
Copera sikassoensis est un magnifique Platycnemididae, un des deux du Ghana avec C. guttifera. Le genre comprend 5 espèces en Afrique, mais les espèces asiatiques sont très ressemblantes, par exemple C. marginipes, ici en Thaïlande.


Il n’y a pas de risque de confondre Copera sikassoensis avec C. guttifera, ni avec aucun autre zygoptère au Ghana tellement il est particulier avec sa petite taille (Little Featherleg) ses pattes orange, ses taches bleues sur le vertex et la face et ses appendices anaux clairs. Ces taches sur le vertex sont étonnantes ; ce ne sont pas les classiques taches postoculaires que l’on rencontre pour tant de Coenagrionidae, celles-ci sont sur le vertex, bien en avant.
J’ai d’ailleurs cru qu’elles étaient variables, parfois divisées et donc que nous avions photographié différents sujets ; mais ce sont les antennes qui forment une ligne noire sur ces taches claires et donnent cet aspect que l’on peut observer, en inspectant les photos de cette page (ci-dessus à gauche, par exemple).


Si toutes les photos de cette page ont été prises au même endroit, en forêt, le long de la rivière Ankasa, dans un des rares endroits accessibles où la berge était dégagée et pas trop en pente, nous avons également rencontré cette espèce autour d’un grand étang, près de Cape Coast. Deux milieux très différents et seul le premier est cité dans ADDO.
Martin (1912) nous dit que son abdomen mesure 27 mm, l’insecte entier mesure environ 32 à 33 mm.


Certaines femelles, voir ci-dessus, sont androchromes, leur face est moins spectaculairement bleue que celle des mâles, mais seul ce détail et les caractères sexuels les en séparent. D’autres sont totalement différentes et appartiennent à une forme « ghost », c’est en tout cas le terme qu’on utilise en Asie pour certaines femelles Copera.



Son aire de distribution s’étend de la Gambie (et sans doute du Sénégal jusqu’à la République centrafricaine et l’Ouganda.
IUCN Red List.

Copera sikassoensis femelles, Ghana, Ankasa Forest Reserve, 18/01/2026
Étymologie Copera sikassoensis
Copera (Kirby, 1890) serait un terme informel d’origine espagnole ou argentine (suggestion de Rhainer Guillermo, professeur de Sciences Biologiques au Brésil), issu du latin Copa, pour « tenancière de cabaret » et à l’époque de Kirby, les clients masculins de ces établissements désignaient ainsi les danseuses. Il est vrai que le comportement en vol de ces Platycnemididae avec leurs pattes qui restent tendues, ou plutôt qui ne sont pas repliées, leur aptitude à sembler « butiner » ou à voler de façon saccadée, pourrait s’apparenter à une danse…
Sikassoensis est formé de Sikasso, une ville du sud du Mali (alors Afrique occidentale française, AOF) où a été prélevé l’holotype, et du suffixe -ensis, indiquant la provenance. Il est à noter que Martin a décrit l’espèce dans le genre Psilocnemis, avec sans doute un sujet jeune, qui ne montrait pas des taches bleues mais jaunes.
Ces Copera africains ont déjà connu plusieurs autres genres, dont Platycnemis ; les analyses morphologiques et moléculaires menées par K-D Dijkstra & al. en 2014, ont fixé le genre Copera.

Dijkstra, K.-D.B (editor ADDO), 2019 – African Dragonflies and Damselflies (ADDO) – [Le lien peut ne pas fonctionner ; lien web.archive du site ADDO, maintenant hors ligne.]
Dijkstra, K.-D. B., Kalkman, V. J., Dow, R. A., Stokvis, F. R., & van Tol, J. (2014) – Redefining the damselfly families: a comprehensive molecular phylogeny of Zygoptera (Odonata). Systematic Entomology, 39 (1), 68–96.
Martin, 1912 – Les Libellules du cercle de Sikasso – Feuille jeunes Naturalistes, 42, 92-99. P. 92.