Sympetrum vulgatum accouplement

Sympetrum vulgatum accouplement, lac de Lamoura (France-39), 27/08/2021
Sympetrum vulgatum accouplement, lac de Lamoura (France-39), 27/08/2021

Cette fin d’août est fraîche dans le Jura et il fait environ 18 °C sur les rives du lac de Lamoura où les éclaircies sont rares. Mais dès que le soleil apparaît l’odonatofaune s’agite et c’est la première fois que j’assiste à un accouplement de Sympetrum vulgatum.
On voit très bien sur la photo ci-dessous les insertions alaires postérieures rouges, qui le différencient de S. striolatum.

Sympetrum vulgatum accouplement, lac de Lamoura (France-39), 27/08/2021
Sympetrum vulgatum accouplement, lac de Lamoura (France-39), 27/08/2021

Il y a peu d’individus, peut-être une dizaine ou une douzaine, mais j’ai eu tout de même la chance d’observer 2 accouplements différents en quelques minutes, les 2 autour de 14 heures. Et ils se sont montré patients ce qui m’a permis de m’approcher.


Si on craint toujours de les confondre avec S. striolatum, on observe très bien le thorax dans ces circonstances et on constate comme il en est finalement éloigné avec l’absence de cette bande rouge encadrée de 2 bandes jaunes. Pour S. vulgatum ce serait plutôt un thorax assez uniforme, montrant une zone un peu plus foncée entourée de 2 zones claires lavées de rouge… !

Sympetrum vulgatum accouplement, lac de Lamoura (France-39), 27/08/2021
Sympetrum vulgatum accouplement, lac de Lamoura (France-39), 27/08/2021

Là encore j’ai pu approcher le couple et mettre en évidence la technique de capture du mâle : on note les cercoïdes (qui atteignent presque le pronotum) en arrière de la tête de la femelle. La lame supraanale, non visible ici, est en contre-appui entre les 2 yeux… La larme noire de cette femelle est bien évidente, ainsi que les pattes sombres striées postérieurement de clair.

Sympetrum vulgatum accouplement, lac de Lamoura (France-39), 27/08/2021
Sympetrum vulgatum accouplement, lac de Lamoura (France-39), 27/08/2021

48 heures plus tard malgré le temps frais et le soleil paresseux, c’est sur une tourbière du lac des Rousses que je verrai le dernier accouplement de cette série. Et c’est une photo méritée, car j’ai passé beaucoup de temps à les approcher alors qu’ils s’enfuyaient de support en support 🥵.

Sympetrum vulgatum accouplement, lac des Rousses (France-39), 29/08/21
Sympetrum vulgatum accouplement, lac des Rousses (France-39), 29/08/21
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Crocothemis erythraea : accouplement 4/4

Crocothemis erythraea accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 25/08/2019

Je fais tous les ans au moins un tour sur cet étang forestier à plus une heure de route afin d’y retrouver la petite population de Sympetrum danae qui y a étonnamment élu domicile. En progressant le long de la berge sous le couvert des arbres, j’ai vu se poser ce tandem à quelques mètres devant moi, sur une branche au-dessus de l’eau. Arriver à photographier un tandem est encore plus rare que de fixer un accouplement : si l’accouplement est bref, généralement uniquement aérien, les partenaires se séparent aussitôt et il n’y a normalement pas de formation en tandem. C’est d’ailleurs la première fois que j’en observe un. Dérangé sans doute par mon approche le couple s’est déplacé d’un mètre avant de tenter de s’accoupler.

Crocothemis erythraea accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 25/08/2016

La tentative n’est pas concluante et la femelle s’est laissée pendre sous le mâle : la scène a duré 10 secondes depuis la première photo, d’où le manque de netteté des clichés.
La scène se répète de supports en supports, à chaque fois un petit bond de quelques mètres, à peine, sans jamais parvenir à assurer un accouplement qui dure au moins quelques secondes. Quelque chose semble gêner le couple qui se déplace à chaque tentative ratée.

Ce n’est que sur l’écran de l’ordinateur que j’ai compris, en partie, le problème. Comme on le voit ci-dessous, le pore génital de la femelle, est obstrué, occupé par quelque chose que je ne peux pas identifier. On distingue très bien la lame vulvaire perpendiculaire à l’abdomen et à sa gauche une masse inidentifiable. Je ne pense pas que les œufs aient ni cet aspect ni cette couleur. Mais cette substance empêche certainement l’appariement des pièces génitales et en tout cas l’introduction de l’appareil génital mâle.

Ils essaieront encore une fois, ayant encore changé de support. Sans plus de succès, bien sûr.

Crocothemis erythraea accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 25/08/2019
Crocothemis erythraea accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 25/08/2019

Et lassés sans doute par leurs efforts et par ma présence insistante ils se sont séparés et ont disparu en une seconde…

Crocothemis erythraea accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 25/08/2019
Crocothemis erythraea accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 25/08/2019

Il faut dire que je me suis approché vraiment très près et c’est l’occasion d’observer comment le mâle cramponne la femelle ; les cercoïdes ont disparu derrière la tête de la femelle, entre les 2 yeux, tandis que la lame supra-anale prend un contre-appui entre les 2 yeux et sur le front, par devant.

Orthetrum albistylum : accouplement 2/2

Orthetrum albistylum accouplement, Lugan (France-81), 21/06/2021
Orthetrum albistylum accouplement, Lugan (France-81), 21/06/2021

Dans le Tarn, les Orthetrum cancellatum, très nombreux dans le Maine-et-Loire autour des étangs, semblent être remplacés par des Orthetrum albistylum et autour de ce bel étang d’arrosage, ils sont nombreux à défendre leur territoire depuis le matin. J’ai aperçu seulement une femelle en ponte.
J’ai déjà photographié un accouplement le matin, mais il s’est avéré qu’il s’agissait d’Orthetrum cancellatum alors que je n’en avais pas vu un seul…
Aussi vers 19 heures, j’ai été ravi d’apercevoir ce couple, cependant très difficile à approcher.

Orthetrum albistylum accouplement, Lugan (France-81), 21/06/2021
Orthetrum albistylum accouplement, Lugan (France-81), 21/06/2021

Et cette fois-ci, pas de risque de se tromper d’identité avec les profils qui laissent voir les bandes claires sur la face latérale du thorax.

Orthetrum albistylum accouplement, Lugan (France-81), 21/06/2021
Orthetrum albistylum accouplement, Lugan (France-81), 21/06/2021

J’ai poursuivi ce couple dès que je l’ai aperçu se former sur différents postes pendant environ une minute, puis il s’est réfugié au milieu d’un roncier, hors des importuns … L’accouplement a duré une minute de plus, la femelle est aussitôt partie survoler l’étang et commencer à pondre.

Coenagrion hastulatum accouplement

Coenagrion hastulatum accouplement, Lanarce (France-07), 18/07/2014
Coenagrion hastulatum accouplement, Lanarce (France-07), 18/07/2014

Ces 2 couples sont restés paisiblement à dormir sur mon disque dur depuis près de 7 ans, mais les partenaires semblent tout de même bien frais, même s’ils portent sous leur thorax quelques parasites hydracariens, vraisemblablement Arrenurus papillator.

Coenagrion hastulatum accouplement, Lanarce (France-07), 18/07/2014
Coenagrion hastulatum accouplement, Lanarce (France-07), 18/07/2014

Rien de particulier dans la technique d’accouplement : éprouvée depuis des dizaines de millions d’années, ce n’est pas le moment d’en changer.

Coenagrion hastulatum accouplement, Lanarce (France-07), 18/07/2014
Coenagrion hastulatum accouplement, Lanarce (France-07), 18/07/2014

Ceriagrion tenellum : transfert de sperme et accouplement

Ceriagrion tenellum transfert de sperme, Longué-Jumelles (France-49), 31/07/2020
Ceriagrion tenellum transfert de sperme, Longué-Jumelles (France-49), 31/07/2020

Je fais tous les ans une ou deux visites à cet étang forestier (vraiment encerclé d’arbres jusqu’à l’eau), à une centaine de kilomètres de mon domicile, mais toujours dans mon département ; on y trouve depuis 2012 une espèce qu’on ne s’attend pas à y voir, Sympetrum danae qui ne s’observe normalement qu’en montagne (mais même dans les montagnes bretonnes) ou dans le nord de la France.
Au mois de juillet il est un peu tôt pour les trouver mais heureusement le site est riche et les Ceriagrion tenellum y sont très abondants.
C’est pourtant la première fois que j’assiste à cette scène pour cette espèce.
La nature s’est-elle moquée des odonates quand elle a rédigé le cahier des charges « reproduction » : le sperme est fabriqué à l’extrémité de l’abdomen, 8° et 9° segments, alors pourquoi a-t-elle imposé qu’il soit utilisé sous le 2° segment ?

Ceriagrion tenellum transfert de sperme, Longué-Jumelles (France-49), 31/07/2020
Ceriagrion tenellum transfert de sperme, Longué-Jumelles (France-49), 31/07/2020

Cependant le process est validé depuis quelques centaines de millions d’années et les odonates s’adaptent et survivent sans trop de difficultés apparentes à l’extinction de certains de leurs contemporains d’autrefois comme les dinosaures.
Les mâles doivent ainsi remplir leur vésicule séminale, que l’on voit très bien ci-dessus en arrière de son pseudo pénis, en faisant en sorte que l’extrémité de l’abdomen s’accole au 2° segment abdominal, ou plus précisément que son pore génital sous S9 s’abouche à la valve de son pseudo pénis.
Pour simplifier, il est précisé dans le document qui régit cet exercice que la vésicule doit être remplie de préférence quand la femelle est déjà capturée ! Heureusement la manœuvre ne dure que quelques fractions de secondes ou quelques secondes selon les espèces, et l’accouplement peut avoir lieu aussitôt.

Ceriagrion tenellum accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 31/07/2020
Ceriagrion tenellum accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 31/07/2020
Ceriagrion tenellum accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 31/07/2020
Ceriagrion tenellum accouplement, Longué-Jumelles (France-49), 31/07/2020