
Ischnura graellsii femelle est aussi attrayante que sa cousine I. elegans par les différentes colorations dont elle se pare, en fonction de son âge et de la forme à laquelle elle appartient. Elle diffère le plus souvent des mâles par sa coloration et par au moins un détail du motif thoracique : ses bandes antéhumérales sont nettement plus larges que celles des mâles, semblables à celles des femelles I. elegans.
Une fois matures, ces femelles peuvent être :
– androchromes, soit de la même couleur que les mâles, comme ci-dessus. On ne peut alors les distinguer des mâles que par la largeur de la bande antéhumérale et bien sûr, les appendices anaux et l’absence de saillie des appendices génitaux secondaires sous le deuxième segment (S2).
– orange terne, brun-ocre, forme dite aurantiaca (une jeune femelle ci-dessous).
– vertes ou ternes (brown).



Ces 3 types de femelles matures sont issus, selon Cordero-Rivera (1990), de 3 formes de femelles immatures comme le montre son graphique ci-contre :
– Certaines blanchâtres deviennent bleues (androchromes).
– D’autres violet-clair passant par le vert-olive deviennent brunes.
– Les dernières passent du orange-clair au brun-ocre.
L’ontogénie de l’Ischnure magrhibérique semble donc différente de celle des femelles de l’I. élégante dont je montre ici l’évolution et pour lesquelles on n’aurait que deux formes de femelles immatures.
Il est intéressant de noter que pour toutes, la couleur finale est atteinte en 9 à 10 jours.
Là où j’ai rencontré ces femelles, il n’y a pas de risque de les confondre avec celles d’Ischnura elegans qui sont très rarement contactées, loin à l’est, à la frontière espagnole. Quand les deux espèces sont susceptibles d’être présentes, séparer les espèces n’est possible qu’en examinant le pronotum. Cette comparaison des pronotums, ci-dessous, est issue des dessins que l’on trouve dans le Dijkstra et al. (2020).
Attention, sur une vue de profil, le bord postérieur est légèrement relevé, pas autant que celui de I. elegans, mais cela ne simplifie pas… Voir, en particulier, le pronotum de la femelle verte/terne ci-dessus.
J’ai surtout rencontré des femelles roses, qui semblaient jeunes, et évolueraient sans doute vers la forme que Cordero-Rivera qualifie d’infuscans. Elles avaient toutes un S8 partiellement noir ; sauf la dernière, en bas à droite de cette petite galerie, plutôt « blanche » (whitish) qui deviendra sans doute androchrome.C’es




C’est toujours un plaisir de rencontrer ces femelles, surtout quand elles sont en nombre et offrent un spectre de couleurs étonnant.


Cordero-Rivera A., 1990 – The inheritance of female polymorphism in the damselfly Ischnura graellsii (Rambur) (Odonata: Coenagrionidae) – Heredity 64(3):341-346.
Dijkstra, K.-D.B., A. Schröter & R. Lewington. 2020 – Field Guide to the Dragonflies of Britain and Europe. Second edition. Bloomsbury Publishing, London.

