Ghana – Trithemis aenea Pinhey, 1961

* Trithemis aenea : une nouvelle espèce pour le Ghana *

Trithemis aenea mâle, Ghana, mare près de Ankasa Forest Reserve, 19/01/2026
Trithemis aenea mâle, Ghana, mare proche de Ankasa Forest Reserve, 19/01/2026

Trithemis aenea fait partie de ces rencontres extraordinaires ; notre minibus a beaucoup de difficulté à sortir des ornières de la piste en raison des pluies anormales de ce mois de janvier et la première mare sur la piste est donc un répit ; et quelle surprise ! Pas moins de 3 espèces nouvelles pour le Ghana, dont une très rarement vue, Urothemis venata. Je n’ai malheureusement pas fait de photos de cette mare, trop pris par toutes ces découvertes.
Sur le terrain, nous n’avons pas su identifier ce Trithemis, absent des listes pour le Ghana. D’autant que les recherches que nous avons pu mener le soir étaient difficiles, sans réseau ou avec un internet capricieux. Il était loin de nous et les photos sont faites avec un équivalent de 300 mm.
Ce n’est que revenu en France que j’ai eu la chance de l’identifier ; il fait partie de ceux susceptibles d’être contactés en Afrique de l’Ouest ; Klaas-Douwe Dijkstra montre très peu de photos sur iNaturalist, mais cette espèce en fait partie !

Il était déjà connu du Libéria, du Nigeria, du Cameroun, du Gabon, du Congo-Brazzaville, de la République démocratique du Congo et de la Côte d’Ivoire voisine. Sa présence au Ghana n’est donc pas incongrue.
L’IUCN Red List est un peu en retard par rapport à l’ADDO (African Dragonflies and Damselflies Online), qui a malheureusement disparu en 2024 et que l’on peut parfois atteindre avec une Wayback machine ou par Web. archive.org.

Il est très singulier parmi les Trithemis avec son thorax marron ; les paires de traits jaunes sur l’abdomen sont plus communes, mais l’association de ces deux critères est unique en Afrique de l’Ouest, surtout si l’on ajoute l’apex des ailes légèrement teinté.

Trithemis aenea mâle, Ghana, mare près de Ankasa Forest Reserve, 19/01/2026
Trithemis aenea mâle, Ghana, mare proche de Ankasa Forest Reserve, 19/01/2026

Pinhey nous dit que c’est un grand Trithemis (du groupe stictica ) et que son aile postérieure mesure 32 mm et son abdomen 27 à 28 mm ; il mesure environ 40 mm.
Sur le site de l’ADDO, on lit qu’il se plaît sur les rivières, les eaux dormantes et même les mares temporaires, dans les zones ouvertes en forêt. Il apprécie les eaux noires (humiques, dystrophes), la végétation émergente et/ou d’un fond sableux ou meuble (comme de la vase). Notre observation s’est faite une mare au bord de la route, au fond très vaseux et il était posté sur un rameau émergent ; une partie de la mare était bordée d’arbres sans que l’on puisse véritablement parler de forêt.
Comme déjà évoqué, le cortège d’odonates était impressionnant : Urothemis venata et Agriocnemis victoria, deux autres espèces nouvelles pour le Ghana, Aethriamanta rezia en nombre, Trithemis grouti et arteriosa, Crocothemis erythraea, Hadrothemis defecta, et Ceriagrion glabrum.

Étymologie Trithemis aenea
Trithemis est composé du préfixe tri, pour trois, sans doute parce que la marge postérieure du pronotum des espèces de ce genre est trilobée, et de Themis qui est la déesse de la loi divine, de l’ordre et de la justice. Mais pourquoi Thémis ? Certainement parce que d’autres noms de libellules comportaient des noms de dieux comme Echo ou Nehalennia, et quand Brauer a créé le genre Trithemis, la mode était toujours « à la mythologie ». Ce nom de déesse a été utilisé, selon Fliedner (2006), plus de 50 fois, pour nommer des odonates et ce n’est que justice car « étant la déesse de l’ordre, Themis est une très convenable patronne des taxinomistes ».
Aenea du latin aeneus, adjectif signifiant –de bronze et Pinhey écrit : « It is named from its bronze coloration« . Il décrit également « le front et la vésicule bronze », « thorax bronze-marron ». Cette évolution du thorax vers la couleur bronze, que l’on ne constate sur aucune photo sur iNaturalist est sans doute liée à l’âge.

Fliedner, 2006. The scientific names of the Odonata in Burmeister’s « Handbuch der Entomologie »
Pinhey, 1961 – Dragonflies collected on an expedition from Rhodesia to Nigeria in 1958. Part 1. Entomologists Monthly Magazine, 96, 256-271.

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