Namibie – Elattoneura glauca (Selys, 1860)

Elattoneura mâle, Namibie, Rundu sur l'Okavango, 10/02/2020
Elattoneura mâle, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 10/02/2020

Elattoneura glauca est le seul Protoneuridae que nous avons rencontré en Namibie mais il y est largement répandu et commun ce qu’exprime son nom vernaculaire Common threadtail. Threadtail est le nom générique qui exprime bien la finesse de son abdomen.

Elattoneura mâle, Namibie, Rundu sur l'Okavango, 10/02/2020
Elattoneura mâle, Namibie, Rundu sur l’Okavango, 10/02/2020

Quand à son nom d’espèce scientifique, glauca, de glaucus, bleu-gris, il se réfère à la coloration bleuté de la pruinosité qui envahit partiellement les mâles adultes.
Son identification est aisée par la longueur de son abdomen qui le sépare facilement des Coenagrionidae comme les Pseudagrion et par le fait qu’il est le seul de son genre et même de sa famille en Namibie.

Elattoneura mâle, Namibie, Popa Falls Resort sur l'Okavango, 18/02/2020
Elattoneura mâle, Namibie, Popa Falls Resort sur l’Okavango, 18/02/2020

On le rencontre essentiellement sur les rivières, parfois rapides mais dans leurs parties calmes, dans la végétation et en particulier assez bas dans les roseaux et parfois bien à l’ombre, ce qui explique que nombre de mes photos soient sombres…
Ci-dessous à gauche, à Nyangana, sur un bras de l’Okavango, le 13/02/2020 , à droite à Rundu, sur l’Okavango également , le 12/02/2020.

Les jeunes mâles sont bien sûr très différents et comme le fait remarquer De Selys dans la description originale de l’espèce (sous le nom de Disparonevra glauca) ils ressemblent à notre Platycnemis pennipes jeune:

Elattoneura mâle immature, Namibie, Nyangana, sur un bras de l'Okavango, 13/02/2020
Elattoneura mâle immature, Namibie, Nyangana, sur un bras de l’Okavango, 13/02/2020

Les femelles sont bien plus discrètes et je n’en aurai fait qu’une photo, bien à l’ombre et en fin d’après midi, sur un tout petit bras de l’Okavango.

Elattoneura femelle, Namibie, Popa Falls Resort sur l'Okavango, 18/02/2020
Elattoneura glauca femelle, Namibie, Popa Falls Resort sur l’Okavango, 18/02/2020

A l’Ouest de l’Afrique sa distribution s’étend de la Guinée au nord de la Namibie et du Botswana. A l’est, de l’Ethiopie jusqu’au sud de l’Afrique du Sud.




Cet article fait partie de ceux consacrés aux odonates de Namibie. Pour revenir à la page d’accueil des Odonates de Namibie, cliquez ici.

Namibie – Paragomphus cataractae (Pinhey, 1963)

Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020

Paragomphus cataractae est une rareté, d’ailleurs il est difficile d’en trouver des photos sur le Web. Il est facile à identifier, il est le seul à montrer un thorax vert pomme pratiquement dépourvu de lignes sombres.
Phil Benstead, tour leader, nous amenait sur ce site pour la 4° fois car il nous manquait encore certains Gomphidae locaux et c’est en repartant vers les véhicules, le long du chemin forestier, à une centaine de mètres du Zambèze et de ses rapides, que l’un d’entre nous a fait cette belle découverte.

Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020

C’est en effet une espèce typique des larges rivières et surtout de leurs zones de rapides, tout comme Platycypha caligata et Zygonyx natalensis que nous rencontrerons plus tard sur l’Okavango, à Popa Falls.
D’ailleurs son nom d’espèce cataractae souligne sa préférence pour les courants rapides, cataractae signifiant « des rapides » ou « des chutes d’eau ». La description originale de l’espèce a été faite à partir de sujet pris dans les rapides des Victoria Falls et Katambora, donc sur le Zambèze également, à une soixantaine de kilomètres seulement du lieu de ces photos.

Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020

Son abdomen mesure environ 30 mm (sans les appendices anaux) soit une longueur totale d’environ 45 mm.
L’espèce a une distribution très limitée en Namibie: de l’endroit où nous l’avons observé à Katima Mulilo sur le Zambèze jusqu’aux Victoria falls et sur un tributaire du Zambèze, sur l’Okavango River à Popa Falls et sur la Kunene River à Epupa Falls. Il y aurait également une donnée du nord de la Zambie.

Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020
Paragomphus cataractae mâle, Namibie, Katima Mulilo, Wenela border post, le long du Zambèze, 17/02/2020



Cet article fait partie de ceux consacrés aux odonates de Namibie. Pour revenir à la page d’accueil des Odonates de Namibie, cliquez ici.

Namibie – Agriocnemis ruberrima albifrons (Balinski, 1963)

Agriocnemis ruberrima albifrons,Namibie, Parc National de Bwabwata, Bum Hill, 14/02/2020
Agriocnemis ruberrima albifrons, Namibie, Parc National de Bwabwata, Kwando River, Bum Hill, 14/02/2020

Cet petit Agriocnemis semble poser (en tout cas pour moi) un problème de taxonomie. Il s’agirait de la sous-espèce albifrons d’Agriocnemis ruberrima. Albifrons, on comprend bien pourquoi, son front est en effet couvert d’une pruinosité blanchâtre.
Ruberrima pas contre est relatif à l’abdomen rouge de l’espèce, or ici, il n’est pas plus rouge que les autres espèces rencontrées, A. exilis, A. victoria ou A. gratiosa.
L’espèce nominale Agriocnemis ruberrima (localisée à la côte est de l’Afrique du Sud) n’a pas le front blanc et montre en effet un abdomen complètement rouge orangé (même à maturité) sauf les 2 premiers segments verts latéralement sombres au dessus et la moitié du 3° sombre…
Sur le site de l’ADDO, qui fait référence, c’est cette « sous-espèce » à front blanc qui illustre Agriocnemis ruberrima (sans qu’il soit ajouté albifrons)… mais la carte de répartition inclus la forme Sud Africaine sans front blanc et à abdomen rouge!
Je suis bien sûr incapable de trancher mais il semblerait logique d’en faire 2 espèces différentes.

Agriocnemis ruberrima albifrons,Namibie, Parc National de Bwabwata, Bum Hill, 14/02/2020
Agriocnemis ruberrima albifrons, Namibie, Parc National de Bwabwata, Kwando River, Bum Hill, 14/02/2020 (rotation de la photo pour un plus grand affichage)

Je n’ai malheureusement qu’une série de photos toutes sous le même angle; ils naviguent parmi les herbes hautes, dans une zone marécageuse de la Kwando River, et ils sont si petits, 21 mm, que dès qu’ils bougent ils disparaissent dans la végétation dense.
Il n’est connu, sous cette forme à front blanc, que de cette région de la bande de Caprivi en Namibie, mais aussi dans le delta de l’Okavango (Botswana) et en Zambie (?).




Cet article fait partie de ceux consacrés aux odonates de Namibie. Pour revenir à la page d’accueil des Odonates de Namibie, cliquez ici.

Namibie – Odonates piégés par Setaria verticillata

Orthetrum sp. femelle piégée par Setaria verticillata, Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020
Orthetrum sp. mâle piégée par Setaria verticillata, Namibie, au pied du Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020

Le 9 février 2020 au matin lorsque j’ai découvert cet Orthetrum sur cette herbe j’ai pensé qu’il était simplement curieusement posé, mais au bout de quelques secondes, en l’absence de mouvement j’ai réalisé qu’il était mort. Si on trouve couramment des libellules mortes dans les toiles d’araignées ou même sur le sol, il est à ma connaissance très rare de les trouver posées sur un végétal.
Ci-dessous ce bouquet d’herbe d’environ 1 m 20 de haut.

Setaria verticillata, Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020
Setaria verticillata, Namibie, au pied Waterberg du Plateau National Park, 09/02/2020

Mais cet Orthetrum était loin d’être le seul sur cette plante; ci-dessous à gauche Orthetrum abotti femelle, à droite un mâle Pantala flavescens (même localisation, même date):

J’ai essayé de libérer ces libellules (mortes) mais il s’est avéré impossible de le faire sans déchirer leur ailes ou briser leur abdomen, ce qui témoignait d’une part de la qualité de la capture et d’autre part que leur mort n’était pas toute récente. Sans doute pas très ancienne non plus, il faut faire confiance au soleil de cette région (34 °C dans la journée) pour rapidement dessécher ce qui est exposé au soleil et au vent.
Cette inflorescence n’est pas collante mais lorsque l’on passe la pulpe des doigts dessus on sent une résistance pour les en enlever, comme si de minuscules crochets s’agrippaient aux sillons digitaux (qui forment les empreintes digitales).
Et en effet les cils (2 à 8 mm de long) portent de minuscules crochets ou retorses (environ 0, 1 mm de long) que j’ai eu du mal à mettre en évidence avec seulement mon 150 mm Macro (photos faites sur le terrain), mais la photo de droite est explicite (clic sur la photo !):

Ce n’était que ma première rencontre avec cette espèce commune en Namibie; j’ai pu apprécier tout son charme plus tard, à plusieurs reprises, lorsque j’ai passé des dizaines de minutes à enlever ces cils agrippés au tissu de mon pantalon: soit par inflorescence entières soit simplement par filaments qu’il faut saisir entre les ongles tellement ils sont fins et courts. Le système d’accrochage est tellement puissant que les fibres du tissu sont parfois arrachées lors du retrait, ce qui explique pourquoi les insectes capturés ne peuvent en réchapper.
Ces minuscules crochets ont également tendance à irriter la peau par frottement.

Crocothemis erythraea femelle piégée par Setaria verticillata, Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020
Crocothemis sanguinolenta femelle piégée par Setaria verticillata, Namibie, Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020

Setaria verticillata est une plante herbacée annuelle de la famille des Poaceae ; ce n’est pas une plante carnivore :). Les libellules et d’autres insectes (j’ai aperçu quelques diptères et hyménoptères) sont en quelques sorte des victimes collatérales de l’excellent moyen de dispersion des graines de cette plante. A coup sûr nous en avons tous rapporté dans nos contrées respectives, où elle est d’ailleurs certainement déjà implantée puisqu’elle est maintenant répandue dans de nombreuses régions tempérées et tropicales du monde (présente en France sous le nom de Sétaire verticillée).

Orthetrum sp. femelle piégée par Setaria verticillata, Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020
Orthetrum sp. mâle piégé par Setaria verticillata, Namibie, au pied du Waterberg Plateau National Park, 09/02/2020

Elle est considérée comme une « mauvaise herbe » des cultures et des pâtures ou elle se fait un plaisir de s’accrocher au pelage du bétail et se rencontre fréquemment dans les milieux perturbés (champs, décombres, vignes).

Ceriagrion glabrum (?) femelle, Namibie, Rundu, 10/02/2020



Cet article fait partie de ceux consacrés aux odonates de Namibie. Pour revenir à la page d’accueil des Odonates de Namibie, cliquez ici.

Namibie – Aethriamanta rezia (Kirby, 1889)

Aethriamanata rezia, Namibie, Bwabwata National Park, Susuwe, Kwando River, 14/02/2020
Aethriamanata rezia, Namibie, Bwabwata National Park, Susuwe, Kwando River, 14/02/2020

Aethriamanta rezia est un tout petit Libellulidae que nous avons rencontré brièvement à 2 reprises; il mesure 25 à 29 mm avec une envergure de 45 mm en moyenne.
Cette petite taille, entre autres, permet de le différencier de la seule espèce qui lui ressemble en Namibie, Urothemis assignata (44 mm, envergure moyenne 75 mm). Lui aussi est tout rouge avec les pattes noires, lui aussi a la partie postérieure des yeux bleue. S’il n’a pas cette « échelle » noire complète sur l’abdomen son patch alaire basal est par contre plus sombre et plus étendu.

Aethriamanata rezia, Namibie, Kalambesa, le long du Zambèze, 15/02/2020
Aethriamanata rezia, Namibie, Kalambesa, le long du Zambèze, 15/02/2020

Il semble accepter une certaine diversité d’habitat puisqu’on le trouverait sur les mare à nénuphars et roseaux, mais aussi dans les sections marécageuses des rivières tropicales. Je ne me prononcerais pas, nous ne l’avons vu que 2 fois, l’une perché sur un arbuste près du Zambèze, l’autre dans une section marécageuse en bordure de la rivière Kwando, plus exactement à Bum Hill, là où nous avons cherché (en vain) Agriocnemis bumhilli.

Aethriamanata rezia, Namibie, Kalambesa, le long du Zambèze, 15/02/2020
Aethriamanata rezia, Namibie, Kalambesa, le long du Zambèze, 15/02/2020

Je n’ai jamais réussi à l’approcher correctement mais la photo ci-dessus permet tout de même de voir son impressionnant appareil génital secondaire sous le 2° segment abdominal.
Il fait partie d’un genre qui ne comprend que 6 espèces, dont 2 que j’ai déjà rencontrées en Asie, Aethriamanta brevipennis et Aethriamanta gracilis; si bien sûr certains caractères sont communs comme les 6 anténodales dont la dernière est complète et la veination très lâche, je ne crois pas que les autres espèces présent de tels outils sous S2.

Aethriamanata rezia, Namibie, Kalambesa, le long du Zambèze, 15/02/2020
Aethriamanata rezia, Namibie, Kalambesa, le long du Zambèze, 15/02/2020

On le rencontre en Afrique sub-saharienne depuis le Sénégal jusqu’au Kenya et au sud il se limite à l’Ouest, en Namibie à la bande de Caprivi, à l’Est au nord du Botswana et de l’Afrique du Sud (IUCN).
Suhling et Martens ne parviennent pas à expliquer l’origine du nom de genre donné aussi par Kirby. Quant à rezia c’est une référence à un personnage de l’opéra de Carl Maria von Webe, Oberon, sans que l’on sache non plus pourquoi Kirby a choisi ce nom d’espèce…




Cet article fait partie de ceux consacrés aux odonates de Namibie. Pour revenir à la page d’accueil des Odonates de Namibie, cliquez ici.