Pérou – Erythemis peruviana (Rambur, 1842)

Erythemis peruviana mâle, Tabano Lake (Chino), 23/08/24
Erythemis peruviana mâle, Tabano Lake (Chino), 23/08/24

Il aurait été dommage de prospecter au Pérou sans rencontrer Erythemis peruviana ! Je l’ai rencontré dès mon arrivée, autour du lodge situé sur la Tahuayo River, et à vrai dire, j’y ai peu prêté attention, pour l’avoir déjà rencontré plusieurs fois en Amérique Centrale et en Amérique du Sud : Panama, Costa Rica, Colombie, ou Brésil, où l’on trouvera de nombreuses photos.

Les mâles matures ne posent pas de problème d’identification tellement ils sont particuliers avec leur thorax bleu sombre couvert de pruine, les deux premiers segments de la même couleur et le reste rouge vif. On peut éventuellement le confondre avec Planiplax phoenicura, mais ce dernier a un abdomen entièrement rouge et des taches alaires basales ambrées.

Erythemis peruviana mâle, Cocha Trabix (lake), 13/08/2024
Erythemis peruviana mâle, Cocha Trabix (lake), 13/08/2024

Il mesure environ 40 mm avec une aile postérieure de 30 mm.
On le rencontre sur les étangs, les mares et les marais et il prend d’ailleurs le nom de Flame-tailed Pondhawk en anglais.

Les immatures mâles et les femelles ne sont pas difficiles non plus à séparer des autres Libellulidae en raison d’une bande claire qui parcourt la face dorsale de leur thorax et s’étend entre les ailes.
Quand on est novice en matière de libellules, il est difficile de penser qu’il s’agit de la même espèce tellement la maturation de la coloration apporte des changements radicaux.

Sa distribution est très étendue puisqu’on le rencontre depuis le sud du Texas jusqu’en Argentine, à travers toute l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud.
IUCN Red List

Les femelles sont donc très différentes et on retrouve cette large bande claire dorsale thoracique qui se prolonge entre les ailes et même légèrement sur les premiers segments abdominaux.

Erythemis peruviana femelle, Cocha Trabix (lake), 13/08/2024
Erythemis peruviana femelle, Cocha Trabix (lake), 13/08/2024

Erythemis (Hagen, 1861) (2) du grec e̍rythrós, rouge et de Themis. Il faut supposer que si Hagen a choisi Themis, – déesse grecque de l’ordre et de la justice, c’est à la fois pour respecter la « mode » qui consistait à donner un nom en rapport avec la mythologie, très en vogue à cette époque, et parce qu’elle est particulièrement bien adaptée à la taxonomie, science qui vise à décrire et ordonner et classer les familles, genres et espèces. Quant au qualificatif « rouge », il s’explique par le fait que Hagen a inclus dans ce nouveau genre trois espèces dont l’abdomen des mâles est rouge ou ferrugineux.
Rambur (1) avait décrit l’espèce sous le nom de Libellula peruviana.
Peruviana, du latin moderne –peruvianus, qui signifie « du Pérou« , le sujet décrit par Rambur (1) provenant, selon son étiquette, de ce pays : « Décrite d’après un individu mâle en mauvais état de la collection du général Dejean, étiqueté du Pérou par Latreille. »

1- M. P. Rambur, Histoire Naturelle des Insectes Névroptères, 1842, p 81.

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