
Elattoneura villiersi appartient aux Platycnemididae et fait partie d’un genre que l’on rencontre en Afrique pour une trentaine d’espèces, et en Asie ; pour l’instant, car ces espèces que j’ai rencontrées, par exemple à Bornéo, font très certainement partie d’un autre genre.
Nous avons photographié les quatre espèces connues au Ghana, mais Elattoneura villiersi montre des caractères particuliers et uniques qui permettent de s’assurer facilement de son identification ; la face dorsale de son thorax est blanche portant une forme en ellipse de chaque côté (son nom anglais est White-shouldered Threadtail), et les deux derniers segments sont couverts d’une pruine blanche.


Ils font partie de ces zygoptères qui sont sensibles au prééclair du flash, que nous, humains, ne décelons pas. Et les premières fois qu’on les photographient ils ont tendance à s’envoler, pour, la plupart du temps, se reposer aussitôt. Ce qui donne parfois des séries de photos floues, en vol, beaucoup plus rarement nettes.

Selon Fraser, son abdomen mesure 33 mm, au total il mesure donc 38 mm.
Il vit sur les ruisseaux ombragés par la forêt et nous l’avons parfois rencontré dans des endroits vraiment sombres.

Elattoneura villiersi présente une distribution assez limitée : Libéria, Guinée, Côte d’Ivoire et Ghana.
IUCN Red List.
Nous avons pu observer une ponte dans le lit de la rivière, sur un fond sableux, la femelle insérant ses oeufs dans les tiges des végétaux vivants. Ce sera aussi notre seule rencontre avec une femelle.


Étymologie Elattoneura villiersi
Fraser a décrit l’espèce dans le genre Prodasineura, Dijkstra et al. (2014) ont classé les Prodasineura africains dans les Elattoneura.
Il ne faut pas, comme moi, s’étonner du titre de la publication de Fraser, car l’espèce est bien sûr absente d’Éthiopie ; en 1948, on appelait région éthiopienne toute l’Afrique subsaharienne, ainsi qu’une partie de la péninsule arabique et de Madagascar. On l’appelle maintenant la zone Afro-tropicale.
Elattoneura du grec ellaton, pour plus petit, et neuron qui en entomologie est traduit par nervure dans une aile. Ceci en référence à la longueur réduite d’une nervure qui fait référence dans la systématique des zygoptères. Voir Suhling & Martens (2007).
Villiersi ; citons Fraser : »coll. A . Villiers, after whom this new species has been named in recognition of much valuable material placed at my disposal « . André Villiers (1915–1983) est un entomologiste français de grande renommée, spécialiste des Coléoptères et des Hémiptères et était en 1948 chef du département de zoologie de l’IFAN (Institut Français d’Afrique Noire), basé à Dakar, au Sénégal. Il a régulièrement adressé les odonates qu’il capturait à Fraser qui lui a ainsi rendu hommage.

Dijkstra, K.-D. B., Kalkman, V. J., Dow, R. A., Stokvis, F. R., & van Tol, J. (2014) – Redefining the damselfly families: a full-lineage molecular phylogeny of Zygoptera (Odonata). Systematic Entomology, 39(1), 68–96.
Fraser, 1948 – Three new species of Ethiopian Odonates – Proceedings of the Royal Entomological Society of London (Series B), Vol. 17, P. 5-10.
Suhling & Martens, 2007 – Dragonflies and Damselflies of Namibia, Gamsberg Macmillan.