
À la Réunion ou en Afrique du Sud, je n'avais vu que des mâles Diplacodes lefebrvii, des mâles complètement sombres, presque noirs, qui présentent d'ailleurs peu d'intérêt esthétique, ce qui est très rare pour les libellules 🙂 . Ces mâles très sombres (Black percher en anglais) sont matures, voire âgés, et celui-ci-dessus laisse encore voir un peu des taches claires de sa jeunesse.
Quant au sujet ci-dessous, tout est noir… sauf les appendices anaux supérieurs.
On note également la tache ambrée à la base des ailes et la couleur des ptérostigmas, brun assez clair, sur une vue supérieure.

Car sur une vue inférieure, ils sont très clairs, blanchâtres. Cette différence de coloration entre la face supérieure et la face inférieure est assez commune parmi les odonates.

En Namibie, il est difficile de le confondre avec un autre odonate, si ce n'est D. deminuta que nous n'avons malheureusement pas rencontré. Comme son nom d'espèce l'indique, ce dernier est tout petit, 23 mm en moyenne, alors que D. lefebrvii mesure 27 à 32 mm.
Il fréquente les mares naturelles ou celles des plaines inondées, les eaux très faiblement courantes comme la fuite du barrage Von Bach à 80 km au nord-est de Windhoek.

Les femelles ne noircissent jamais complètement et sont certainement plus agréables à regarder que les mâles, en tout cas plus faciles à photographier !
Les 2 photos ci-dessous ont été faites le 08/02/2020 dans la fuite du barrage Von Bach, à gauche une très jeune femelle, à droite sans doute une jeune mature.


Étymologie Diplacodes lefebrvii
Diplacodes ; il n’y a pas d’explication dans la description originale du genre ; du grec diplax « double », et odes « semblable à ». Peut-être en référence au prothorax bilobé du Sympetrum, car Diplax a longtemps été utilisé comme synonyme de Sympetrum. Et Kirby, qui a créé le genre, trouvait sans doute que les odonates de ce genre ressemblaient aux Diplax de l’époque, c’est-à-dire à nos Sympetrum (ils ont le même nombre d’anténodales), ce qui est surtout vrai pour les Diplacodes rouges… (voir Endersby Fliedner, 2015).
Lefebrvii rend hommage à l'entomologiste français Alexandre Lefebvre qui a collecté des femelles de l'espèce durant une expédition en Égypte en 1828-1829.
Ci-dessous des femelles bien matures devenues plus sombres et ternes.


Distribution géographique
Il occupe toute l'Afrique, s'étend même à l'ouest jusqu'à la moitié sud de l'Espagne, à la Sardaigne et à l'est atteint l'Inde à travers le Moyen-Orient.
IUCN Red List
Présence en France de Diplacodes lefebvrii
Le premier août 2026, on apprend par un article de Corse Matin qu'une femelle Diplacodes lefebrvii a été observée le 29 juin 2026 dans la région de Bonifacio.
Endersby Ian & Fliedner Heinrich (2015). The Naming of Australia’s Dragonflies. Busybird publishing.