Ethiopie 2018 – Ischnura senegalensis (Rambur, 1842)

Ischnura senegalensis mâle, Ethiopie, lac Langano, 31/10/2018
Ischnura senegalensis mâle, Ethiopie, lac Langano, 31/10/2018

Difficile d’imaginer un voyage en Afrique ou en Asie sans penser à rencontrer Ischnura senegalensis tant son aire de distribution est gigantesque, recouvre presque toute l’Afrique et atteint le Japon à travers l’Iran, l’Inde et la Chine. C’est le 10° pays dans lequel je le rencontre.
IUCN Red List
Ci-dessous :
1 – Ischnura senegalensis mâle, Ethiopie, Lac Awasa, 31/10/2018
2 – Ischnura senegalensis mâle, Ethiopie, lac Langano, 01/11/2018

Il mesure environ 27 mm.
Il ressemble fortement à notre Ischnura elegans mais leurs aires de distribution ne se chevauche pas même si la différenciation est aisée ; on peut (entre autres) constater que la coloration bleue respecte le 7° segment (S7), que la bande antéhumérale est souvent très étroite et, que surtout, les mâles matures sont verts, alors que nos I. elegans sont bleus.

Ischnura senegalensis mâle, Ethiopie, lac Langano, 01/11/2018
Ischnura senegalensis mâle, Ethiopie, lac Langano, 01/11/2018

Mais en Éthiopie, on peut rencontrer 2 autres Ischnura : Ischnura abyssinica limité aux hauts plateaux, que je n’ai pas visités, et Ischnura evansi, très ressemblant au premier coup d’œil, mais finalement assez facile à séparer de I. senegalensis… quand on connaît les critères.
Ce sont des critères de coloration : les ptérostigmas d’I. evansi ne sont pas bicolores et le noir qui recouvre le 2° segment abdominal ne « descend » pas sur les côtés, en somme sur une vue supérieure ses bords restent parallèles.
Les appendices anaux sont nettement différents, les cerques d’Ischnura senegalensis étant beaucoup plus longs que les cercoïdes. Enfin sur le S10 d’Ischnura senegalensis, on relève 2 minuscules tubérosités jumelles projetées vers le haut, pour I. evansi, elles sont longues et projetées vers l’arrière.
1 & 2 – Ischnura senegalensis mâle, Ethiopie, lac Langano, S2, 01/11/2018

Comme souvent pour les femelles Coenagrion, on rencontre 2 types de femelles I. senegalensis, l’une est dite gynomorphe ou gynochrome, l’autre andromorphe ou androchrome qui copie les couleurs du mâle mature.

Ischnura senegalensis femelle, Ethiopie, lac Langano, 31/10/2018
Ischnura senegalensis femelle gynochrome, Ethiopie, lac Langano, 31/10/2018
Ischnura senegalensis femelle androchrome, Ethiopie, lac Awasa, 31/0/2018
Ischnura senegalensis femelle androchrome, Ethiopie, lac Awasa, 31/0/2018

Pour de nombreuses espèces d’Ischnura, on trouve des immatures orange, spectaculaires. Beaucoup de ces petits odonates étaient parasités par des hydracariens, qui sont ces petites masses rondes rougeâtres ou brunâtres fixées préférentiellement sur le thorax.

Ischnura senegalensis femelle, Ethiopie, lac Langano, 01/11/2018
Ischnura senegalensis femelle, Ethiopie, lac Langano, 01/11/2018

Ils se nourrissent de l’hémolymphe (les odonates n’ont pas de sang…) et ne semblent pas en général nuire considérablement à la vie de leur hôte sauf, peut-être, en cas d’infestation très importante.

Ischnura senegalensis accouplement, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018
Ischnura senegalensis accouplement, Ethiopie, lac Awasa, 31/10/2018

Quelques semaines après avoir publié cet article, je me suis rendu compte que ce que j’avais pris pour des femelles Ischnura evansi était de bien communes I. senegalensis. Enfin, pas si commune, car leur coloration pâle m’a perturbée, je n’en avais jamais vu dans ces teintes. Certaines montrent une bande antéhumérale dédoublée qui m’a perturbé, mais ce sont sans doute des femelles en maturation dont la couleur noire s’étend progressivement.

Ischnura senegalensis femelle, Ethiopie, lac Awash, 01/11/2018
Ischnura senegalensis femelle, Ethiopie, lac Awash, 01/11/2018

Enfin ces dernières, toutes sur les rives du lac Awasa le 31/10/2018, dont une bien jeune qui porte sur son thorax des hydracariens parasites.

Étymologie
Ischnura
 (Charpentier, 1840) du grec « ischnos » – fin, et de « ura » – queue, soit abdomen pour les insectes. Beaucoup d’espèces à l’abdomen encore plus fin étaient inconnues quand Charpentier a nommé ce genre.
Senegalensis se réfère bien sûr au Sénégal, origine du premier spécimen décrit.

Cet article fait partie des odonates observés en Éthiopie, pour revenir à la page des Odonates d’Éthiopie cliquer ici.

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