Namibie – Trithemis stictica (Burmeister, 1839)

Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020
Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020

Le souci à propos de cette identification est que même si ce sujet correspond parfaitement à Trithemis stictica il n’est pas montré présent dans cette région de Namibie sur les 2 cartes de répartition à ma disposition.
Il s’agit des données de répartition que l’on trouve dans cet excellent livre que j’ai cité de très nombreuses fois « Dragonflies and Damselflies of Namibia », Frank Suhling et Andrea Martens, 2007, et dans ce document « Trithemis morrisoni sp. nov. and T. palustris sp. nov. from the Okavango and Upper Zambezi Floodplains previously hidden under T. stictica (Odonata: Libellulidae) », Sandra Damm et Heike Hadrys, juin 2008 publié en février 2009 (1).

Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020
Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020


Dans ce dernier document qui révèle ces 2 nouvelles espèces cachées sous Trithemis stictica, T. palustris et T. morrisoni, on lit qu’elles sont morphologiquement très proches. Nous avons donc 3 espèces extrêmement ressemblantes.

Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020
Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020


Cependant le caractère le plus évident qui permet de séparer T. stictica des 2 autres nouvelles espèces (1) est la coloration des yeux ; ceux de T. palustris et morrisoni sont bicolores, marron en haut et gris bleu en dessous alors que ceux de T. stictica ne montrent qu’une seule couleur. La coloration marron de la partie supérieure peut devenir bleue pour les mâles matures T. palustris mais on y relève toujours une nuance de marron, ce qui n’est absolument pas le cas ici.

Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020
Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020

Dans cette même partie du document sus cité, il est précisé que les 2 nouvelles espèces ont la base des ailes ambrées, mais pas T. stictica, et on note cette absence ici.
À côté de la description de ces 2 nouvelles espèces, Trithemis stictica est décrit à nouveau ; alors que pour les 2 nouvelles espèces la nervation est dite noirâtre, celle de T. stictica est qualifiée de marron foncé, ce qu’on observe ci-dessus et encore mieux ci-dessous :

Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020
Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020

Alors bien que Klaas-Douwe Dijkstra, grand spécialiste des odonates africains,  me réponde par une boutade pour une demande d’aide sur la première photo (God only knows…) il est certain que ce n’est pas une des 2 nouvelles espèces. Trithemis stictica est le seul candidat restant, et malgré toutes mes recherches aucun autre Trithemis actuellement connu ne correspond à mes photos.
Et si T. stictica ne figure pas sur les cartes de répartition en Namibie il est très clairement cité comme présent dans la bande de Caprivi  même s’il n’a pas été trouvé dans les échantillons destinés à l’étude génétique qui a mis en évidence les 2 nouvelles espèces : « While other Trithemis species occur throughout Namibia, T. stictica was exclusively found at isolated springs in the Naukluft Mountains and in the region of the Caprivi Strip with its surrounding river systems in Botswana and Zambia (Kipping in press; Suhling & Martens 2007).

Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020
Trithemis stictica mâle, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020

Il se perchait ici au bord d’une zone marécageuse de la rivière Kwando, en limite de forêt. C’est le seul sujet que nous ayons rencontré.
C’est une espèce subsaharienne font la répartition s’étend du Sierra Leone à la Somalie et au Sud jusqu’à l’Afrique du Sud. Mais de nombreuses données sont maintenant suspicieuses en raison de la découverte des 2 nouvelles espèces.

Son nom d’espèce stictica vient du grec stiktos pour marqué, tatoué par référence aux taches jaunes sur le thorax du premier sujet décrit qui était jeune et dont la pruinosité ne couvrait pas tout le thorax.
Son nom de genre reprend comme très souvent pour les Libellulidae le nom de la déesse Themis, déesse de l’ordre ce qui allait très bien aux pionniers de la systématique, avides de classements. Le préfixe Tri se rapporte sans doute au pronotum trilobé des sujets de ce genre.

Il faut enfin noter sur ou plutôt sous l’aile postérieure gauche de ce sujet la présence d’un parasite, un diptère, vraisemblablement du genre Forcipomyia (Ceratopogonidae). Ces parasites, que j’avais déjà rencontrés à plusieurs reprises en en Malaisie ou au Brésil, mais jamais en France, se nourrissent en suçant l’hémolymphe de leurs hôtes.

Diptère parasite, sans doute Forcypomyia sp. sous l'aile de Tirthemis stictica, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020
Diptère parasite, sans doute Forcypomyia sp. sous l’aile de Tirthemis stictica, Namibie, Mayuni conservancy near Bum Hill, Kwando River, 16/02/2020

-1- Trithemis morrisoni sp. nov. and T. palustris sp. nov. from the Okavango and Upper Zambezi Floodplains previously hidden under T. stictica (Odonata: Libellulidae) », Sandra Damm et Heike Hadrys, juin 2008, International Journal of Odonatology · April 2009.




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