Comparaison des pronotum des femelles Coenagrion mercuriale et puella

Les femelles des Coenagrion mercuriale et puella sont difficiles à différencier sur photos et il n’y a pas beaucoup de solution pour y parvenir.
On peut écarter l’examen des ptérostigmas beaucoup trop variables (réputés à centre clair pour C. mercuriale, mais on en trouve aussi pour C. puella) et celle de la nervation qui n’est pas plus fiable (nombre de cellules avant la naissance de l’Ir1).
Il faut également oublier le trait coloré entre les taches postoculaires, qui bien que moins fréquent chez C. puella, est néanmoins parfois présent (même si souvent moins marqué).
On peut cependant s’appuyer sur la coloration des tarses quand la photo le permet ; ils sont alternativement sombres et clairs (zébrés) pour C. mercuriale, noirs pour C. puella, mais ils sont souvent difficiles à voir et parfois tachés en particulier chez les femelles qui ont beaucoup pondu.

Comparaison des pronotum de C. mercuriale et C. puella
Comparaison des pronotum de C. mercuriale et C. puella


Le juge-arbitre est le pronotum car faisant partie de l’exosquelette il ne varie pas, mais pas de chance, ils sont relativement voisins entre les 2 espèces et si les différences sont assez évidentes sur une vue dorsale, sur un profil ou un trois-quart l’analyse demande une certaine habitude.

Sur une vue dorsale, le pronotum de C. puella est classiquement décrit « en accolade » centré sur un lobe postérieur complètement aplati. Si pour C. mercuriale ce lobe est à peine plus marqué, le bord postérieur du pronotum, de chaque côté, est complètement rectiligne décrivant une … mouette.

Comparaison des pronotum de Coenagrion puella et mercuriale femelles
Comparaison des pronotum de Coenagrion puella et mercuriale femelles

L’idéal serait de pouvoir montrer des photos de profil strict, des vues postérieures ou de 3/4 prises depuis la même exacte incidence. Malheureusement je n’ai pas ces photos, et une faible différence d’incidence fausserait la démonstration ; à chacun d’expérimenter 🙂

Pronotum des Coenagrion puella et mercuriale femelles
Pronotum des Coenagrion puella et mercuriale femelles



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Coenagrion mercuriale: curiosité

Coenagrion mercuriale mâle atypique, Avallon (France - 89), 17/07/2020
Coenagrion mercuriale mâle atypique, Avallon (France – 89), 17/07/2020

Le 17 juillet 2020 je me suis rendu sur le ruisseau de Grenouille, près d’Avallon, pour y découvrir Coenagrion ornatum. Le temps est vraiment moyen, alternance de nuages et de rares éclaircies, alors qu’il a plut dans la nuit.
Je n’ai jamais vu Coenagrion ornatum, je sais qu’il ressemble et partage le biotope de C. mercuriale, aussi quand j’ai aperçu ce sujet mon cœur s’est accéléré.

Coenagrion mercuriale mâle atypique, Avallon (France - 89), 17/07/2020
Coenagrion mercuriale mâle atypique, Avallon (France – 89), 17/07/2020

Les taches postoculaires sont noircies, les bandes antéhumérales sont assombries comme un C. pulchellum, le S2 (deuxième segment abdominal) ne ressemble … à rien et les segments abdominaux sont également noircis de traces inhabituelles.

Coenagrion mercuriale mâle atypique, Avallon (France - 89), 17/07/2020
Coenagrion mercuriale mâle atypique, Avallon (France – 89), 17/07/2020

Mais quand un nuage épais m’a permis de regarder correctement mon écran j’ai vérifié le pronotum et … malheureusement je le connais bien, c’est celui d’un mâle Coenagrion mercuriale. Les appendices anaux viennent confirmer l’identification; les cerques et cercoïdes sont à peu près de même longueur alors que les cercoïdes de C. ornatum sont très très courts…
On note que le classique symbole de mercure, sur le S2, est brisé.
Il s’agit donc simplement d’un mâle Coenagrion mercuriale inhabituellement sombre.


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