
Durant ces 12 jours de prospection en Namibie, Crocothemis erythraea (Libellulidae) s’est avéré assez commun, mais sans doute moins qu’en France où il est parfois localement très abondant. Sur les 2 photos ci-dessous, on note l’inconstance de la ligne noire qui parcourt l’abdomen. Cette ligne noire est d’ailleurs parfois utilisée en Asie pour identifier Crocothemis servilia et on voit le peu de valeur de ce critère…


En Namibie, on peut le confondre avec Sympetrum fonscolombii ou Trithemis kirbyi. Mais ce dernier montre des taches ambrées également sur la base des ailes antérieures et S. fonscolombii présente une bande claire qui lui barre le thorax. Il est également proche de Urothemis assignata mais les taches alaires basales de ce dernier sont très sombres. On trouvera bien d’autres détails sur les pages consacrées à l’espèce en France ou en Éthiopie.

Ci-dessus un jeune sujet pas encore rouge vif, et ci-dessous un sujet dont l’abdomen coudé a sans doute été abîmé par un prédateur, et dont une aile reste curieusement tendue, ce qui ne l’empêchait d’ailleurs pas de voler.

Mâles comme femelles adoptent parfois la position dite de l’obélisque comme moyen de thermorégulation.



Il mesure 36 à 45 mm et se rencontre sur les étangs et lacs, parfois des fossés, et se montre encore moins difficile lors de ses migrations, ce qui explique sa faculté à étendre son territoire.
Il a une aire de distribution gigantesque occupant quasiment toute l’Afrique, jusqu’à l’est de l’Inde, et a connu une expansion remarquable vers le nord, colonisant l’Europe centrale, du Sud et de l’Ouest, et particulièrement depuis une vingtaine d’années puisqu’il est maintenant bien implanté en Allemagne et en Hollande, et signalé occasionnellement en Angleterre.
IUCN Red List.
Étymologie Crocothemis eythraea
Brullé a décrit l’espèce dans le genre Libellula et c’est Brauer qui en a fait l’espèce type de son genre Crocothemis en 1868.
Crocothemis, du grec krokos pour safrané en référence à la couleur de la base de l’aile et de Themis, déesse grecque de l’ordre, de la justice.
Hagen en 1861 a créé plusieurs noms de genres terminés par le suffixe Themis, sans doute parce que d’autres noms de libellules comportaient des noms de dieux comme Echo ou Nehalennia. Le nom de la déesse de l’ordre est particulièrement bien adapté à la taxonomie, science qui vise à décrire et ordonner les familles, genres et espèces. Brauer a repris le terme « themis » qui est devenu en quelque sorte une indication de l’appartenance au Libellulidae.
Erythraea, du latin erithraeus, rouge, pour la couleur écarlate du mâle mature et non pas pour une origine érythréenne (ancienne province d’Éthiopie), car le nom de cet État vient aussi de la couleur rouge de la mer qu’il borde. L’espèce a été décrite à partir d’un sujet pris dans le Péloponnèse (Grèce actuelle).
Brullé, 1832 – Expédition scientifique de Morée. Section des sciences physiques. Tome III. — 1re Partie. Zoologie. Deuxième Section. — Des animaux articulés ; par M. Brullé ; les crustacés par M. Guérin. P. 102.