
Archineura hetaerinoides est peut-être le plus grand des Calopterygidae puisqu’il mesure environ 76 mm (abdomen 60-62 mm dans Fraser (1933)) avec une aile postérieure de 47 mm (le plus grand de nos Français, C. virgo atteint 49 mm ) ce qui correspond à la taille moyenne d’un Anax imperator! C’est un très bel odonate qui, une fois adulte, montre un thorax pruineux et des ailes contrastées avec une zone basale fortement blanchie alors que le reste de l’aile est progressivement plus sombre vers l’apex.

Nous n’avons pas eu la chance de rencontrer de femelle, et le contact avec ce seul mâle a été très bref.
Les pattes portent toutes, sur les tibias et les fémurs, une magnifique collection de fortes épines bien visibles sur la photo ci-dessous.

Il est présent au Laos d’où Fraser l’a décrit, au Yunnan et dans le nord du Vietnam.
IUCN Red List

Étymologie
Lorsque Fraser (1933) décrit l’espèce, il la nomme Leucopteryx hetaerinoides notant une ressemblance avec Archineura. Mais dès 1935, il a reconnu que les caractéristiques de son spécimen correspondaient en réalité au genre Archineura déjà établi par Kirby (1898).
Archineura du grec archi pour originel, archaïque et de neura pour nervure. Kirby a choisi ce nom pour souligner la nervation alaire exceptionnellement dense et complexe de ce genre, qu’il considérait comme un caractère archaïque.
Hetaerinoides est composé du nom de genre Hetaerina et du suffixe latin -oides, signifiant qui ressemble à. Bien que Fraser ne l’explicite pas dans sa description originale (1933), ce choix fait référence à la ressemblance morphologique entre cette espèce et les demoiselles américaines du genre Hetaerina (ici Hetaerina caja au Panama) qui présentent une tache rouge vif à la base des ailes des mâles que l’on retrouve, en blanc, de manière spectaculaire chez Archineura hetaerinoides.
Hetaerina est un genre créé par Hagen, nous explique Fliedner & al. (2019) , du grec – ἑταίρα = compagnon, courtisane et du suffixe – ινός –ή –όν = se rapportant à…, comme. Hagen n’explique pas ce choix, mais il est clairement en rapport avec la féminité, comme fréquemment pour les zygoptères, comme puella ou virgo.
Fraser F. C., 1933 – Dragonflies of the Laos Country, Journal Siam Society, Natural History suppl. Vol, IX, No. 1,1933, p 125.
Fliedner Heinrich & Endersby Ian, 2019 – The Scientific Names of North American Dragonflies – Busybird Publishing.
Kirby, 1898 – On a new Genus and Species of Agrionidae from Foo Chow –The Annals and Magazine of Natural History – Série 6, Volume 13, page 84.