Différencier les libellules mâles et femelles : les anisoptères 2/3

Les anisoptères sont en général sensiblement plus grands que les zygoptères, aussi est-il plus facile de constater les différences au niveau des appendices anaux.
Seuls les mâles portent des appendices anaux supérieurs et inférieurs bien différenciés : les supérieurs sont toujours les cercoïdes, organe pair, qui surmonte une lame supra anale qui est un organe médian, impair et unique, sauf pour les Gomphus et les Corduliidae ou cette lame supra anale est très visiblement bifide (et illustre faussement de ce fait à 2 appendices inférieurs).
Les femelles portent des cercoïdes, mais pas d’appendices inférieurs ni de lame anale. On distingue par contre souvent une lame vulvaire, un ovipositeur, toutes les structures externes permettant la ponte sous les derniers segments.

Aeshna mixta mâle et femelle, France
Aeshna mixta mâle et femelle, France

Le dimorphisme sexuel des Aeshnidae est assez évident ; je dois préciser que si le mâle Aeshna mixta a bien été photographié dans cette position la femelle « a été tournée » pour que la comparaison soit plus facile.
On retrouve toujours la petite saillie sous le S2 du mâle mais, même sur ce profil avec un peu d’habitude, il est vrai, on remarque que ses appendices anaux sont nettement différenciés, les supérieurs (cercoïdes) plus longs que l’inférieur (lame supra anale). Alors que l’abdomen de la femelle est nettement dilaté dans ses derniers segments pour cacher une lame vulvaire et un stylet qui permet de loger les œufs dans les végétaux.

Ce que confirme la vue rapprochée du mâle, 2 longs appendices supérieurs, une lame supra anale plus courte. La femelle ne montre que 2 cercoïdes et un cône terminal.

Aeshna mixta mâle et femelle, appendices anaux, France
Aeshna mixta mâle et femelle, appendices anaux, France

On retrouve cette même disposition des appendices anaux mâles et femelles pour tous les Aeshnidae.

Les Gomphidae montreront tous un appareil génital secondaire important sous les S2 du mâle, mais ils ont tendance pour la plupart à se poser au sol ou près du sol et les photos ne montrent donc pas souvent de différence à ce niveau. De plus leurs motifs thoraciques ou abdominaux sont souvent très proches.
Pour les Gomphus il faut donc se référer aux appendices anaux, qui sont simples pour les femelles, limités aux supérieurs (cercoïdes), avec une implantation écartée. Ceux des mâles sont plus complexes, comprenant appendices supérieurs (cercoïdes) et inférieurs (cerques).
Ci-dessous un exemple de Gomphus, Gomphus pulchellus, mais on retrouvera le même type d’appendices pour 2 autres genres de Gomphidae présents en France, Ophiogomphus (cecilia) et Stylurus (flavipes).

Gomphus pulchellus mâle et femelle, France
Gomphus pulchellus mâle et femelle, France

Noter ci-dessous la lame anale bifide (♂).

Gomphus pulchellus, appendices anaux mâle et femelle, France
Gomphus pulchellus, appendices anaux mâle et femelle, France

Les Onychogomphus ne posent pas de problème de sexage même si les motifs mâle et femelle sont identiques, car les appendices anaux des mâles (♂) sont tellement imposants qu’ils sont visibles à bonne distance (noter également la saillie sous le S2 du mâle).

Onychogomphus forcipatus mâle et femelle, France
Onychogomphus forcipatus mâle et femelle, France

Les mâles (♂) Onychogomphus portent une forte pince à l’extrémité de l’abdomen, les femelles (♀) se contentent de cercoïdes à peu près aussi longs que le cône terminal de l’abdomen.

Onychogomphus forcipatus appendices anaux mâle et femelle, France
Onychogomphus forcipatus appendices anaux mâle et femelle, France

Les Cordugasteridae se limitent en France aux 2 Cordulegaster bidentata et boltonii et malgré le faible dimorphisme de coloration, la discrimination sexuelle est facilitée (hormis la saillie du S2 du mâle) par l’étonnante lame vulvaire des femelles, qui dépasse largement l’extrémité de l’abdomen, alors que les mâles cette fois ont des appendices tout à fait raisonnables.

Cordulegaster boltonii mâle et femelle, France
Cordulegaster boltonii mâle et femelle, France

À droite ci-dessous on note ce long appendice qui permet à la femelle, dans une ponte tout à fait caractéristique et unique en Europe, de placer ses œufs dans le substrat dans des zones d’eau très peu profonde.

Cordulegaster boltonii appendices anaux mâle et femelle, France
Cordulegaster boltonii appendices anaux mâle et femelle, France

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *