Le mâle et la femelle Philoganga montana (Philogangidae) que nous avons observés étaient perchés, le 4 juin 2018 à Cao Bang, l’un à côté de l’autre, assez haut dans les arbres de la berge de cette rivière (altitude 278 m), ceux que l’on aperçoit au fond, au-dessus de Tom Kompier, notre expert.

Le mâle est beaucoup moins coloré que P. vetusta et ne semble pas montrer de pruine.
Lorsque cette espèce a été décrite par Selys à partir d’une femelle dont le mâle était alors inconnu, la mesure de l’abdomen était de 47 mm, soit environ 64 mm pour l’individu entier, ce qui en ferait une espèce légèrement plus petite que P. vetusta.
Sa distribution s’étend de l’est de la Chine au Vietnam en passant par le Népal, le Bhoutan, le Myanmar et la Thaïlande.
IUCN Red List

La femelle ressemble à P. vestusta, mais elle montre une bande noire sur la suture thoracique médiane beaucoup plus large, un abdomen « énorme », certainement bien chargé en œufs et un ovipositeur non moins monstrueux !

Étymologie
Hagen a décrit l’espèce, in Selys, en 1859, sous le nom de genre de Anisoneura. Ce nom étant préoccupé par un lépidopère, Kirby, 1890, crée le genre Philoganga.
Philoganga, du grec philo, ami, qui aime et des langues indiennes Ganga pour Gange (le fleuve). Car, à l’époque de Kirby, les spécimens provenaient principalement des régions montagneuses du nord de l’Inde (Himalaya), là où le Gange prend sa source. Ce qui est plus poétique que géographiquement exact, puisque le spécimen de la collection Selys provient sans doute de Darjeeling, nettement plus à l’ouest.
Montana ; Hagen, qui lui avait donné un nom de genre sans référence géographique, avait cru bon de situer son nom d’espèce en montagne pour son origine himalayenne, avec le latin montanus qui signifie de la montagne ou qui habite en montagne.
Hagen in Selys, 1859 – Additions au Synopsis des Caloptérygines – Bulletins de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, série 2 – Tome 7, pages 437–451. P. 445.