Ischnura pumilio mâle 3/3

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Quelle est la cause de « l’énervement » de cet Ischnura pumilio? Difficile de le dire d’autant qu’il est apparemment absolument seul ce 6 septembre 2009, à Beaupréau à se promener sur ce bassin de rétention que j’ai exploré dans tous les sens afin de trouver ses compagnons. Aucun !
On en reste toujours aux mêmes suppositions, toutes plus ou moins anthropomorphistes ; se faire remarquer par les femelles ou repousser les autres mâles… ? Quoiqu’une séance de gymnastique soit tout aussi plausible.



Pyrrhosoma nymphula : repas 3/3

Pyrrhosoma nymphula mâle dégustant Adela australis, Beaupréau (France-49), 16/05/2010
Pyrrhosoma nymphula mâle dégustant Adela australis, Beaupréau (France-49), 16/05/2010

J’ai surpris cette Petite Nymphe près de la rivière l’Evre qui serpente dans ma commune. J’ai tout de suite été surpris par la longueur des antennes de la proie, malgré sa toute petite taille.
Heureusement au cours du repas la proie a rapidement pivoté et j’ai pu apercevoir le motif caractéristique de ses ailes : Adela australis. Un tout petit repas pour Pyrrhosoma nymphula, à peine un en-cas.

Pyrrhosoma nymphula mâle dégustant Adela australis, Beaupréau (France-49), 16/05/2010
Pyrrhosoma nymphula mâle dégustant Adela australis, Beaupréau (France-49), 16/05/2010


Coenagrion puella : prise du mâle

Coenagrion puella, prise du mâle, la Romagne (France-49), 17/05/2014
Coenagrion puella, prise du mâle, la Romagne (France-49), 17/05/2014

L’accouplement de Coenagrion puella ne montre pas de particularité si ce n’est que les cercoïdes, appendices anaux supérieurs, sont très courts et ne se voient pas sur ces photos. Même s’ils sont très peu saillants à l’extrémité de l’abdomen, ils viennent se glisser sous le rebord postérieur du pronotum.

Coenagrion puella, prise du mâle, la Romagne (France-49), 17/05/2014
Coenagrion puella, prise du mâle, la Romagne (France-49), 17/05/2014

Quant aux cerques qui sont apparents sous la forme de ce petit appendice bleu clair ils prennent un contre-appui sur la partie antérieure du pronotum.


Erythromma najas : parasitisme

Erythromma najas femelle, Lac de Bourdouze (France-63), 22/07/2017

Les odonates sont communément parasités par des hydracariens (acariens qui passent au moins une partie de leur vie dans l’eau), plus rarement par des diptères. On observe les premiers attachés au thorax, à l’abdomen ou aux ailes et ils appartiennent presque toujours au genre Arrenurus.

Erythromma najas mâle, Gennes sur Loire (France-49), 26/05/2012
Erythromma najas mâle, Gennes sur Loire (France-49), 26/05/2012

Les larves de ces ectoparasites se fixent sur les larves d’odonates à leur dernier stade alors qu’elles sont encore dans l’eau, venant très souvent s’abriter sous les fourreaux alaires. Ils sont alors en attente de l’émergence, pas encore réellement parasites.

Erythromma najas mâle parasité, Gennes sur Loire (France-49), 26/05/2012
Erythromma najas mâle parasité, Gennes sur Loire (France-49), 26/05/2012

Lors de l’émergence, dès que la face dorsale de la larve d’odonate apparaît hors de l’exuvie, elles quittent leur abri pour venir se fixer sur le thorax ou/et l’abdomen et devenir parasites se nourrissant de l’hémolymphe de leur hôte après avoir perforé la cuticule encore tendre grâce à un tube qu’elles sécrètent.

Erythromma najas mâle, Gennes sur Loire (France-49), 26/05/2012
Erythromma najas mâle, Gennes sur Loire (France-49), 26/05/2012

Lorsqu’elles sont gavées d’hémolymphe elles apparaissent sous forme de petites sphères aplaties de couleur verdâtre ou marron (ou rouge pour A. papillator) ; cette teinte leur est donnée par la coloration du caecum (intestin) tandis que la ligne claire que l’on voit très bien ci-dessus correspond à leur organe excréteur (uropore).
Devenus larves matures elles quitteront leur hôte lors d’une ponte (puisque dans la plupart des cas le mâle accompagne la femelle) et retourneront à l’eau pour poursuivre leur cycle de développement. Il est d’ailleurs remarquable que les études montrent que les femelles odonates sont plus souvent infestées que les mâles, celles-ci retournant plus souvent, plus longtemps à l’eau à l’occasion des pontes (2).

Cette dépendance à l’eau des hydracariens implique qu’en fonction de l’écologie spécifique des odonates on ne retrouvera pas les même espèces d’Arrenurus sur toutes les libellules. Le cas d’Arrenurus papillator en est un bon exemple ; capable de supporter dessication et diapause, c’est le parasite qui s’intéresse plus spécifiquement aux odonates qui pondent parfois hors de l’eau, dans des zones exondées, mais qui reviendront en eau à l’automne, comme les Sympetrum.
Cet Arrenurus papillator infeste communément les Lestes (L.macrostigma, L. barbarus, L. sponsa, L. dryas) qui, eux aussi, pondent hors de l’eau dans les tiges des végétaux ou sous les écorces.
La niche écologique de ce parasite se situe dans les eaux stagnantes temporaires ou vivent les larves de Lestes et de Sympetrum.

Erythromma najas mâle immature, Gennes sur Loire (France-49), 03/05/2012
Erythromma najas mâle immature, Gennes sur Loire (France-49), 03/05/2012

J’avais toujours fait l’erreur de croire que les odonates étaient infestés par des hydracariens adultes aussi quand j’ai fait les photos ci-dessous je n’ai pas compris qu’il s’agissait d’hydracariens ; en effet, et on le voit beaucoup mieux sur la dernière photo, ces parasites à la tête apparemment bien différenciée n’ont que 3 pattes et ils ne me semblaient donc pas pouvoir appartenir aux acariens qui sont hexapodes et de forme grossièrement sphérique !

Erythromma najas mâle émergent, Gennes sur Loire (France-49), 03/05/2012
Erythromma najas mâle émergent, Gennes sur Loire (France-49), 03/05/2012

Mais au stade larvaire ces Arrenurus (environ 0.25 mm) ne comptent que 3 paires de pattes et ce n’est qu’après leur retour à l’eau, après une dernière nymphose, qui altérera considérablement leur morphologie, que les nymphes ont 8 pattes.

Enfin, on ne rencontre jamais de parasites du genre Arrenurus sur les odonates vieillissant et il semble que les larves atteignent leur maturité à peu près au moment où les odonates commencent à s’accoupler : qui dit accouplement dit proximité de l’eau et ponte, et c’est l’occasion pour les larves des parasites de retourner à l’eau.


-(1)-Contribution à l’étude des Arrenuridae (Acari, Hydrachnellae) de France, par France Cassagne-Méjean, Acarologia
-(2)- Phoresy and parasitism : water mite larvae of the genus Arrenurus (Acari ; Hydrachnidia) on Odonata from Lake Binowskie (NW Poland), Andrzej Zawal, Biological lett. 2006, 43(2) : 257-276



Pyrrhosoma nymphula : accouplement et ponte

Comme tous les ans de nombreux Pyrrhosoma nymphula émergent de mon bassin; il est donc naturel que j’assiste de temps en temps à des accouplements dans les plantes qui le bordent.
Celui-ci s’est déroulé le 18 mai 2011.

Le 22 mai 2012 après un début de mois pourri, c’est la première ponte à laquelle j’assiste sur ma petite mare. Après plusieurs jours de pluie, enfin du soleil et malgré le vent frais plusieurs couples profitent du soleil qui arrive sur ma mare vers 12 heures.
Ce nénuphar nain a toujours plût aux P. nymphula et les femelles s’ingénient à insérer leurs œufs dans le tissu du végétal à l’aide de leur ovipositeur, en s’immergeant plus ou moins profondément, toujours avec la complicité du mâle.

Cette ponte qui fait suite à la précédente est très statique; on constate seulement de petits mouvements de l’abdomen de la femelle qui cherche, sous l’eau, et surtout sans rien voir, la meilleure position pour implanter ses oeufs, ou son œuf, puisqu’ils sont pondus et placé un par un.
Beaupréau, le 22 mai 2012.