Comparaison des femelles Platycnemis acutipennis, latipes et pennipes

Le but de ce montage est de comparer essentiellement 3 éléments, la double bande antéhumérale, les pattes et la longueur des ailes.
On note que la fameuse double bande antéhumérale noire des Platycnemis n’est pas toujours double pour P. acutipennis et latipes : la ligne inférieure est exceptionnellement absente chez les sujets matures, mais elle est souvent faible ou largement incomplète, alors qu’elle est toujours bien marquée et complète pour P. pennipes.

Comparaison des 3 Platycnemis européens, acutipennis, latipes et pennipes
Comparaison des 3 Platycnemis européens, acutipennis, latipes et pennipes


Les pattes, en dehors du pronotum, sont l’élément essentiel d’identification de ces femelles :
– Platycnemis acutipennis : les tibias postérieurs sont fins et portent une ligne sombre complète.
– Platycnemis latipes : les tibias sont très larges (moins tout de même que ceux des mâles), les postérieurs n’ont pas de ligne noire ou juste une trace, les moyens juste une ébauche.
– Platycnemis pennipes : les tibias postérieurs sont moyennement larges et portent une ligne sombre sur toute la longueur, ou presque.

De ceci il ressort que l’identification est souvent difficile sur photo, quand le cliché ne met pas en évidence les pattes sous une incidence correcte, car elles peuvent être tournées et ne pas révéler à la fois leur réelle largeur et la longueur de la ligne sombre sur le tibia.
Il ne faut pas oublier de regarder les pattes situées de l’autre côté, « par-dessous » le thorax, car c’est parfois de cette façon qu’on apprécie le mieux la largeur de ces tibias.

Les ailes peuvent apporter une aide précieuse et c’est un détail/critère moins connu : celles de P. latipes sont plus courtes que celles de ses cousines. Alors que les ailes de P. acutipennis et pennipes dépassent très largement la limite entre le 6° et 7° segment abdominal, celles de P. latipes n’y parviennent pas ou à peine, ses ailes n’atteignent pas S7.

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Pronotum des femelles du genre Platycnemis

Pronotum des Platycnemis femelles
Pronotum des Platycnemis femelles : de gauche à droite P. acutipennis, P. latipes, P. pennipes

Il est fortement conseillé de cliquer sur les photos pour les agrandir.
Le pronotum des femelles P. acutipennis montre 2 fortes épines divergentes, celui de P. latipes des épines très faibles (sauf exception !), voire une simple tubérosité, quant à P. pennipes il est lisse dépourvu de relief.

Pronotum des femelles Platycnemis (G) acutipennis et Platycnemis latipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis (G) acutipennis et Platycnemis latipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis acutipennis (G) et Platycnemis pennipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis acutipennis (G) et Platycnemis pennipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis latipes (G) et Platycnemis pennipes (D)
Pronotum des femelles Platycnemis latipes (G) et Platycnemis pennipes (D)
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Platycnemis acutipennis femelle : pronotum

Platycnemis acutipennis femelle, pronotum, Le Fuilet (France-49), 01/07/2012

Le pronotum est un élément essentiel de l’identification des femelles Platycnemis, en particulier des jeunes, mais il n’est pas pour autant un instrument facile à utiliser. Pour Platycnemis acutipennis on cherche à mettre en évidence les structures désignées par les 2 flèches sur la photo ; il faut absolument une vue postérieure (ou antérieure), même si avec de l’habitude on arrive à apercevoir ces épines si la vue n’est pas strictement postérieure mais un peu latérale.
Sachant que la largeur de la tête (yeux compris) fait environ 4.5 mm ces épines font saillie d’environ 0.25 mm et il faut donc que la photo soit vraiment nette et que le sujet soit vraiment immobile, pas posé sur une herbe avec une légère brise par exemple ! La solution moins élégante consiste à se munir d’une bonne loupe de terrain et de capturer les sujets, ce que je ne fais que très rarement en France.

Encore faut-il arriver à apercevoir les 2 épines, car j’ai failli me faire piéger une fois l’épine droite étant cassée, si la gauche n’avait pas été visible j’aurais mal conclu l’identification.

Platycnemis acutipennis : accouplement en vidéo


Le 25 juin 2011 au Fuilet sur un de mes hot spot, l’Etang des Bruyères.
Si les appareils photos ou leurs objectifs sont « stabilisés » ce n’est pas le cas des libellules qui doivent affronter les conditions météo.
Elles doivent donc souvent se cramponner sévèrement pour ne pas lâcher prise, que ce soit d’ailleurs le mâle sur son support ou la femelle qui ici ne se tient à … rien.
Le plus spectaculaire est de les voir voler en couple par grand vent, ce qu’elles maîtrisent parfaitement. Même en solo le vent nous semble impossible à dominer pour une aussi faible créature.

Autant cela paraît presque naturel pour les « croiseurs » que sont les grands anisoptères, autant cela parait impossible pour ces frêles insectes.