Coenagrion puella : accouplement et ponte en vidéo

Coenagrion puella accouplement, Le Puiset Doré (France-49), 02/06/2011

Le 2 juin 2011, au Puiset Doré, ce couple perpétue l’espèce.
Les nouveaux visiteurs sont toujours étonnés de la position complexe adoptée par les odonates pendant la reproduction; la technique semble pourtant éprouvée, car depuis 300 millions d’années, depuis le carbonifère, elle assure le renouvellement des libellules!


La ponte se déroule la plupart du temps en groupe; c’est à croire qu’il y a peu de sites de pontes qui conviennent sur un étang, car on les voit souvent agglutinés sur quelques mètres carrés par dizaines. Ce qui génère un trafic important de décollages et d’amerrissages.
La ponte fait immédiatement suite à l’accouplement et se pratique toujours en couple, pour une raison simple; le mâle veut s’assurer de sa descendance. La femelle peut ou pourrait en effet être capturée par un autre mâle qui s’accouplerait avec elle, et comme préalable prendrait la précaution, il est outillé pour cela, d’enlever le sperme du mâle précédent…


Pas facile de pondre à l’aveugle… La femelle doit en effet inciser les végétaux flottants à l’aide de son oviscapte afin d’y insérer ses œufs! Elle ne voit malheureusement pas son abdomen, surtout son extrémité et est obligée de tâtonner jusqu’à trouver la tige ou la feuille qui convient.


Cette technique de ponte à l’aveugle n’est pas sans problème; tremper son abdomen dans une eau trouble, sans pouvoir regarder ce qu’il y a en dessous, peut présenter des dangers et il m’est arriver de voir des femelles se mettre à tressauter comme le bouchon d’un pêcheur pour ne remonter plus tard qu’un abdomen amputé sans doute par un poisson, ou peut-être une larve de libellule.
Le Puiset Doré, le 25 juin 2011.




Comparaison des pronotum des femelles Coenagrion mercuriale et puella

Les femelles des Coenagrion mercuriale et puella sont difficiles à différencier sur photos et il n’y a pas beaucoup de solution pour y parvenir.
On peut écarter l’examen des ptérostigmas beaucoup trop variables (réputés à centre clair pour C. mercuriale, mais on en trouve aussi pour C. puella) et celle de la nervation qui n’est pas plus fiable (nombre de cellules avant la naissance de l’Ir1).
Il faut également oublier le trait coloré entre les taches postoculaires, qui bien que moins fréquent chez C. puella, est néanmoins parfois présent (même si souvent moins marqué).
On peut cependant s’appuyer sur la coloration des tarses quand la photo le permet ; ils sont alternativement sombres et clairs (zébrés) pour C. mercuriale, noirs pour C. puella, mais ils sont souvent difficiles à voir et parfois tachés en particulier chez les femelles qui ont beaucoup pondu.

Comparaison des pronotum de C. mercuriale et C. puella
Comparaison des pronotum de C. mercuriale et C. puella


Le juge-arbitre est le pronotum car faisant partie de l’exosquelette il ne varie pas, mais pas de chance, ils sont relativement voisins entre les 2 espèces et si les différences sont assez évidentes sur une vue dorsale, sur un profil ou un trois-quart l’analyse demande une certaine habitude.

Sur une vue dorsale, le pronotum de C. puella est classiquement décrit « en accolade » centré sur un lobe postérieur complètement aplati. Si pour C. mercuriale ce lobe est à peine plus marqué, le bord postérieur du pronotum, de chaque côté, est complètement rectiligne décrivant une … mouette.

Comparaison des pronotum de Coenagrion puella et mercuriale femelles
Comparaison des pronotum de Coenagrion puella et mercuriale femelles

L’idéal serait de pouvoir montrer des photos de profil strict, des vues postérieures ou de 3/4 prises depuis la même exacte incidence. Malheureusement je n’ai pas ces photos, et une faible différence d’incidence fausserait la démonstration ; à chacun d’expérimenter 🙂

Pronotum des Coenagrion puella et mercuriale femelles
Pronotum des Coenagrion puella et mercuriale femelles



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