Anax papuensis (Burmeister, 1839)

Anax papuensis mâle, Australie (NT), Marlgu Billabong (Wyndham), 23/04/2022
Anax papuensis mâle, Australie (NT), Marlgu Billabong (Wyndham), 23/04/2022

Nous avons aperçu cet Anax papuensis 8 fois sur les 23 jours de prospection, mais bien sûr, jamais posé.
Cela suffit pourtant pour constater une singularité de ce genre, l’absence d’angle anal, présent pour de nombreux Aeshnidae ; la base postérieure de l’aile est arrondie, sans encoche, et l’abdomen sans auricule, ce qui montre sans doute le lien entre ces 2 détails structuraux. One ne peut donc pas, comme pour Gynacantha nourlangie, par exemple, utiliser la forme de l’aile postérieure pour différencier les sexes.

Après avoir fait un crochet par les Heminanax (il s’est aussi appelé Anax congener, Aeshna papuensis), comme notre ephippiger, il a intégré à son tour les Anax.
Cela surprend souvent les amateurs, mais la classification des Odonates est loin d’être gravée dans le marbre…

Anax papuensis mâle, Australie (NT), Southern Rockhole Trail (Nitmiluk), 19/04/2022
Anax papuensis mâle, Australie (NT), Southern Rockhole Trail (Nitmiluk), 19/04/20

Par sa coloration jaune ou brune pour le thorax, il se différencie facilement des 2 autres Anax présents dans la région dont le thorax est vert avec au moins la partie dorsale du 2° segment bleue, voir partiellement celle du 3° segment.
Il mesure environ 7 cm, il aime les grandes pièces d’eau avec une végétation haute sur les rives.
Il est commun dans toute l’Australie, mais on le rencontre aussi en Papouasie Nouvelle-Guinée, en Nouvelle-Calédonie et l’est de l’Indonésie. C’est un migrateur qui peut s’éloigner très loin de son lieu de naissance (comme A. ephippiger).

Anax papuensis mâle, Australie (NT), Marigu Billabong (Wyndham), 23/04/2022
Anax papuensis mâle, Australie (NT), Marlgu Billabong (Wyndham), 23/04/2022

Cet Anax a fait l’objet d’une étude assez extraordinaire : Motion camouflage in dragonflies (2) qui montre comment un sujet parvient à sembler immobile, au moins un certain temps, alors qu’il chasse un concurrent de son territoire ou qu’il fonce vers une proie. Cela ne peut être réalisé que si le prédateur bouge d’une façon à produire la même image sur la rétine de sa proie que le ferait un objet fixe de l’environnement. Une question d’angle d’approche, angle qui doit être adapté en permanence, en temps réel, aux mouvements de la proie, mais comment les odonates parviennent-ils à le faire avec une telle finesse reste à explorer.

Grâce à Ian Endersby, un peu d’étymologie :
– Anax vient d’un mot grec signifiant roi, souverain et est attribué au caractère dominant que suggèrent sa grande taille et son comportement.
papuensis, de Papua (Papouasie) + ensis un suffixe indiquant la place d’origine ou l’habitat. L’auteur relève que c’est un abus de language, dans un langage plus direct une erreur d’étiquette, car l’espèce décrite n’avait certainement pas été prise en Papouasie.

-1- The Naming of Australia’s Dragonflies, Ian Endersby & Heinrich Fliedner, Busybird Publishing 2015

-2- Mizutani, A., Chahl, J. & Srinivasan, M. Motion camouflage in dragonflies. Nature 423, 604 (2003). https://doi.org/10.1038/423604a

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