
Periaeschna magdalena a été décrit par René Martin en 1909 dans Collections zoologiques de Edmond de Selys Lonchamps, Aeschnines (1). Mais, il s’agissait d’un sujet de sa propre collection qu’il avait capturé justement au Tonkin, et comme moi 😉, il n’avait vu qu’une femelle. Celle-ci a été capturée à Pia Oac, en forêt à 1315 m d’altitude.
Elle mesure 67 mm, 52 mm pour l’abdomen et 44 pour l’aile postérieure. Comme toutes les femelles Periaeschna, elle montre un appendice fourchu, ou bifide sous le 10ᵉ segment abdominal qu’on voit très bien en cliquant sur la photo ; j’en ignore la fonction, s’il en a une ; peut-être double-t-il le stylet sous S9 qui sert à palper le substrat de ponte, ou a-t-il une fonction particulière pendant l’accouplement.
On le rencontre dans le grand sud de la Chine (Fujian, Guangxi, Hainan, Hubei, Jiangsu, Sichuan, Zhejiang), à Taïwan, et au Vietnam, mais les citations dans l’extrême est de l’Inde, au Meghalaya, seraient à prendre avec précaution.
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Étymologie
Periaeschna (Martin, 1909), du grec peri, pour autour, qui induit, en préfixe, une notion de proximité avec ce qui suit, dans notre cas une parenté avec les autres Aeshnidae. Aeschna est un cas particulier dans l’étymologie des noms d’odonates. Il est ici écrit dans sa version corrigée, et on a en Europe, l’habitude de l’écrire sans « c », la version de Fabricius (1775) qui a créé le nom de genre Aeshna.
On suppose, car il ne l’a pas précisé, que Fabricius a formé ce nom depuis un mot grec signifiant défigurer ou ternir (pourquoi, c’est une autre énigme ?) ; mais Fabricius est un puriste et on ne peut expliquer cette absence de « c » que par une erreur de transcription ou une erreur typographique.
L’absence de ce « c » n’est restée la norme que pour le genre Aeshna et tous les « composés » l’ont intégré.
Magdalena ; Martin ne donne aucune indication et on ne peut faire que des suppositions. C’est soit un hommage (latinisé) à une de ses connaissances, soit il s’est conformé à l’habitude de l’époque de donner des noms de personnages historiques ou mythologiques, peut-être Sainte Madeleine en l’occurrence.
1-Martin, René. 1908 Aeschnines Collections zoologiques du Baron Edmond de Selys Longchamps. Catalogue systématique et descriptif 18: 1–84; Pls. 1–2.