Ethiopie – Orthetrum julia (Kirby, 1900)

Orthetrum julia femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018
Orthetrum julia femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018

Dans le jardin boisé d’un lodge à Yirgalem (altitude 1750 m) j’ai pu photographier plusieurs odonates, dont 2 femelles Orthetrum. Etant en saison sèche je n’ai pas vu de point d’eau à proximité malgré mes recherches, mais il y en avait certainement étant donné la jeunesse de certaines.
Mais celle ci-dessus et ci-dessous semble bien mature avec son thorax et abdomen bien colorés et ses yeux ayant perdu leur coloration laiteuse et indéfinie.

Orthetrum julia femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018
Orthetrum julia femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018

Même en France où nous n’avons que 4 Orthetrum les femelles sont parfois difficiles à identifier; il y en a actuellement 11 recensés en Ethiopie. Et s’il existe un clé d’identification des mâles (1), il n’en existe pas pour les femelles.
Il faut donc se fier aux photos que l’on trouve sur le Web ou dans les documents scientifiques; le mieux est encore de faire corriger sa copie par K-D. Dijkstra, ce qui a été fait ici.
Selon Kirby il mesure entre 39 et 43 mm.

Sur le même lieu j’ai trouvé ces jeunes femelles:

Orthetrum julia, très jeune femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018
Orthetrum julia, très jeune femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018

Il est étonnant de lire dans le document où Kirby a décrit l’espèce (2) qu’il a trouvé les sub adultes ressemblant à Orthetrum sabina… Cela ne m’est vraiment pas venu à l’esprit quand j’ai aperçue cette femelle. Il existe certainement une ressemblance, assez normale de la part de 2 Orthetrum, mais il est vrai que les femelles ont toutes les 2 les appendices anaux clairs et des expansion ventrales sur le 8° segment.

Orthetrum julia, très jeune femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018
Orthetrum julia, très jeune femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018

On décrit 2 sous-espèces qui sont très très proches puisque les genitalia sous le S2 ne montrent pas de différence. L’une, ici présentée, qui occupe approximativement toute l’Afrique sub saharienne sauf l’extrême sud de l’Afrique du sud, l’autre O. julia capicola se limitant au sud de l’Afrique du sud et dont la principale différence est que les immatures ont une teinte rouge vraiment différente et que les ptérostigmas des adultes sont clairs.

Orthetrum julia, très jeune femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018
Orthetrum julia, très jeune femelle, Ethiopie, Yirgalem, 30/10/2018

1 – The Dragonflies and Damselfies of Eastern Africa, K-D. Dijkstra & V. Clausnitzer.
2 – On Odonata of Sierra Leone, Kirby




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Ethiopie – Orthetrum chrysostigma (Burmeister, 1839)

Orthetrum chrysostigma femelle, Ethiopie, Olo Toula, 26/10/2018
Orthetrum chrysostigma femelle, Ethiopie, Olo Toula, 26/10/2018

C’était aussi une femelle que j’avais rencontré en Afrique du sud, mais une très jeune. Celle-ci est bien vieillie, l’abdomen portant un peu de pruine blanchâtre, et ses ailes déchirées qui témoignent que sa vie n’a pas toujours été facile. On reconnait facilement l’unique bande latérale thoracique claire qui permet d’identifier l’espèce.
Les yeux parsemés de pseudo pupilles sont spectaculaires.

Orthetrum chrysostigma femelle, Ethiopie, Olo Toula, 26/10/2018
Orthetrum chrysostigma femelle, Ethiopie, Olo Toula, 26/10/2018

J’ai observé cette unique femelle dans un village Mursi très isolé, une zone semi désertique, à 658 m d’altitude, à une vingtaine de kilomètre de l’Omo, à l’extrême sud-ouest de l’Ethiopie et je n’ai vu aucun point d’eau à proximité.
Orthetrum chrysostigma mesure environ 65 mm. Il est très largement distribué dans toute l’Afrique, et atteint au Nord l’Espagne à l’Ouest et le Moyen-orient… à l’Est.
Il se plait en principe sur les ruisseaux ou les rivières mais quand comme ici, tout est sec, il accepte les eaux stagnantes.




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Ethiopie – Orthetrum sabina mâle

Orthetrum sabina mâle, Ethiopie, Ethiopie, quelque part entre Turmi et l'Omo, 28/10/2019
Orthetrum sabina mâle, Ethiopie, Ethiopie, quelque part entre Turmi et l’Omo, 28/10/2019

Si c’est la première fois que je rencontre Orthetrum sabina en Afrique c’est une espèce très commune en Asie, et je l’ai photographié à de nombreuses reprises, si bien que je ne me suis pas attardé sur ce sujet et que j’ai fait juste une photo-souvenir.
Il mesure environ 50 mm, aime les eaux stagnantes, comme cette flaque au pied d’une petite falaise au milieu de nulle part, entre Turmi et l’Omo, tout au sud de l’Ethiopie près de la frontière du Kenya et du Soudan. En Afrique l’Ethiopie constitue la limite sud de sa répartition qui est immense, puisqu’à travers le Soudan, l’Egypte, la Libye et la Grèce on le rencontre jusqu’au Japon.

Ethiopie – Trithemis kirbyi (Selys, 1891)

Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Ganada (Weito river), 25/10/2018
Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Ganada (Weito river), 25/10/2018

Même s’il appartient à un autre genre, l’espèce avec laquelle on a le plus de risque de le confondre est Brachythemis lacustris, aussi présent en Ethiopie mais que je n’ai pas rencontré. Mais ce dernier exhibe des ptérostigmas bicolores, un abdomen plus large et des yeux bruns, non rouge brillant comme ici.

Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Ganada (Weito river), 25/10/2018
Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Ganada (Weito river), 25/10/2018

Il se différencie aussi de Trithemis arteriosa par l’absence de taches sombres sur les parties latérales des derniers segments abdominaux. Les taches alaires sont aussi mois étendues et la veination moins flamboyante…

Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Ganada (Weito river), 25/10/2018
Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Ganada (Weito river), 25/10/2018

Il mesure en moyenne 33 mm et n’est pas difficile quand à son habitat; que les eaux soient dormantes ou faiblement courantes, que l’habitat soit naturel ou un bassin en béton (comme ici au Rajasthan) ou un abreuvoir il est capable d’accomplir son cycle reproductif sans encombre ce qui explique la facilité avec laquelle il se disperse et est finalement arrivé en France a l’été 2017 (j’ai d’ailleurs eu la chance et le plaisir d’identifier le premier spécimen publié sur le Web) après avoir remonté l’Espagne en une dizaine d’années. Il y a été revu en 2018 sans qu’il y ait de preuves sédentarisation ou de reproduction. A ce sujet lire  » Premières mentions de Trithemis kirbyi (Odonata : Libellulidae) en France « , Martinia, tome 33 (fascicules 1 et 2) : 15- 25.

Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Turmi, 28/10/2018
Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Turmi, 28/10/2018

Son aire de distribution est gigantesque, depuis l’Afrique du Sud jusqu’à la France à l’Ouest(individus observés en 2017 & 2018, pas de preuve d’autochtonie), et à travers le Moyen Orient et l’Inde jusqu’au Myanmar.

Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Sodo, 22/10/2018
Trithemis kirbyi mâle, Ethiopie, Sodo, 22/10/2018

J’ai eu quelques difficultés à identifier les femelles craignant que ce soit une autre espèce de Trithemis car celles que j’ai vues étaient isolées, pas de mâles aux alentours.

Trithemis kirbyi femelle, Ethiopie, Olo Toula, Village Mursi, 26/10/2018
Trithemis kirbyi femelle, Ethiopie, Olo Toula, Village Mursi, 26/10/2018

Connaissant mal les femelles T. kirbyi et annulata j’avais peur de les confondre. Les motifs thoraciques sont cependant bien différents; alors que T. annulata montre des traits épais, très obliques en arrière et dont les sommets se confondent presque en une bande horizontale, les lignes sombres des femelles T. kirbyi sont plus fines, plus verticales, et les 2 plus postérieures se rejoignent en haut.

Trithemis kirbyi femelle, Ethiopie, Olo Toula, Village Mursi, 26/10/2018
Trithemis kirbyi femelle, Ethiopie, Olo Toula, Village Mursi, 26/10/2018

L’abdomen de T. kirbyi est marqué des 2 fortes lignes sombres parallèles peu apparentes sur S4 et S3, alors que l’abdomen de T. annulata n’en montre que sur les premiers segments.
Enfin les pattes de T. annulata sont complètement noires, celles de T. kirbyi montrent plus ou moins de jaune, en particulier sur les tibias, et ne sont jamais totalement noires.

Trithemis kirbyi femelle, Ethiopie, Olo Toula, Village Mursi, 26/10/2018
Trithemis kirbyi femelle, Ethiopie, Olo Toula, Village Mursi, 26/10/2018

J’ai vu finalement pas mal de femelles Libellulidae isolées car par la force des choses, saison sèche oblige, je me suis souvent retrouvé loin de l’eau, là où ces femelles ont enfin la paix et ne sont pas harcelées par les mâles.




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Ethiopie – Pantala flavescens (Fabricius, 1798)

Pantala flavescens mâle, Ethiopie, quelque part entre Turmi et l'Omo, 28/10/2019
Pantala flavescens mâle, Ethiopie, quelque part entre Turmi et l’Omo, 28/10/2019

Partout dans le monde hors Europe (! 1 !), si on fait un peu attention aux odonates, on a de fortes chances de rencontrer Pantala flavescens. Ici c’est dans une zone désertique entre Turmi et les boucles de l’Omo, au pied dune petite falaise, une grande flaque d’une vingtaine de mètres sur 3, reliquat d’une rivière asséchée, certainement affluent de l’Omo à la saison des pluies.

Zone désertique entre Turmi et l'Omo, biotope Pantala flavescens.
Zone désertique entre Turmi et l’Omo, biotope Pantala flavescens.

Durant ce séjour je l’ai aperçu souvent mais jamais posé et rarement dans de bonnes conditions pour faire des photos. Mais ce n’est pas très grave… il m’aura fallu attendre de le rencontrer dans un onzième pays pour pouvoir rapporter un accouplement à peu près correct car ils sont brefs et se déroulent dans les airs.

Pantala flavescens accouplement, Ethiopie, quelque part entre Turmi et l'Omo, 28/10/2019
Pantala flavescens accouplement, Ethiopie, quelque part entre Turmi et l’Omo, 28/10/2019

Ils mesurent un peu plus de 45 mm, se plaisent essentiellement sur les eaux dormantes mais leur faculté de dispersion, leur exceptionnelle aptitude au vol font qu’on peut les rencontrer à peu près partout.

  • !1! Le 17 août 2019 j’apprends que Pantala flavescens a été observé près de Berlin le 6 juillet puis un individu émergent et son exuvie le 17 août 2019. Mieux encore il a été observé le 12 août dans le Gard (France- 30) par Cyril Soustelle. Ceci certainement à la faveur des vagues de chaleurs qui se sont abattues sur l’Europe à cette période.
    Cette observation est donc une inquiétante bonne nouvelle…



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