Gynacantha dobsoni (Fraser, 1951)

Gynacantha dobsoni mâle, Australie (NT), Howard Springs, 16/04/2022
Gynacantha dobsoni mâle, Australie (NT), Howard Springs, 16/04/2022

Si nous avons rencontré 9 fois cet Aeshnidae durant notre séjour, c’est toujours par la présence d’un seul individu en même temps, et étonnamment, je n’ai vu que ce mâle, toutes les autres rencontres étaient des femelles. Si je mentionne cette notion de nombre, c’est que nous avons eu des rencontres mémorables avec son cousin très commun, G. nourlangie, avec parfois 7 ou 8 individus en même temps dans des espaces restreints.

Gynacantha dobsoni mâle, Australie (NT), Howard Springs, 16/04/2022
Gynacantha dobsoni mâle, Australie (NT), Howard Springs, 16/04/2022

Il n’y a d’ailleurs que ces 2 espèces de Gynacantha dans le Territoire du Nord ; ils sont difficiles à confondre, car s’ils ont tous les 2 la taille fine, le S3 étranglé, leur coloration diffère totalement. G. dobsoni arbore des yeux verts, un abdomen brun très sombre avec des points jaunes pairs, tandis que G. nourlangie est globalement terne (comme la plupart des espèces du genre), l’abdomen avec des anneaux jaunes, avec des yeux marron très clairs ou beiges.

Mâles et femelles sont actives au crépuscule, comme de nombreux Aeshnidae. Cela leur vaut d’ailleurs le nom de duskhawker en anglais.
Ils aiment donc se poser à l’ombre, et en hauteur, en forêt, ce qui rend les photos difficiles…
La contrepartie est qu’ils sont les seuls à voler tard, à chasser, dans des espaces découverts comme des prairies ou des allées entourées d’arbres et qu’en se postant au bon endroit, on peut parfois les capturer, pour assurer leur identification.

On remarque les splendides appendices anaux de la femelle, une spécificité des femelles Gynacantha ; ils sont au moins aussi longs que les 3 derniers segments abdominaux. On observe également les palpes, ces 2 petits filaments clairs, à la limite du 8° et 9° segment. Ce sont des organes sensitifs qui permettent à la femelle de vérifier le si le substrat qu’elle teste est adapté à recevoir ses œufs et sans doute à assurer le bon déroulement de cette ponte.

Gynacantha dobsoni femelle, Australie (NT), Lietchfield Campsite, 14/04/22
Gynacantha dobsoni femelle, Australie (NT), Lietchfield Campsite, 14/04/22

Le point noir que l’on observe sur la face latérale de leur thorax semble commun au Gynacantha australiens.
On note également la similitude positions adoptées pour se reposer, presque toujours verticales.

Il est endémique d’Australie et se limite au nord du Territoire du Nord et du Queensland.

Le terme Gynacantha a été créé par Rambur à partir de 2 mots grecs : Gyna pour femelle et canta pour épine, car les femelles de ce genre portent 2 épines sous le 10° segment. On ne les voit malheureusement pas sur ma photo, la face inférieure du 10° segment semble couvert d’un dépôt, sans doute un substrat de ponte.
Dobsoni est un hommage à Mr Roderick Dobson de Sydney qui a capturé l’espèce (1).

Gynacantha dobsoni femelle, Australie (NT), Florence Falls, 16/04/2022
Gynacantha dobsoni femelle, Australie (NT), Florence Falls, 16/04/2022

Sur cette dernière photo, on remarque la forme de la base des ailes postérieures des femelles ; elles sont arrondies et c’est à comparer avec celles des mâles (première photo) où elles forment un angle très net ; c’est peut-être en rapport avec les auricules qu’ils portent sur le 2° segment. Ce qui soulève la question du rôle des auricules, question actuellement sans réponse…

-1- The Naming of Australia’s Dragonflies, Ian Endersby & Heinrich Fliedner, Busybird Publishing 2015

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