Sympetrum sanguineum ♂ / Sympetrum meridionale ♀ : un tandem surprenant !

Alors non ; ce qui est surprenant, c’est l’assemblage de ces 2 espèces et non pas que les odonates fassent du tandem… On parle de tandem pour les odonates lorsque l’on trouve un couple assemblé, en dehors d’une action de ponte ou d’accouplement. Le tandem peut être vu comme un temps de repos, justement avant ou après un accouplement, avant ou après une action de ponte.

Tandem hétérospécifique, Sympetrum sanguineum ♂ / Sympetrum meridionale ♀, Le Verdon-sur-Mer (France-33), 14/08/2021
Tandem hétérospécifique, Sympetrum sanguineum ♂ / Sympetrum meridionale ♀, Le Verdon-sur-Mer (France-33), 14/08/2021

C’est le 14 août 2021, dans le marais du Logit, au Verdon-sur-Mer, alors que je faisais des photos de Sympetrum meridionale lourdement parasités, que ce couple, se posant maladroitement à quelques mètres de moi a attiré mon attention.
Je n’ai eu que 16 secondes avant qu’ils ne redécollent et je n’ai pu faire que 5 photos, toutes dans le même plan, cherchant à obtenir les 2 sujets nets.

Mais l’identification des partenaires ne fait aucun doute : le mâle a des pattes noires, le thorax rouge uni, la face rouge et un trait noir sous les yeux. La femelle montre des pattes claires, un point noir caractéristique sur la face latérale du thorax et … des parasites fixés sur les ailes, qui à eux seuls peuvent presque suffire à l’identification de l’espèce, tellement ces parasites privilégient S. meridionale.
On parle donc de tandem ou de paire hétérospécifique, les partenaires appartenant à des espèces différentes.

Ce comportement n’est pas vraiment rare (même si sans doute plus fréquent pour les zygoptères) et il est difficile d’y apporter une explication. Ce qui est certain, c’est que ce matin-là, il est 10 heures 20, j’ai vu très peu de femelles, tant de S. sanguineum que de S. meridionale.
L’hypothèse qui a actuellement la cote est qu’il est plus avantageux énergétiquement pour le mâle de saisir n’importe quelle femelle ressemblante plutôt que d’inspecter de près toutes celles, ou plutôt dans ce cas, les rares femelles qu’il aperçoit au risque de les laisser s’échapper ou de se les faire souffler par un autre mâle moins regardant ou plus entreprenant.
Même si c’est la proposition qui a la faveur des scientifiques elle m’a toujours semblé étonnante dans la mesure ou l’on vante partout les exceptionnelles qualités visuelles des odonates…

En tout cas la situation semble ravir la femelle qui affiche un large sourire 😉

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