Anax parthenope mâle – Lac d’Hourtin – Juillet 2019

Le 17 juillet 2019 je suis à la recherche de Trithemis annulata que je n’ai pas encore rencontré en France et je sais, que comme sur beaucoup de plans d’eau du sud-ouest, il est présent sur le lac d’Hourtin.
En approchant de l’eau j’ai vu passer un Aeshnidae que je n’ai pas pu identifier bien que son comportement m’a donné une bonne piste. Il volait à environ 1,5 à 2 m au dessus de l’eau, à la limite des joncs à massette, zigzagant parfois entre leurs tiges.

Anax parthenope mâle, Gironde, lac d'Hourtin, 17/07/2019
Anax parthenope mâle, Gironde, lac d’Hourtin, 17/07/2019

J’avais déjà observé ce comportement dans ma région, en 2013, sur le bel étang de Chevigné (49).

Heureusement il a fini par se poser à une dizaine de mètres de moi mais ne m’a permis que cette photo qui a permis de confirmer l’identification d’un Anax parthenope.
J’ai pu l’observer au moins une dizaine de minutes, errant à la recherche d’une femelle, période durant laquelle il s’est reposé 2 fois brièvement, reprenant l’air pour chasser un second individu concurrent.
J’ai du abandonner le site, non sans avoir trouvé mon premier Trithemis annulata français.

Ethiopie – Brachythemis leucosticta (Burmeister, 1839)

Brachythemis leucosticta mâle, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018
Brachythemis leucosticta mâle, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018

Brachythemis leucosticta est tellement proche de son cousin B. impartita qu’ils sont resté confondus pendant 170 ans! Et malheureusement les photos que j’ai pu faire d’un odonate sombre sur fond clair ne facilite pas la mise en évidence des critères qui les séparent.
B. leucosticta montre un abdomen plus massif et est globalement plus sombre, plus noir que marron.
Sur photo la discrimination se fait plus “aisément” sur la coloration des marges des ptérostigmas et des veines sous ces ptérostigmas; si les parties proximales des marges des ptérostigmas sont sombres (soit la veine costale et la veine sous-costale), et que les veines sous celui-ci sont également sombres c’est bien Brachythemis leucosticta.
Ci-dessous à gauche B. impartita, à droite Brachythemis leucosticta.

Brachythemis leucosticta mâle, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018
Brachythemis leucosticta mâle, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018

Son aire de répartition reste encore imprécise, et le restera sans doute encore longtemps étant donné la difficulté à le différencier de son cousin.
Cependant les données certaines le limite au grand sud de l’Afrique, de l’est de l’Afrique du sud (ou je l’avais déjà rencontré) et Madagascar à l’Ethiopie à l’est et au Sénégal à l’Ouest.
Son nom vernaculaire, Southern Banded Groundling, reprend sa répartition sudiste et sa prédilection pour se poser au sol, tandis que B. impartita se voit attribuer un préfixe nordique, Northern Banded Groundling.
Il mesure en moyenne 30 mm et se trouve au bord des grands lacs, des étangs et même des rivières larges.

Brachythemis leucosticta mâle, Ethiopie, lac Langano, 31/10/2018
Brachythemis leucosticta mâle, Ethiopie, lac Langano, 31/10/2018

On lui décrit un comportement intéressant (partagé par B. impartita); il se déplace souvent avec les gros mammifères (vaches, buffles, humains) restant à leur proximité et même en avant de leur progression afin de bénéficier de l’envol des petits insectes qui leur servent alors de proies. On connaît d’autres espèces agissant de la même façon, au moins Erythemis vesiculosa en Amérique centrale et du Sud.




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Ethiopie – Palpopleura lucia (Drury, 1773)

Palpopleura lucia, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018
Palpopleura lucia, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018

J’avais déjà rencontré, de loin, un jeune mâle au Bénin et je n’ai pas eu plus de chance en Ethiopie. Sur une rive du lac Awasa, une zone marécageuse, j’ai pu observer plusieurs Palpopleura lucia (Libellulidae) sur quelques mètres carrés. Il m’a été impossible de les approcher car ils décollaient à plus de 2 mètres, d’autant que de jeunes enfants, trouvaient drôle de les éclabousser, s’amusant de me voir galérer à les approcher…
Il se distingue aisément de Palpopleura portia par la coloration noire de ses ailes moins encochées que celles de son cousin, le fait que la pruinosité respecte sont thorax, alors que P. portia devient entièrement bleu, et que ses ptérostigmas sont bicolores, ceux de P. portia sont entièrement sombres.
Il mesure environ 28 mm et se rencontre du nord-est de l’Afrique du Sud jusqu’à l’Ethiopie à l’est et au Sénégal à l’ouest.

Ci-dessous son front métallisé lui donne une teinte étonnante.

Palpopleura lucia, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018
Palpopleura lucia, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018



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Différencier Lestes sponsa et Lestes dryas

L’identification doit séparer L. dryas de L. sponsa, son plus proche cousin.
Le critère absolu pour les mâles, quelque soit l’âge de l’individu, reste la forme des appendices anaux qui sont assez courts, spatulés à leur extrémité et recourbés vers l’intérieur pour L. dryas. Ceux de L. sponsa sont plus longs et droits.

Comparaison des appendices anaux de Lestes sponsa et Lestes dryas
Comparaison des appendices anaux de Lestes sponsa et Lestes dryas

Pour les mâles adultes et pruineux, la pruinosité de Lestes dryas doit respecter le dernier tiers du 2° segment abdominal. Mais attention c’est parfois le cas pour L. sponsa. Dans ce cas les limites de la pruinosité sont moins nettes, comme floues.

Pour les Lestes dryas émergents, jeunes et non encore pruineux, le lobe latéral du pronotum est recouvert de coloration métallique, ce qui n’est pas le cas de L. sponsa. Ceci pour les mâles et les femelles.

La forme de la tache portée par l’infra épisterne mésothoracique, c’est à dire la zone située juste au dessus de la coxa (la hanche) de la patte moyenne; si elle est bien individualisée elle indique Lestes sponsa (♂ & ♀). Si elle est confondue avec le reste de la coloration c’est sans doute Lestes dryas, mais attention certains Lestes sponsa sont limites sur ce détail, d’autant plus qu’ils sont âgés.

Comparaison lobe pronotum et tache colorée L. sponsa / L. dryas
Comparaison lobe pronotum et tache colorée L. sponsa / L. dryas

D’autres critères sont difficiles à apprécier sur le terrain, sans comparaison ou sans capture notamment la couleur des yeux des mâles matures, bien difficile à décrire, unique. Un bleu profond qu’il est sans doute le seul de nos odonates européens à présenter.

Lestes dryas et ses yeux bleu céramique.
Lestes dryas et ses yeux bleu céramique.

Difficile également à apprécier sur photo sans capture est la forme de la coloration métallique sur le 1° segment abdominal qui prend la forme de 2 rectangles juxtaposés pour L. dryas alors que l’on décrit 2 triangles pour L. sponsa (♂ & ♀).

Comparaison premier segment abdominal L. dryas vs L. sponsa
Comparaison premier segment abdominal L. dryas vs L. sponsa

Il faut une bonne habitude pour apprécier la forme et la couleur des ptérostigmas de L. dryas sur le terrain, il faut bien avoir en mémoire ceux de L. sponsa et on ne peut pas faire de ces différences un critère. Ceux de L. dryas sont plus sombres (un peu…), plus épais et plus courts que ceux de L. sponsa, ou en tout cas paraissent plus courts car ils sont nettement (en tout plus nettement que ceux de L. sponsa) bordés de zones claires de chaque côté pour les individus matures, mais ces zones claires s’estompent avec le vieillissement.

On note souvent pour les lestes dryas mâles ou femelles la présence d’une pointe thoracique colorée, presque à la façon de Lestes viridis, ce qui est extrêmement rare pour L. sponsa (en tout cas je ne l’ai jamais vu).

Lestes dryas, France, réserve du Pinail (85), 02/06/2013
Lestes dryas mâle immature, France, réserve du Pinail (85), 02/06/2013

Il est facile de différencier L. dryas de L. sponsa pour les sujets émergents grâce à un détail inattendu; les L. sponsa émergents, mâles ou femelles, montre une coloration orangée, presque façon soleil couchant(!), vraiment spectaculaire, sur les parties claires du thorax et de l’abdomen, d’ailleurs tout à fait en accord avec leurs yeux à ce stade.

Lestes sponsa émergent, France, Chanteloup les bois, 22/05/2011
Lestes sponsa émergent, France, Chanteloup les bois, 22/05/2011

Enfin on lit que l’identification des femelles passe par l’examen de l’ovipositeur, celui de L. dryas dépassant le 10° segment abdominal; malheureusement c’est extrêmement rare et je n’ai qu’une photo ou l’on peut difficilement le constater. Mais il est certain que l’ovipositeur de L. dryas est en moyenne indéniablement plus long que celui de L. sponsa.
Ci-dessous une femelle dont l’ovipositeur dépasse S10:

Lestes dryas femelle, ovipositeur, lac de Bourdouze (63), 22/07/2017
Lestes dryas femelle, ovipositeur, lac de Bourdouze (63), 22/07/2017

Malheureusement on en trouve comme celle-ci où l’ovipositeur ne répond pas à la norme… :

Lestes dryas femelle, ovipositeur, réserve du Pinail, (86), 02/06/2013
Lestes dryas femelle, ovipositeur, réserve du Pinail, (86), 02/06/2013

Il faut donc retenir que lorsque l’ovipositeur dépasse le S10 c’est L. dryas, mais s’il est plus court ce n’est pas forcément L. sponsa…
Quand à l’écaille vulvaire qu’on voit ici très bien, triangulaire à pointe distale, qui prend naissance sur l’ovipositeur à la jonction du 8° et du 9° segment et qu’on dit différente entre les femelles L. sponsa et L. dryas, je n’ai jamais réussi à lui trouver une forme suffisamment constante au sein d’une même espèce pour en tirer une quelconque indication pour affirmer une identification…




Ethiopie – Trithemis annulata (Palisot de Beauvois, 1807)

Trithemis annulata mâle, Ethiopie, lac Chamo, 23/10/2018
Trithemis annulata mâle, Ethiopie, lac Chamo, 23/10/2018

On peut rencontrer Trithemis annulata dans toute l’Afrique, jusqu’à l’Afrique du Sud et même en France! J’avais rencontré son cousin Trithemis annulata haematina  à la Réunion.
Parmi la dizaine de Trithemis présent en Ethiopie il est facile à identifier par sa couleur et la présence des 2 taches noires sur les derniers segments, un peu à la façon de nos Sympetrum européens.

Trithemis annulata mâle, Ethiopie, lac Chamo, 23/10/2018
Trithemis annulata mâle, Ethiopie, lac Chamo, 23/10/2018

Il aime bien observer son territoire depuis le sommet d’un rameau où quand le soleil est trop chaud il prend la position dite de l’obélisque, pointant l’extrémité de son abdomen vers le ciel. Il mesure environ 35 mm.

Trithemis annulata mâle, Ethiopie, Turmi, 28/10/2018
Trithemis annulata mâle, Ethiopie, Turmi, 28/10/2018

Même si c’est une espèce très commune je l’ai peu rencontrée en raison de la sécheresse, et les rivières que j’ai croisées étaient à sec, sauf les plus grandes, notamment une de celles qui alimentent le lac Abaya. J’ai essentiellement rencontré les odonates au bord des lacs…

Trithemis annulata femelle, Ethiopie, rivière près du lac Abaya, 30/10/2018
Trithemis annulata femelle, Ethiopie, rivière près du lac Abaya, 30/10/2018

Trithemis annulata femelle, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018
Trithemis annulata femelle, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018

On note que les femelles ont des taches alaires réduites et ne portent pas de taches métalliques violacées sur le front. Elles sont elles aussi des taches noires sur les segments 8 et 9.
La première photo sur la Weito River le 25/10/2018, les 2 autres à Turmi, le 28/10/2018.




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