Gomphus simillimus mâle

Gomphus simillimus mâle, Sort en Chalosse (France-40), 03/07/2020
Gomphus simillimus mâle, Sort en Chalosse (France-40), 03/07/2020

Je suis retourné 3 fois sur ce site un peu inattendu dans le bourg de Sort-en-Chalosse et j’y ai rencontré au moins 2 sujets différents, une fois un jeune comme ci-dessus (yeux encore très pâles), les 2 autres fois des sujets matures. Et le site est paradoxalement riche et j’y ai aussi découvert, entre autres, Stylurus flavipes !

On note ci-dessus l’abdomen nettement élargi sur les derniers segments ce qui le sépare de Gomphus pulchellus.

Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

Si on continue à le comparer à G. pulchellus on note les bandes antéhumérales noires, larges et grasses, beaucoup plus larges que celles de ce dernier, qui encadrent une ligne jaune à peu près aussi large qu’elles. De plus G. pulchellus est le seul Gomphus à exhiber une ligne noire complète tout au long de la suture interpleurale, ici, seule la partie inférieure est soulignée de noir. Les bandes antéhumérales noires de G. graslinii sont encore plus grasses et entourent une très fine bande jaune.

Pour moi il n’y a pas lieu de le confondre avec le 4° Gomphus français, Gomphus vulgatissimus, très sombre, aux pattes noires et qui se distingue par l’absence de jaune sur les derniers segments et des yeux verts.

Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

Il est peut-être plus facile à confondre avec Stylurus flavipes qui montre cependant un ovale jaune cerné de lignes noires sur le sommet de son thorax, et pas ces bandes antéhumérales plus ou moins parallèles que l’on note chez nos 4 Gomphus. Les cercoïdes de G. simillimus sont divergents et droits, ceux de S. flavipes divergents mais concaves en dedans.

Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020
Gomphus simillimus mâle, Sort-en-Chalosse (France-40), 06/07/2020

Il me reste donc à le voir en Maine-et-Loire…




Gomphus graslinii mâle dans les Landes 2/3

Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020
Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020

Les Landes sont-elles le paradis des Gomphus en France ? Sans doute et en dehors de l’Asie c’est une surprise pour moi de découvrir une telle densité de Gomphidae et aussi, cela va de pair, une telle densité de ruisseaux et de rivières, petites ou moyennes.

Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020
Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020

Olivier Payen, un ami odonatologue m’a fait découvrir ses terrains de chasse et j’ai été surpris de chercher ces Gomphus dans des prairies et des sentiers, en milieu ouvert, en limite de forêt, sans même parfois apercevoir l’eau des rivières.

Avec un tout petit peu d’habitude Gomphus graslinii mâle est facile à identifier lorsque les mâles sont aussi typiques que ceux-ci et que la bande jaune antéhumérale n’est réduite qu’à une très fine ligne entre 2 traits noirs beaucoup plus gras.

Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020
Gomphus graslinii mâle, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020

On note également que la ligne noire sur la suture interpleurale est réduite à une courte ligne inférieure et une épine supérieure : cette épine est absente pour Gomphus simillimus (il ne subsiste que la partie inférieure), alors que la ligne noire est complète sur toute la suture pour Gomphus pulchellus.
Si les fémurs sont dominés de jaune, les tibias sont censés être noirs, mais on observe souvent quelques traces irrégulières de jaune.

Les appendices anaux supérieurs, les cercoïdes, sont bifides et spectaculairement acérés.

Gomphus graslinii mâle, appendices anaux, Castelnau-Chalosse, (France-Landes), 04/07/2020

C’est une des rares libellules (avec l’Agrion porte-coupe) que l’on doit présenter aux mineurs avec modération puisqu’elle porte sur son 8° segment abdominal le dessin jaune d’un verre à pied, voire d’un flûte (à Champagne bien sûr!).

Mais on peut l’admirer sans modération :




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Gomphus graslinii mâle en Ardèche 3/3

Gomphus graslinii mâle, La Prade (France-Ardèche), 15/07/2020

Mon bon ami Pierre Juliand m’a encore une fois montré les merveilles de l’Ardèche et c’est sur la Ligne que nous avons pu observer ces mâles. Un environnement plus classique pour moi puisque c’est sur les aulnes qui bordent la rivière qu’est posé celui-ci.

Gomphus graslinii mâle, La Prade (France-Ardèche), 15/07/2020
Gomphus graslinii mâle, La Prade (France-Ardèche), 15/07/2020

Si leurs yeux sont tout aussi bleus que dans les Landes la coloration jaune est un peu plus terne, plus proche de celle que l’on rencontre pour les G. pulchellus de ma région.
Ci-dessous on note comme la ligne jaune antéhumérale est fine, et même interrompue dans sa partie postérieure. Sur la même photo, quand on l’agrandit (clic!) on aperçoit clairement à travers l’aile antérieure gauche la fameuse épine sur la partie supérieure de la suture interpleurale, épine si chère à certain odonatologue landais.
L’ombre portée sur la branche de cet arbre tombé dans la rivière montre parfaitement comme les derniers segments sont dilatés latéralement.

Gomphus graslinii mâle, La Prade (France-Ardèche), 15/07/2020
Gomphus graslinii mâle, La Prade (France-Ardèche), 15/07/2020



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Gomphus graslinii femelles

Gomphus graslinii femelle, Dax (France-Landes) sur une gravière, 05/07/2020
Gomphus graslinii femelle, Dax (France-Landes) sur une gravière, 05/07/2020

C’est un ami odonatologue Landais qui m’a fait découvrir ces femelles Gomphus graslinii dans les Landes.
On ne peut la confondre qu’avec Gomphus pulchellus ou Gomphus simillimus :
  – Gomphus pulchellus montre des lignes thoraciques beaucoup plus fines, et sur la face latérale du thorax sa suture interpleurale (jonction du méso et méta thorax, au milieu de la face latérale) est soulignée de noir sur toute sa longueur. 
  – Gomphus simillimus  a une suture interpleurale soulignée de noir uniquement dans sa  partie inférieure et les bandes noires sur la partie antérieure du thorax sont plus minces que la bande jaune qu’elles entourent, ce qui est l’inverse pour Gomphus graslinii. 

Gomphus graslinii femelle, Siest (France-Landes) sur une gravière, 05/07/2020
Gomphus graslinii femelle, Siest (France-Landes) sur une gravière, 05/07/2020

Sur cette autre femelle, ci-dessus, on constate le critère d’identification des bandes antéhumérales, les 2 bandes sombres plus larges que la bande jaune qui les sépare.
Ses yeux montre la variation intraspécifique, ils sont vert-jaune en bas et bleu au sommet.
Contrairement à ce qu’on lit dans un guide récent les tibias ne sont pas complètement noirs…

Gomphus graslinii femelle, Dax (France-Landes) sur une gravière, 05/07/2020
Gomphus graslinii femelle, Dax (France-Landes) sur une gravière, 05/07/2020

Si on peut identifier le mâle à partir de la forme jaune de son 9° segment, dite « en verre à pied », on constate que ce n’est pas toujours le cas pour les femelles.
Ci-dessous il faut remarquer la surprenante différence de taille des fémurs des Gomphidae, courts pour les pattes antérieures, forts longs pour les postérieurs.

Cette femelle montre des ailes droites abimées à leur extrémité ce qui suggère qu’un incident est survenu lors de l’émergence ; les ailes ont pu rester coincées dans les fourreaux alaires de l’exuvie comme je l’ai déjà observé à plusieurs reprises pour des zygoptères.
Quoiqu’il en soit ce sujet s’est montré particulièrement patient et j’ai pu en faire un portrait très rapproché :

Gomphus graslinii femelle, Siest (France-Landes) sur une gravière, 05/07/2020
Gomphus graslinii femelle, Siest (France-Landes) sur une gravière, 05/07/2020



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Pyrrhosoma nymphula : accident d’émergence

Pyrrhosoma nymphula mâle émergent, Beaupréau en Mauges (France-49), 28/04/2010Pyrrhosoma nymphula mâle émergent, Beaupréau en Mauges (France-49), 28/04/2010
Pyrrhosoma nymphula mâle émergent, Beaupréau en Mauges (France-49), 28/04/2010

C’est à nouveau sur ma petite mare artificielle que j’ai observée cette femelle qui n’est pas parvenue à extraire une de ses ailes de son exuvie. Celle-ci est toujours accrochée au support d’émergence alors qu’il s’est passé plusieurs heures au moins depuis l’émergence, comme en témoigne la coloration déjà bien avancée de cette femelle.
Le lendemain, toujours sur mon bassin, j’ai cru rencontrer le même sujet mais c’est bien un mâle qui a son tour est victime de la même tragique mésaventure.

Pyrrhosoma nymphula mâle émergent, Beaupréau en Mauges (France-49), 29/04/2010
Pyrrhosoma nymphula mâle émergent, Beaupréau en Mauges (France-49), 29/04/2010

Ce qui est étonnant est que j’observe les Pyrrhosoma nymphula émerger de ma mare depuis maintenant 14 saisons et que je n’ai jamais revu ces accidents. Je ne me souviens pas des conditions météo de ce printemps et je suis incapable de savoir si seul le hasard m’a fait assister à ces 2 incidents similaires 2 jours successifs, ou si de la pluie ou du grand vent peuvent en être la cause.
Ces 2 sujets n’ont pas survécu.




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