
Chlorocypha rubida se distingue assez facilement de tous les autres membres de son genre (30 endémiques d’Afrique tropicale dont 7 au Ghana) par un ensemble de caractéristiques faciles à mettre en évidence ; la face est entièrement noire, les tibias complètement sombres (sans « blanc »), l’abdomen rouge-rosé (Rosy Jewel en anglais). Aux parties médiane et inférieure du thorax, il présente 2 larges bandes jaunâtres, 2 fines, plus ou moins masquées chez les sujets adultes, à la partie supérieure.

Comme déjà évoqué plus haut, lorsque les sujets prennent de l’âge, les marques claires s’estompent et ils peuvent alors être confondus avec C. selysi, dont la face comporte cependant des marques claires.
Les 2 points jaunes sur la face latérale du 2ᵉ segment semblent diagnostiques de l’espèce, au Ghana, en tout cas.
Je n’ai rencontré cette espèce qu’une seule fois, très brièvement, ce qui explique que toutes mes photos soient prises à peu près sous le même angle, sur le même support.

Hagen, qui l’a décrit dans le genre Libellago, mesure son abdomen à 22 mm et son aile postérieure à 24 mm. Il mesure donc au total environ 33 mm.
Nous avons rencontré ce mâle, accompagné de la femelle plus bas, le long d’un sentier forestier, sans que nous ayons aperçu un ruisseau ou une pièce d’eau à proximité ; mais il est facile de manquer un ruisseau, en contrebas, dans l’ombre de la forêt. Car on lit sur ADDO : « Principalement des sources et des cours d’eau d’amont, mais aussi des ruisseaux plus larges, ombragés par la forêt. »
L’identification de la femelle est difficile à prouver ; nous n’avons pas vu d’autre Chlorocypha ce jour et cette femelle se trouvait en compagnie du mâle. Il serait donc très étonnant qu’il s’agisse d’une autre espèce.

Sa distribution s’étend du Libéria et de la Sierra Leone au Nigéria, en passant par la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin.
IUCN Red List.

Étymologie Chlorocypha rubida
Chlorocypha, du grec chloro, pour jaune ou vert, et de cyphos qui signifie bossu, bosse, pour la couleur du curieux clypeus de l’espèce, certainement chez un sujet immature. Fraser écrit : « I have chosen the name Chlorocypha for this genus, based on the specific character mentioned by Palisot de Beauvois for the type species dispar : « le chaperon [Clypeus] est d’un jaune-verdâtre« . Il est pour moi certain que Palisot de Beauvois n’a jamais écrit ces mots dans sa description, ni Selys dans son Synopsis des Caloptérygines, ni dans sa Monographie des Caloptérygines. L’origine de la citation de Fraser reste pour moi un mystère.
Rubida, latin rubidus, qui signifie rouge foncé, rougeâtre ; Hagen écrit « thorax noir avec deux raies rougeâtres… / abdomen entièrement rouge en-dessus« .
Dijkstra, K.-D.B (editor ADDO), 2019 – African Dragonflies and Damselflies (ADDO) – Chlorocypha rubida – [Le lien peut ne pas fonctionner ; lien web.archive à partir du site ADDO, maintenant hors ligne.]
Hagen in Selys, 1853 – Synopsis des Caloptérygines. Bulletins de l’Académie Royale Des Sciences, Des Lettres et Des Beaux-Arts de Belgique, 20 (Appendix), 1–73, p. 58..