Bornéo, Sarawak – Pseudagrion pruinosum (Burmeister, 1839)

Pseudagrion pruinosum mâle, Thaïlande, Mae Sa Waterfall, 28/05/2024
Pseudagrion pruinosum mâle, Thaïlande, Mae Sa Waterfall, 28/05/2024

Pseudagrion pruinosum mâle est un Coenagrionidae facile à identifier ; il n’en est pas de même de Pseudagrion pruinosum femelle. Les mâles matures ont les yeux rouges, la face orange et le front rouge très sombre, la couleur de fond du thorax et de l’abdomen est noire et il se couvre d’une pulvérulence blanchâtre en prenant de l’âge. Il n’y a pas de risque de confusion avec une autre espèce.
Je l’avais déjà rencontré en Malaisie et au Vietnam et si je le montre encore ici, c’est surtout pour les femelles que l’on rencontre assez rarement isolées et qui peuvent être difficiles à séparer d’autres femelles Pseudagrion.

Pseudagrion pruinosum mâle, Thaïlande, Huay Kaew waterfall, 27/05/2024
Pseudagrion pruinosum mâle, Thaïlande, Huay Kaew waterfall, 27/05/2024

Dans Ngiam & Ng (2022), à Singapour, on lit qu’il mesure 40 à 42 mm. Il y prend d’ailleurs le nom de Grey Sprite.
C’est une demoiselle des aires ouvertes qui s’installe sur des courants lents ou rapides, toujours faciles à observer tellement leur habitus les rend bien visibles. Ils sont cependant assez difficiles à approcher, d’après ma courte expérience.

A Huay Waew Waterfall, ils sont à l’endroit où une petite rivière s’élargit assez mollement après une petite chute d’eau, en limite de forêt. Il y a très peu de fond et quelques couples sont occupés à pondre ; c’est l’occasion d’insister sur les femelles qui ne ressemblent en rien aux mâles.

Elles pondent sous la surveillance des mâles, en enfonçant leurs œufs, grâce à un stylet, dans les végétaux tendres immergés.
On note leurs yeux verts, la teinte orangée de leur thorax surmontée d’une zone verdâtre alors que la partie inférieure est verte ; à comparer avec une femelle beaucoup plus jeune que j’avais rencontrée au Vietnam.

L’IUCN nous dit qu’on le trouve en Indonésie et en Malaisie, au Vietnam, à Hong Kong, dans le sud de la Chine (Guangdong, Guangxi, Hainan et Guizhou), au Laos, en Thaïlande et au Cambodge. En 2017, on l’a découvert dans l’extrême est de l’Inde, en Arunal Pradesh.

Étymologie
Cette espèce a été d’abord signalée par le Néerlandais Wilhelm de Haan un zoologiste, entomologiste et carcinologiste, comme en témoigne Burmeister (1839) lorsqu’il écrit dans sa description : « A. pruin. de Haan, in litt. ». On lit aussi que le sujet provient de Java et qu’il a été « communiqué » par Monsieur le comte von Hoffmannsegg. Ce naturaliste allemand, grand collectionneur et mécène, Johann Centurius von Hoffmannsegg, fournissait des spécimens exotiques aux taxonomistes européens. Comme on le devine, l’espèce était alors Agrion pruinosum et c’est Selys qui, en 1876, divisant les Agrion, l’a placé dans les Pseudagrion.

Pseudagrion (Endersby & Fliedner, 2015) du grec ancien, pseudo –faux, erroné, et d’agrion, ceci, comme l’écrit Selys (1876), pour témoigner de la difficulté à séparer ce genre des Agrion ; « les Pseudagrions semblent très voisins des vrais Agrions ». Agrion, du grec Agrios– sauvage, vivant dans les champs.
Pruinosum, du latin pruina qui signifie givre, auquel est ajouté le suffixe -osum qui suggère l’abondance ou la plénitude et se réfère bien sûr à la pulvérulence (pruinosité) blanchâtre qui recouvre partiellement les mâles matures.

Burmeister, 1839Handbuch der Entomologie.
Endersby Ian & Fliedner Heinrich, 2015 The Naming of Australia’s Dragonflies, Ian Endersby & Heinrich Fliedner, Busybird publishing.
Robin Ngiam & Marcus Ng, 2022A photographic guide to the Dragonflies and Damselflies of Singapore – John Beaufoy Publishing.

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