Platycnemis acutipennis femelle : pronotum

Platycnemis acutipennis femelle, pronotum, Le Fuilet (France-49), 01/07/2012

Le pronotum est un élément essentiel de l’identification des femelles Platycnemis, en particulier des jeunes, mais il n’est pas pour autant un instrument facile à utiliser. Pour Platycnemis acutipennis on cherche à mettre en évidence les structures désignées par les 2 flèches sur la photo ; il faut absolument une vue postérieure (ou antérieure), même si avec de l’habitude on arrive à apercevoir ces épines si la vue n’est pas strictement postérieure mais un peu latérale.
Sachant que la largeur de la tête (yeux compris) fait environ 4.5 mm ces épines font saillie d’environ 0.25 mm et il faut donc que la photo soit vraiment nette et que le sujet soit vraiment immobile, pas posé sur une herbe avec une légère brise par exemple ! La solution moins élégante consiste à se munir d’une bonne loupe de terrain et de capturer les sujets, ce que je ne fais que très rarement en France.

Encore faut-il arriver à apercevoir les 2 épines, car j’ai failli me faire piéger une fois l’épine droite étant cassée, si la gauche n’avait pas été visible j’aurais mal conclu l’identification.



Ethiopie – Pseudagrion spernatum (Selys, 1891)

Pseudagrion spernatum femelle, Ethiopie, Yirgalem, 31/10/2018
Pseudagrion spernatum femelle, Ethiopie, Yirgalem, 31/10/2018

Cette femelle appartient au groupe A des Pseudagrion et je n’ai pas rencontré le mâle. Mais pour une fois elle a été facile à identifier en raison du motif bleu particulier qu’elle porte sur les derniers segments, en particulier celui du S8 qui semble n’appartenir qu’à elle. Le mâle présente aussi ces marques distinctives mais la pruinosité qui le recouvre à la maturité les fait disparaître.
Certains de ces femelles Pseudagrion du groupe A (toutes ?) exhibent des stylets plus ou moins remarquables, plus ou moins dressés sur le pronotum: je ne sais pas combien en portent, la littérature est vraiment discrète sur cet appendice pourtant étonnant. Cet éperon est décrit au moins pour P. guichardi (1) et pour P. spinithoracicum (2) qui lui a bien sûr donné son nom. Il est réduit pour d’autres à de simples excroissances
Et j’ai eu eu la surprise de les découvrir sur le pronotum de la femelle ci-dessous, sous forme de ces 2 épines claires (sans doute à apex sombre) dressées de part et d’autre du bord postérieur, et orientées vers la tête, de telle sorte qu’elles sont difficiles à voir de profil.

Pseudagrion spernatum femelle, prontum avec épines, Ethiopie, Yirgalem, 31/10/2018
Pseudagrion spernatum femelle, pronotum avec épines, Ethiopie, Yirgalem, 31/10/2018

Cela m’a remis en mémoire les spectaculaires épines d’un Metaleptobasis foreli observé au Panama en 2012. L’utilité précise de ces éperons, s’ils en ont une, est inconnue même si on peut supposer un lien avec l’accouplement et la prise du mâle sur le pronotum.
Notre Pseudagrion spernatum mesure en moyenne 40 mm, et comme son nom anglais en témoigne, Upland Sprite, il ne se rencontre qu’en altitude, ici à 1724 m d’altitude.

Pseudagrion spernatum femelle, Ethiopie, Yirgalem, 31/10/2018
Pseudagrion spernatum femelle, Ethiopie, Yirgalem, 31/10/2018

L’IUCN mentionne que l’espèce est présente en Afrique du Sud, et de l’Angola à l’Ouganda et l’Ethiopie.

Pseudagrion spernatum femelle, Ethiopie, Yirgalem, 31/10/2018
Pseudagrion spernatum femelle, Ethiopie, Yirgalem, 31/10/2018

1 – Odonata collected by the expeditions of the accademia nazionale dei Lincei, Carlo Consiglio.
2 – Pseudagrion spinithoracicum spec. nov., nouveau Coenagrionidae de la forêt gabonaise (Zygoptera), Odonalologica 10 (3): 231-235.



Cet article fait partie des odonates observés en Ethiopie, pour revenir à la page des Odonates d’Ethiopie cliquer ici.