Namibie – Pantala flavescens (Fabricius, 1798)

Pantala flavescens mâle, Namibie, mare près de Sibinda, 14/02/2020
Pantala flavescens mâle, Namibie, mare près de Sibinda, 14/02/2020

Je ne me suis pas attardé à faire des photos de Pantala flavescens puisque je l’avais déjà rencontré dans 12 pays sur 3 continents. Mais il est toujours spectaculaire par la largeur de ses ailes postérieures et son abdomen fusiforme qui en fait un odonate taillé pour les vols à longue distance, et il est d’ailleurs capable de migrer (sur 4 générations tout de même) de l’Inde à l’est de l’Afrique, et de l’est de l’Afrique à l’Inde en accompagnant les moussons.

Pantala flavescens mâle, Namibie, Rundu, 21/02/2020
Pantala flavescens mâle, Namibie, Rundu, 21/02/2020

Il mesure 47 mm en moyenne et, je le mentionne pour les plus curieux, il pèse environ 0,310 g (1). Comme beaucoup d’odonates il capture ses proies en vol et l’étude citée précédemment montre qu’en des conditions de laboratoire il consomme quotidiennement une biomasse équivalente à plus des 2/3 de son poids (224.51 mg). Pour le fun, pour un homme de 70 kg cela représenterait 46 kg de nourriture.

Pantala flavescens femelle, Namibie, barrage Von Bach, 22/02/2020
Pantala flavescens femelle, Namibie, barrage Von Bach, 22/02/2020

En dépouillant les photos je me suis aperçu que je n’avais pas photographié de femelle « normale », seulement celle ci-dessus avec son abdomen vrillé de presque un demi-tour, soit un accident d’émergence, soit quelque autre incident dans sa jeunesse car la déformation semble cicatrisée ; elle ne pourra pas s’accoupler.

Cette autre femelle était piégée par cette plante velcro qu’est Setaria verticillata et un de mes compagnons l’en a délivré :

Enfin des photos de ce couple en ponte qui expliquent pourquoi je ne suis jamais lassé d’observer les odonates et leur comportement, parfois insensé ; il en est sans doute des libellules comme des hommes… Le lieu de ponte est un chemin de pavés traversé, ou plutôt humidifié par le débordement d’un ruisseau ; il n’y a bien sûr pratiquement aucune chance que les œufs pondus puissent éclore même si on connaît les fantastiques capacités d’adaptation de la larve, acceptant n’importe quel type de milieu et en particulier les mares temporaires grâce à la rapidité de son développement larvaire (38 – 65 jours).

Sa répartition mondiale est un feuilleton puisqu’elle est présente sur tous les continents (sauf l’Antarctique) depuis sa découverte dans plusieurs pays d’Europe en 2019 et sa reproduction attestée en Allemagne (2) et Suisse cette même année. Observée en France dans le Gard le 12/08/2019, une nouvelle preuve de reproduction a été apportée cette année (2020) en Pologne, encore un peu plus au Nord que le signalement germanique de l’année précédente (3).
Mais on ne peut parler d’autochtonie car il s’agit d’émergences issues de ponte par des sujets migrants, et non des sujets dont les larves auraient passé l’hiver dans ces régions.


-1- Feeding Potential of Adult Dragonflies, Pantala flavescens (Fabricius), Brachythemis contaminata Fabricius and Bradinopyga geminata Rambur (Anisoptera: Libellulidae) on Insect Pests under Laboratory Condition, June 2015, Journal of Biological Control 29(2):85, D. M. RATHOD and B. M. PARASHARYA.
-2- GÜNTHER A. 2019b. Successful breeding by Pantala flavescens in Germany (Odonata: Libellulidae). Odonatologica, 48 (3/4): 203-210.)
-3- Reproductive success of Wandering Glider Pantala flavescens (FABRICIUS, 1798)
(Odonata: Libellulidae) recorded in Lake Rakutowskie (central Poland), Elżbieta LEWANDOWSKA,
, Krzysztof LEWANDOWSKI, Paweł BUCZYŃSKI, Odonatrix 16_11 (2020)




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