
Comme tous les Chlorocyphidae, Chlorocypha luminosa est spectaculaire et magnifique. Toute la famille est vraiment spéciale aux yeux des odonatologues par la petite taille de ses membres, les ailes aussi longues que l’abdomen, leurs couleurs vives et l’aspect singulier de leur clypeus.
Les anglo-saxons le nomment Orange Jewel (le Bijou orange) à la fois pour la coloration de son abdomen et de ses ailes ; il n’y a pas de risque de confusion des sujets matures avec un autre Chlorocypha, car parmi ces trente et une espèces endémiques d’Afrique tropicale, seule celle-ci présente des ailes ambrées.

Karsch, qui l’a capturé au Togo anglais dans une région qui est actuellement au Ghana, a mesuré son aile postérieure à 22 mm et son abdomen à 21 mm, soit une longueur totale d’à peine plus de 30 mm.

Nous l’avons rencontré trois ou quatre fois, toujours sur de petites rivières en forêt, parfois denses et assez sombres, posté dans la végétation rivulaire, mais au-dessus de l’eau.

Sa distribution est relativement limitée en Afrique de l’Ouest, de la Guinée, Sierra Leone et Libéria au Togo en passant par le Ghana et sans doute la Côte d’Ivoire (une seule donnée sur iNaturalist).
IUCN Red List.

Étymologie : Chlorocypha luminosa
Karsch l’a décrit dans le genre Libellago (genre qui est maintenant restreint à l’Asie). Fraser (1928) a créé le genre Chlorocypha pour l’Agrion dispar de Palisot de Beauvois (1805).
Chlorocypha, du grec chloro, pour jaune ou vert, et de cyphos qui signifie bossu, bosse, pour la couleur du curieux clypeus de l’espèce, certainement chez un sujet immature. Fraser écrit : « I have chosen the name Chlorocypha for this genus, based on the specific character mentioned by Palisot de Beauvois for the type species dispar : « le chaperon [Clypeus] est d’un jaune-verdâtre« . Il est pour moi certain que Palisot de Beauvois n’a jamais écrit ces mots dans sa description, ni Selys dans son Synopsis des Caloptérygines, ni dans sa Monographie des Caloptérygines. L’origine de la citation de Fraser reste pour moi un mystère.
Luminosa, du latin luminosus, signifiant lumineux, brillant ou rayonnant, certainement pour rappeler l’éclat de ses ailes et le contraste entre le noir et le jaune de son thorax et de son abdomen.
Fraser, 1928 – « A revision of the Fiers-winged Damselflies (Family Chlorocyphidae) of Africa ». Annals and Magazine of Natural History, Série 10, Vol. 2.
Karsch, 1893 – Die Insecten der Berglandschaft Adeli im Hinterlande von Togo (Westafrika) nach dem von den Herren Hauptmann Eugen Kling imd Dr. Richard Büttner, gesammelten Materiale bearbeitet von Dr. F. Karsch, mit einem Vorworte von Dr. Richard Büttner. I Abtheilung Apterygola, Odonata, Orthoptera saltatoria. Lepidoptera. Rhopalocera. Berliner Entomologische Zeitschrift, 38, 1-266. (Odonata: 17-48), p. 33.
Palisot de Beauvois, 1805 – Insectes recueillis en Afrique et en Amérique, dans les royaumes d’Oware et de Bénin, à Saint-Domingue et dans les États-Unis, pendant les années 1786-1797. Imprimerie de Fain et Compagnie, Paris. Livraison 2, p. 85, pl. VII.