Austrosticta soror (Sjöstedt, 1917)

Austrosticta soror mâle, Australie-Occidentale, Black Rock Fall, 22/04/2022
Austrosticta soror mâle, Australie-Occidentale, Black Rock Falls, 22/04/2022

Cet Isostictidae est endémique d’Australie-Occidentale, c’est un habitant des gorges où il colonise les mares, ruisseaux ou petites rivières. Étant très localisé, il a reçu le nom de la région qu’il habite, Kimberley, le Kimberley pondsitter.
Sjöstedt dans la description originale précise qu’il mesure 35 mm, à peine moins que son cousin A. fieldi.

Il fait partie de ces odonates très rarement observés, et encore plus rarement photographiés sur le terrain. Il semble se couvrir de pruinosité dès sa maturité, ce que nous n’avons pas observé pour Austrosticta fieldi ; il est vrai que les photos de ce dernier sont encore plus rares…

Les photos des appendices anaux ci-dessus permettent de le séparer sans aucun doute de son cousin A. fieldi ; ce dernier, s’il montre aussi des épines internes sur les cerques, présente un lobe interne, sub terminale, sur les cercoïdes, alors qu’ici, ils restent de mêmes diamètres jusqu’à l’extrémité.

Sur mes photos, j’ai eu la surprise de trouver 2 épines de chaque côté du bord postérieur du pronotum ; il faudrait peut-être plutôt écrire que le bord postérieur du pronotum se poursuit latéralement, s’allonge latéralement en épine. Ce qui est surprenant, c’est que cela n’est jamais mentionné dans la littérature, tant dans la description originale, que dans le guide (The Complete Field Guide to Dragonflies of Australia par Günther Theischinger et John Hawking) dont j’ai déjà parlé, et où la photo montre un sujet desséché et sans tête…
Comme les descriptions sont faites sur des sujets plus ou moins bien conservés, des mois ou des années après leur capture, peut-être ces processus, très fins et sans doute fragiles, se sont-ils brisés…
Tous les sujets mâles en portent, pas les femelles.
Son cousin, Austrosticta fieldi, ne semble pas en porter, ou alors beaucoup moins visibles, mes photos ne me permettent pas de les voir (je rappelle que toutes ces photos sont faites sur des sujets non capturés).

Austrosticta soror mâle, Australie-Occidentale, the Grotto, 23/04/2022
Austrosticta soror mâle, Australie-Occidentale, the Grotto, 23/04/2022

Je n’ai rencontré qu’une seule femelle, un sujet très jeune, aux ailes encore brillantes, sans doute émergé depuis très peu de temps. Elle ne montre pas de pruinosité bien sûr, elle est trop jeune, mais on remarque, comme pour le mâle, comme ce pronotum est long.

On ne constate pas la présence de prolongements latéraux en épines de part et d’autre du pronotum.

Austrosticta soror femelle, Australie-Occidentale, the Grotto, 23/04/2022
Austrosticta soror femelle, Australie-Occidentale, the Grotto, 23/04/2022
Austrosticta soror tandem, Australie-Occidentale, Chamberlain River, 24/04/2022

On pouvait, avant cette photo, se demander comment nous avions identifié la femelle ; les tandems et les accouplements sont des chances à saisir à cet effet !

Austrosticta : On retrouve la racine latine auster qui signifie sud pour indiquer que ce genre très proche allié des Isosticta (Tillyard, 1916) est un sudiste (Australie…).
Soror : du latin soror pour sœur, pour signifier que c’est une espèce sœur de A. fieldi (Austrosticta frater, à l’Est de l’Australie, était encore inconnu) (1).

Austrosticta soror tandem, Australie-Occidentale, Chamberlain River, 24/04/2022.

-1- The Naming of Australia’s Dragonflies, Ian Endersby & Heinrich Fliedner, Busybird Publishing 2015

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