Namibie – Trithemis kirbyi (Selys, 1891) et sa présence en France

Trithemis kirbyi mâle, Namibie, au pied du plateau de Waterberg, 08/02/2020
Trithemis kirbyi mâle, Namibie, au pied du plateau de Waterberg, 08/02/2020

C’est un des Libellulidae les plus rouges qui soient que l’on peut confondre avec C. erythraea dont on le sépare par l’étendue de la tache alaire ambrée et l’absence de bleu à la base des yeux. Il porte une petite tache noire sur S9 (à peine visible sur S8).
Brachythemis lacustris est beaucoup plus proche, plus petit et plus trapu, mais très ressemblant… Sa tache alaire sur les ailes postérieures, plus large, atteint le nodus et ses ptérostigmas sont en principe bicolores (ils tendent à noircir chez les sujets un peu âgés).

Trithemis kirbyi mâle, Namibie, au pied du plateau de Waterberg, 08/02/2020
Trithemis kirbyi mâle, Namibie, au pied du plateau de Waterberg, 08/02/2020

Curieusement et cela est d’ailleurs signalé dans Dragonflies ans Damselflies of Namibia, Frank Suhling & Andreas Martens, il est rare dans la bande de Caprivi et nous ne l’avons pas croisé dans cette région pourtant extrêmement riche.
Son nom d’espèce kirbyi est un hommage à William Forsell Kirby, éminent spécialiste britannique des odonates à la fin du XIX° siècle.

Trithemis kirbyi mâle, Namibie, mare près de Rundu, 12/02/2020
Trithemis kirbyi mâle, Namibie, mare près de Rundu, 12/02/2020

Il mesure 35 à 38 mm et tolère tout type d’habitat : les rivières, les fossés autant que les abreuvoirs, les piscines et les mares temporaires, puisque sa larve peut se développer en moins de 50 jours.
Et c’est certainement la raison pour laquelle après 3 saisons ou il a été signalé dans le sud de la France, la preuve de son autochtonie (provisoire ?) a été apportée par la découverte d’exuvies le 25 aout 2020, à Cambo-les-bains (Pyrénées-Atlantiques), par Bruno Jourdain. La découverte a été relatée par Opie-odonates.
Mais savoir si les larves sont capables de passer l’hiver dans le sud de la France est une autre question car on peut sans doute supposer que la découverte, tard en saison, de ces individus et de ces exuvies, est due au fait que des individus adultes venus d’Espagne ont pondu dans ces bassins au début de l’été…

Trithemis kirbyi mâle, Namibie, mare près de Rundu, 12/02/2020
Trithemis kirbyi mâle, Namibie, mare près de Rundu, 12/02/2020

Son aire de distribution est gigantesque depuis les Comores, Madagascar et l’Afrique du Sud jusqu’au sud de la France à l’Ouest, et à l’Est jusqu’au Myanmar.
Cette distribution entraîne des variations géographiques, que certains hissent à la hauteur des sous-espèces, si tant est que ce terme puisse avoir une quelconque signification. On distingue la s.s.p. Trithemis kirbyi kirbyi, en Inde par exemple, alors qu’en Namibie on trouve la s.s.p. Trithemis kirbyi ardens. La différence majeure est l’étendue de la coloration alaire légèrement plus restreinte pour T. kirbyi kirbyi (elle ne colore pas le triangle de l’aile antérieure, n’atteint que la 3° ou 4° veine transverse anténodale (Ax) sur l’aile postérieure).
Klaas-Douwe B. Dijkstra signale même qu’à Madagascar l’espèce n’a pas reçu de nom de sous-espèce particulier mais que ses ptérostigmas sont rouges.




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