
Les Philoganga comme ici Philoganga vetusta se promènent entre les familles depuis quelque temps ; ils n’appartiennent plus à la famille des Diphlebiidae qui a disparu, mais à celle des Philogangidae. Il a été décrit par Ris, 1912 (1) à partir d’un sujet de l’actuelle province de Guangdong (Canton) et on considère actuellement que sa distribution géographique comprend le sud de la Chine et le Vietnam du Nord.
IUCN Red List

Il se plaît dans les ruisseaux et rivières des forêts de basse montagne, comme ici dans le parc de Xuan Son, le 8 juin 2018.
Il mesure environ 70 mm, avec un abdomen de 56 mm et une aile postérieure de 52 mm.
On note la pruinosité à la base de l’abdomen et sur le thorax qui parvient à masquer la coloration jaune des vieux sujets, comme sur la photo ci-dessous.

La femelle, avec son abdomen épais et son énorme appareil de ponte, apparaît encore plus impressionnante et robuste que le mâle.

Il ne faut pas oublier qu’ils appartiennent aux zygoptères, au même titre que les Agriocnemis par exemple, qui eux, mesurent à peine plus de 20 mm ! Mais encore une exception à la règle, ce sont des zygoptères qui se posent avec les ailes ouvertes.
Ils sont dotés d’un nom vernaculaire anglais qui souligne leur caractère massif de leur habitus, Ochre titan.

Étymologie
Philoganga, du grec philo, ami, qui aime et des langues indiennes Ganga pour Gange (le fleuve). Car, à l’époque de Kirby qui a créé le genre en 1890, les spécimens provenaient principalement des régions montagneuses du nord de l’Inde (Himalaya), là où le Gange prend sa source. Ce qui est plus poétique que géographiquement exact, puisque le spécimen de la collection Selys [ P. montana, espèce type du genre] provient sans doute de Darjeeling, nettement plus à l’ouest. Le spécimen décrit par Navas rompt le lien avec les sources du Gange, puisqu’il provient de la province chinoise du Guangdong.
Vetusta, du latin vetustus qui signifie très ancien, archaïque. Avant de décrire l’espèce nouvelle, Ris rédige un assez long commentaire à propos des Philoganga dans lequel il écrit : » Schon ihr groteskes Aussehen lenkt zwingend die Gedanken auf versunkene Welten, und der Adorbau ist von einer unter den lebenden Odonaten kaum noch übertroffenen Primitivität. ». Soit : « Son aspect grotesque à lui seul force l’esprit à se tourner vers des mondes engloutis, et la nervation alaire est d’une primitivité à peine surpassée parmi les odonates actuels.« .
1- Ris P., Neue Libellen von Formosa, Südchina, Tonkin und den Philippinen. Supplementa Entomologica(1): p 47.