
Neodythemis klingi fait partie d’un genre qui compte 14 espèces, 10 en Afrique tropicale et 4 à Madagascar. C’est cependant le seul présent au Ghana et c’est le plus commun, le plus souvent rencontré en Afrique.


Sur une vue de profil, il est facile à identifier si on associe la large tache claire du septième segment, la ponctuation sur les segments 3 à 5 et les larges deux bandes latérales claires sur le thorax, qui ne porte pas de bande antéhumérale.
Karsch nous dit que le mâle mesure 30 à 32 mm.

Si les taches thoraciques sont le plus souvent blanchâtres, sur quelques sujets, mâles et femelles, elles sont curieusement jaunes, sans que cette coloration ne semble liée à l’âge.
Encore plus étonnant, nous avons rencontré beaucoup plus de femelles que de mâles ; elles sont très proches de ces mâles et portent les mêmes taches claires sur l’abdomen et le thorax. Leur abdomen est cependant plus massif, comme très souvent pour les Libellulidae.


Nous les avons rencontrés en forêt, essentiellement au long des allées forestières, le plus souvent dans des flaques de lumière.
K-D Dijkstra, sur le site de l’ADDO, précise qu’on les trouve sur les ruisseaux ombragés par la forêt (Stream Junglewatcher en anglais), mais parfois dans les clairières.


Ci-dessous à gauche, une assez mauvaise photo d’une vieille femelle qui se couvre de pruine bleutée, photo que j’ai tout de même conservée pour montrer cette teinte verdâtre sur ses ailes ; la forêt humide est un milieu propice au développement de la mousse, sur tous les supports !


Son aire de distribution s’étend depuis la Sierra Leone et la Guinée à l’ouest jusqu’à la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et la Zambie à l’est.
IUCN Red List.

Étymologie Neodythemis klingi
L’espèce a été décrite par Ferdinand Karsch sous le nom de genre Allorrhizucha et ce sont Dijkstra & Vick (2006) qui ont démontré son appartenance au Neodythemis, genre qui avait été créé par Karsch (le genre Allorrhizucha a ainsi disparu).
Neodythemis, du grec neo pour nouveau et de Dythemis, un genre d’odonates sud-américains. Dythemis selon Fliedner & Endersby (2019) est construit à partir du mot grec dy qui signifie deux et de Themis. Il faut supposer que si Hagen a choisi Thémis, – déesse grecque de l’ordre et de la justice, c’est à la fois pour respecter la « mode » qui consistait à donner un nom en rapport avec la mythologie, très en vogue à cette époque, et parce qu’elle est particulièrement bien adaptée à la taxonomie, science qui vise à décrire, ordonner et classer les familles, genres et espèces. « Deux » pourrait faire référence au 10° segment de la femelle qui présente deux tubercules.
L’évocation de cette espèce sud-américaine s’explique par la ressemblance des taches sur l’abdomen, en particulier avec Dythemis nigra.
Klingi ; Karsch explique que « La description repose sur une femelle unique, …, ainsi que sur un mâle capturé par Monsieur le Premier-Lieutenant Kling lors de ses excursions depuis la station de Bismarckburg, dans l’arrière-pays du Togo« .

Dijkstra & Vick, 2006 – Inflation by venation and the bankruptcy of traditional genera: the case of Neodythemis and Micromacromia, with keys to the continental African species and the description of two new Neodythemis species from the Albertine Rift (Odonata: Libellulidae). International Journal of Odonatology, 9, 51-70.
Dijkstra, K.-D.B (editor ADDO), 2023 – African Dragonflies and Damselflies (ADDO) – Genus Sapho – [Le lien peut ne pas fonctionner ; lien web.archive à partir du site ADDO, maintenant hors ligne.]
Fliedner & Endersby, 2019 – The Scientific Names of North American Dragonflies, Heinrich , Busybird Publishing.
Karsch F., 1890 – Beiträge zur Kenntniss der Arten und Gattungen der Libellulinen. Berliner Entomologische Zeitschrift, 33, 347-392, p. 390.
Neodythemis klingi tandem, Ghana, Ankasa Forest Reserve, 18/01/2026