Diplacodes nebulosa (Fabricius, 1793)

Diplacodes nebulosa mâle, Australie (NT), Jabiru Lake, 28/04/2022
Diplacodes nebulosa mâle, Australie (NT), Jabiru Lake, 28/04/2022

J’avais déjà rencontré brièvement Diplacodes nebulosa au Laos et au Cambodge il y a quelques années. Nous avons vu ici relativement peu de sujets, difficiles à approcher, uniquement dans le nord de notre zone de prospection.
Les sujets matures sont difficiles à confondre avec un autre odonate avec leurs taches alaires apicales brun foncé, la coloration bleu sombre, presque noire de leur thorax et de leur abdomen.

Mais la coloration alaire semble apparaître très tôt, et les sujets ci-dessous, manifestement jeunes, ont déjà des apex alaires fortement ambrés, alors que la pruinosité bleue n’a pas encore fait son apparition. On note les marques claires, grossièrement triangulaires à base antérieure, qui persistent sur le sujet âgé. Par contre, le motif assez particulier sur le thorax disparaîtra complètement.

Les appendices anaux sont blancs, alors que chez les sujets vraiment matures, ils se couvrent également de pruine (2 premières photos).
Je trouve amusante la photo de droite ci-dessous : c’est certainement le plus jeune de ceux que j’ai photographiés, comme le montre la transparence des taches alaires, mais le plus remarquable est sa tête. Même s’ils ont effectivement une grosse tête, l’angle de prise de vue lui donne un aspect de nain macrocéphale !
Noter aussi la nervation très fine et délicate.

Les femelles sont comme presque toujours très proches des mâles immatures ; il faut noter que comme les mâles, elles montrent une coloration alaire apicale brune. Cette similitude de coloration est loin d’être la règle chez les odonates.
L’espèce est très largement répandue de l’Inde au sud de la Chine jusqu’au nord l’Australie.
On la rencontre sur les marais, mares, étangs et fossés.

Diplacodes nebulosa femelle, Australie (NT), Jabiru, Mamukala Wetlands, 02/05/2022
Diplacodes nebulosa femelle, Australie (NT), Jabiru, Mamukala Wetlands, 02/05/2022

Pour Diplacodes, il n’y a pas d’explication dans la description originale du genre ; du grec diplax « double », et odes « semblable à ». Peut-être en référence au prothorax bilobé du Sympetrum, car diplax a longtemps été utilisé comme synonyme de Sympetrum. Et Kirby qui a créé le genre trouvait sans doute que les odonates de ce genre ressemblaient aux Diplax de l’époque, c’est-à-dire à nos Sympetrum (ils ont le même nombre d’anténodales), qui est surtout vrai pour les Diplacodes rouges…
Nebulosa, du latin nebulosus, « où il y a du brouillard » ou « comme un nuage », pour évoquer l’aspect nébuleux de la tache alaire, comme on le voit bien ci-dessous à droite.

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