Coenagrion puella ou pulchellum ?

Au détour d’une identification sur iNaturalist, j’ai appris par hasard que depuis 2011 nos amis hollandais, très actifs en odonatologie, utilisaient un « critère » de coloration quand le pronotum n’était pas visible correctement pour déterminer les femelles Coenagrion puella ou Coenagrion pulchellum.
C’est une vraie surprise que de découvrir que ces astuces de passionnés ne franchissent pas les frontières et qu’il nous a fallu quinze ans pour y accéder.

es_faz sur iNaturalist, ou Faz Enes sur Facebook, auteur du site Macromia.nl, nous révèle au hasard d’une identification, ce 16 mai 2026, que Weia Reinboud, coautrice de « Veldgids Libellen » (Guide de terrain des libellules (Europe du Nord et Centrale)), a posté un collage de puella vs pulchellum sur le forum Waarneming.nl, qui met en évidence un nouveau « critère » ; le mot est sans doute un peu fort mais ce détail est bien utile. D’ailleurs, ce « critère » fonctionne aussi pour les mâles, mais on a le plus souvent d’autres solutions pour les séparer.

Femelle Coenagrion pulchellum vs puella
Femelle Coenagrion pulchellum vs Coenagrion puella

Il s’agit donc d’une expansion plutôt rectangulaire qui s’échappe vers le bas de la partie antérieure de la bande sombre couvrant la suture humérale, juste en arrière de l’infraépisterne mésothoracique (voir ce dessin de Robert (1958) qui précise les termes anatomiques). Pour Coenagrion pulchellum, cette expansion est prononcée, pas seulement sous forme d’un trait ou deux, ou d’une petite bosse arrondie.
Elle est toujours nettement plus faible ou même absente pour Coenagrion puella, comme ici, ou .

Bien sûr cette expansion est présente pour d’autres espèces de Coenagrion comme ornatum, armatum, hylas, johansonni, mais il est rare de devoir les séparer de C. puella ou pulchellum.

Il est à noter que C. mercuriale ne semble jamais présenter cette expansion et qu’elle s’avère (si présente sur le sujet C. puella examiné) comme un moyen détourné de séparer les deux espèces, quand le pronotum n’est pas visible.

Paul-André Robert, 1958 – Les Libellules, Delachaux et Niestlé.

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