Ghana – Hadrothemis camarensis (Kirby, 1889)

Hadrothemis camarensis mâle, Ghana, Ankasa Forest Reserve, 16/01/2026
Hadrothemis camarensis mâle, Ghana, Ankasa Forest Reserve, 16/01/2026

Hadrothemis camarensis, Libellulidae, a été décrit par Kirby (1889) sous le nom de Orthetrum camarense et c’est Karsch (1891) qui lui fait intégrer son nouveau genre Hadrothemis qu’il crée à cette occasion.
Il est à noter que Karsch, dans le même ouvrage, juste après la redescription de Hadrothemis camarensis, crée le nouveau genre Archiclops pour une nouvelle espèce, Archiclops infestus, qui à son tour rejoindra les Hadrothemis avec Fraser (1951) sous le nom de Hadrothemis infesta ! Si on en doutait, la taxonomie africaine est très mouvante et très complexe pour des genres proches.

Hadrothemis camarensis mâle, Ghana, Ankasa Forest Reserve, 16/01/2026
Hadrothemis camarensis mâle, Ghana, Ankasa Forest Reserve, 16/01/2026

Je n’ai malheureusement que les deux photos ci-dessus du seul mâle que nous avons rencontré le long d’un chemin de débardage, ce qui ne permet pas de bien voir la face dorsale de son thorax qui présente deux larges bandes blanches ; Kirby l’a pourtant trouvé proche de Orthetrum albistylum (Allied to O. albistyla, Selys…) signalant qu’il s’en distingue par les ailes sombres (légèrement ambrées à la base et enfumées à l’apex) et les appendices anaux noirs. Ces détails, et la pruinosité abdominale limitée à sa « selle » blanche, font qu’il est impossible à confondre avec un autre Libellulidae.

Selon Kirby le mâle mesure 49 mm, pour Legrand (2003) 47 mm, pour Karsch 50 mm et la femelle 51 mm.

Hadrothemis camarensis est lié à la forêt car les femelles, hautement spécialisées, sont les seules connues en Afrique pour pondre dans les phytotelmes, en particulier dans les trous d’eau des arbres (jusqu’à plus de 22 m de hauteur), avec peut-être H. vrijdaghi et H. scabrifrons (Copeland, Okeka & Corbet, 1996).
C’est pour cette raison que les anglo-saxons lui donnent le nom de Tree-hole Jungle-smimmer. Mais pour sa selle blanche ils l’appellent aussi Saddle Jungleskimmer.

Hadrothemis camarensis femelle, Ghana, Bobiri Forest Reserve, 22/01/2026
Hadrothemis camarensis femelle, Ghana, Bobiri Forest Reserve, 22/01/2026

Sa distribution s’étend de la Guinée et de la Côte d’Ivoire au Kenya, au sud, elle atteint l’Angola.
IUCN Red List.

Étymologie Hadrothemis camarensis
Hadrothemis, du grec hadros qui signifie fort, robuste, bien développé et de Themis, déesse grecque de l’ordre et de la justice, qui a été utilisé de nombreuses fois depuis Hagen (1861). Le nom de la déesse de l’ordre est particulièrement bien adapté à la taxonomie, science qui vise à décrire et ordonner les familles, genres et espèces. Ce –themis est en fait devenu un signal d’appartenance aux Libellulidae. Karsch, décrivant le genre Hadrothemis écrit : « Kurz, plump and dick – Court, lourd et épais », qui se rapporte à son thorax massif.
Camarensis signifie qui provient du Cameroun. Historiquement, le terme Cameroun est issu de la Rivière des Crevettes, Rio dos Camarões en Portuguais, appelée Wouri par les autochtones. Les noms scientifiques ont conservé le préfixe camar, auquel est ajouté le suffixe –ensis pour indiquer la provenance. Et bien sûr, Kirby mentionne « Hab. Cameroons » [pour habitat Cameroun].

Robert S. Copeland, Wilberforce Okeka & Philip S. Corbet, 1996 – Treeholes as larval habitat of the dragonfly Hadrothemis camarensis (Odonata: Libellulidae) in Kakamega forest, Kenya, Aquatic Insects: International Journal of Freshwater Entomology, 18:3, 129-147
Fraser, 1951 – Notes on Odonata in the Museum National d’Histoire Naturelle – Revue Française d’Entomologie (Tome 18, Fascicule 2, pp. 93-101).
Karsch, 1891 – Übersicht der von Herrn Dr. Paul Preuss in Deutsch-Westafrika 1890 gesammelten Odonaten. Entomologische Nachrichten, (Vol. 17, Issue 5, 65–81), p. 77.
Kirby, 1889 – Kirby, W. F. (1889). Descriptions of new genera and species of Odonata in the collection of the British Museum, chiefly from AfricaProceedings of the Zoological Society of London1889, 297–303, p. 298.
Legrand, 2003Les Odonates du Nimba et de sa région in LAMOTTE M. & ROY R. (eds), Le peuplement animal du mont Nimba (Guinée, Côte d’Ivoire, Liberia). Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle 190 : 231-310, p. 281.

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