides fuelleborni femelle, Namibie, Katima Mulilo près des rapides du Zambèze, 13/02/2020
Zygonoides fuelleborni femelle, Namibie, Katima Mulilo près des rapides du Zambèze, 13/02/2020

Son nom d’espèce est un hommage au médecin allemand Fuelleborn qui à collecté l’espèce type dans le sud de la Tanzanie en 1898.
Cette espèce robuste ( Fuelleborn’s Spectacular, Robust Riverking…) mesure environ 54 mm et est principalement cantonnée en Afrique de l’Est, de la République du Congo et Kenya au nord, au nord de l’Afrique du Sud. Elle atteint cependant l’Ouest de la Namibie par le biais de la rivière Kunene.




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Namibie – Paragomphus genei (Selys, 1841)

Paragomphus genei mâle, Namibie, mare près de Rundu, 12/02/2020

Paragomphus genei est l’exemple type des Paragomphus africains, et quand on prospecte il doit être difficile de le manquer tant il est commun.
On identifie tout de suite les Paragomphus à leurs appendices anaux en crochets, ce qui leur vaut en anglais le nom générique de Hooktail.
Paragomphus genei se caractérise par son thorax vert, ses ptérostigmas sombres à centre plus clair, ses expansions foliacées modérées sur S8 et S9 et bien sûr ses appendices anaux (1). Il est cependant proche de P. elpidius (aux ptérostigmas noirs) mais ce dernier, entre autres, ne porte pas ce point jaune bien net à l’extrémité dorsale du S10, ce qui sur le terrain facilite l’identification (ceci semble être un caractère unique aux Paragomphus namibiens et sud-africains).

Paragomphus genei mâle, Namibie, Rundu près de l'Okavango, 10/02/2020
Paragomphus genei mâle, Namibie, Rundu près de l’Okavango, 10/02/2020

Il est commun et pourtant je trouve que c’est le plus beau des Paragomphus quand la couleur verte est bien développée; mais comme on le voit ci-dessous, comme toujours pour les odonates, la coloration et son intensité est variable. Et comme on le lit dans le livre déjà mentionné les sujets de la bande de Caprivi ont des couleurs plus vives que celles des sujets des régions plus arides.
En cliquant sur la photo de gauche on remarque facilement le ptérostigma caractéristique, sombre à centre clair.

Les femelles portent le même pattern thoracique sur un thorax vert terne et leurs expansions foliacées sont beaucoup plus discrètes que celles des mâles.
Mâles et femelles mesurent en moyenne 44 mm.

Paragomphus genei femelle, Namibie, Rundu près de l'Okavango, 11/02/2020
Paragomphus genei femelle, Namibie, Rundu près de l’Okavango, 11/02/2020

Les larves de Paragomphus genei présentent une caractéristique rare car elles sont capables de se cacher en s’enfouissant très rapidement dans le sable. Si on ajoute le fait qu’elles achèvent leur cycle de développement en moins de 60 jours, ce qui leur permet de se développer dans les mares temporaires, on comprend pourquoi cette espèce qui accepte beaucoup de milieux différents connaît une si grande expansion en Afrique et qu’elle ait même réussi à s’implanter en Corse.
Ci-dessous à gauche on peut observer le ptérostigma sombre à fond clair.

J’avais déjà rencontré le mâle en Ethiopie et on trouvera justement dans cette page la distribution géographique, l’étymologie de son nom scientifique et d’autres références.

Paragomphus genei femelle, Namibie, mare près de Rundu, 11/02/2020
Paragomphus genei femelle, Namibie, mare près de Rundu, 11/02/2020

-1- Dragonflies and Damselflies of Namibia, Frank Suhling & Andreas Martens, 2007.




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