
Chlorocypha selysi est le septième et dernier représentant des Chlorocypha du Ghana que je présente sur le site ; nous n’aurions pas pu faire mieux, car parmi la trentaine d’espèces endémiques d’Afrique tropicale, sept seulement sont présentes dans ce pays.
Il est proche des Chlorocypha dont l’abdomen est entièrement rouge ; C. rubida est plus rosé, C. dispar montre un thorax complètement noir, C. pyriformosa présente une fine et lumineuse ligne jaune sur la carène thoracique dorsale, des taches jaunes sur le vertex et sa face est sombre alors que celle de Chlorocypha selysi est bleue (anteclypeus et labrum) ; cette caractéristique lui vaut son nom anglais : Blue-faced Jewel.

Je n’ai pas réussi à trouver une description mentionnant sa taille (elle n’est pas dans Pinhey (1967)) ; Karsch, à qui est attribuée l’espèce, ne la mentionne que comme une remarque « Libellago curta Selys 1879 pourrait désormais s’appeler L. selysi » soulignant que dans ses Quatrièmes Additions au Synopsis des Caloptérygines, Selys mentionne pour la première fois pour cette espèce « lèvre supérieure et devant de l’épistome jaunâtre ». Or Chlorocypha curta (ex-Libellago) n’a effectivement pas la face claire.
Ce qui est vraiment étonnant est que Selys y décrit un mâle adulte : or les mâles C. curta ont les quatre derniers segments bleus.
En tout cas, il nous dit que cette espèce a une « Taille intermédiaire entre la rubida et la dispar. », la première atteignant 33 mm, la seconde 29 mm.

Nous avons observé un, peut-être deux sujets différents, dans un ruisseau forestier très à l’ombre, ce qui est typiquement l’habitat décrit dans ADDO.
Sa distribution s’étend de la Guinée et de la Sierra Leone au Gabon, Ouganganda et République centrafricaine.
IUCN Red List.

Étymologie Chlorocypha selysi
Chlorocypha, du grec chloro, pour jaune ou vert, et de cyphos qui signifie bossu, bosse, pour la couleur du curieux clypeus de l’espèce, certainement chez un sujet immature. Fraser écrit : « I have chosen the name Chlorocypha for this genus, based on the specific character mentioned by Palisot de Beauvois for the type species dispar : « le chaperon [Clypeus] est d’un jaune-verdâtre« . Il est pour moi certain que Palisot de Beauvois n’a jamais écrit ces mots dans sa description, ni Selys dans son Synopsis des Caloptérygines, ni dans sa Monographie des Caloptérygines. L’origine de la citation de Fraser reste pour moi un mystère.
Selysi est bien sûr un hommage direct à Michel-Edmond de Sélys Longchamps, un homme d’État libéral, un entomologiste, un ornithologue et un mammalogiste belge, mais surtout connu dans notre milieu pour son œuvre gigantesque de taxonomie des Odonates ; il aurait décrit plus de 1000 espèces.
Dijkstra, K.-D.B (editor ADDO), 2019 – African Dragonflies and Damselflies (ADDO) – Chlorocypha rubida – [Le lien peut ne pas fonctionner ; lien web.archive à partir du site ADDO, maintenant hors ligne.]
Karsch, 1899 – Odonaten von Johann-Albrecht-Höhe (Nord- Kamerun), gesammelt von Herrn Leopold Conradt. Entomologische Nachrichten, 25, 161-176, p.165.
Pinhey, 1967 – African Chlorocyphidae (Odonata), Journal Ent. Soc. S. Africa: Vol. 29.
Selys, 1879 – Quatrièmes additions au Synopsis des Caloptérygines, p. 382.