Diplacodes haematodes (Burmeister, 1839)

Diplacodes haematodes mâle, Australie (NT), Mataranka, 17/04/2022
Diplacodes haematodes mâle, Australie (NT), Mataranka, 17/04/2022

Diplacodes haematodes, le Scarlet percher, est un des Libellulidae que nous avons rencontré le plus souvent, moins tout de même que l’omniprésent Neurothemis stigmatizans ou que l’Orthetrum caledonicum.
Le mâle est spectaculairement rouge, de la tête à la queue et aux pieds, et dépourvu de marque noire sur l’abdomen. Comme Diplacodes bipunctata, il montre un point noir au-dessus du métastigmate thoracique et ceci sépare ces 2 espèces des 3 autres présentent en Australie, D. melanopsis, nebulosa et trivialis

Il est petit, de l’ordre de 35 mm (soit pour les Européens à peine plus grand qu’un Ischnura elegans) mais voyant, même s’il a la réputation justifiée d’être difficile à approcher, et je n’ai d’ailleurs fait aucun gros-plan.
Il aime se poser sur les rochers, ce que ne laissent pas forcément penser mes photos, et manifeste par son comportement son appétence pour le soleil et la chaleur.

Son aspect global, avec en plus cette large zone ambrée à la base des ailes postérieures, pourrait le faire ressembler à un de nos Crocothemis rouges, mais… il n’y a en Australie que Crocothemis nigrifrons, qui est bleu !

Il n’est pas difficile à approcher pour tout le monde et ci-dessous cette Argiope radon a bien réussi à capturer un mâle pour en faire son repas ; nombre de ruisseaux étaient barrés de très larges toiles d’araignées, obligeant à faire des détours prudents. Ces toiles appartenaient souvent à la très commune et très spectaculaire Nephila pilipes qui peut atteindre 20 cm d’envergure et dont les toiles peuvent mesurer jusqu’à 1 m de diamètre. Quand plusieurs sont proches ou alignées, il ne reste fréquemment plus de place dans le ruisseau pour l’explorateur.

Près du Southern Rockhole dont nous avons apprécié la fraîcheur des eaux, j’ai surpris ces 2 femelles ; leurs couleurs sont moins vibrantes, mais pour séduire, elles se parent de larges taches ambrées près de l’apex alaire. Elles ont aussi un point noir thoracique et leur abdomen est marqué d’une ligne noire latérale.

S’il est si communément répandu, c’est aussi qu’il accepte toute sorte de milieu, mares, étangs, lacs, ruisseaux et rivières.
On le rencontre dans toute l’Australie, sauf en Tasmanie, et aussi en Nouvelle-Guinée et en Nouvelle-Calédonie.

Pour Diplacodes, il n’y a pas d’explication dans la description originale du genre ; du grec diplax « double », et odes « semblable à ». Peut-être référence au prothorax bilobé du Sympetrum, car diplax a longtemps été utilisé comme synonyme de Sympetrum. Et Kirby qui a créé le genre trouvait sans doute que les odonates de ce genre ressemblaient aux Diplax de l’époque, c’est-à-dire à nos Sympetrum (ils ont le même nombre d’anténodales).
Haematodes vient d’un ancien adjectif grec signifiant « qui ressemble au sang« , et oui, ce Diplacodes est bien rouge sang (1).

Diplacodes haematodes femelle, Australie (WA), the Grotto, 23/04/2022
Diplacodes haematodes femelle, Australie (WA), the Grotto, 23/04/2022

-1- The Naming of Australia’s Dragonflies, Ian Endersby & Heinrich Fliedner, Busybird Publishing 2015

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