
Trithemis grouti fait partie d’un genre qui compte 51 espèces dans le monde et 43 en Afrique. C’est un genre difficile, presque autant que le genre Orthetrum qui compte 36 espèces en Afrique.
13 espèces étaient connues au Ghana, et nous en avons ajouté une quatorzième avec T. anea.
Ils sont classés par groupe et Trithemis grouti appartient au genre stictica (comme T. aenea)… bien qu’il rappelle les espèces du genre dorsalis (ADDO).

On note le vertex et le dessus du front violet métallique, parfois bleu violacé, les segments abdominaux S4 à S7 avec une seule rangée (ou pas) de fines bandes jaunes (à peine visibles ci-dessous), l’abdomen très sombre comme le thorax.
Plusieurs Trithemis bleus ont l’abdomen sombre, mais l’association abdomen et thorax sombres avec ces yeux rougeâtres et le front et vertex violacé métallique est unique (le plus proche serait T. nuptialis (ADDO)). Le nombre de nervures d’anténodales atteint 11½ à 12½.

Pinhey (1961) qualifie Trithemis grouti de « grand Trithemis noir » (Black Dropwing ou Dark Dropwing en anglais) et mesure son abdomen à 26 mm, sans les appendices anaux. Il mesure donc à peine plus de 40 mm au total (T. annulata que nous connaissons bien en France atteint 32 à 38 mm).
Nous l’avons rencontré quatre fois, dont une près d’une mare forestière et deux autres sur des ruisseaux lents s’élargissant par endroits en mares, en milieu bien ouvert. On retrouve tout à fait cette notion de diversité de milieux dans la description qu’en fait K.-D. Dijkstra sur le site ADDO.


Il présente une large distribution depuis, à l’est, l’Ouganda, la Tanzanie et la Zambie, à travers l’Afrique de l’Ouest, jusqu’au Sénégal et à la Gambie.
IUCN Red List.
J’ai eu a posteriori quelques doutes pour la photo ci-dessous car je ne comptais que 10 ½ nervures anténodales à droite, ce que je trouvais peu pour cette espèce ; mais il y en a bien 11 ½ à gauche (il faut agrandir et éclaircir la photo pour voir la première).

Étymologie Trithemis grouti
Trithemis est composé du préfixe tri, pour trois, sans doute parce que la marge postérieure du pronotum des espèces de ce genre est trilobée, et de Themis qui est la déesse de la loi divine, de l’ordre et de la justice. Mais pourquoi Thémis ? Certainement parce que d’autres noms de libellules comportaient des noms de dieux comme Echo ou Nehalennia, et quand Brauer a créé le genre Trithemis, la mode était toujours « à la mythologie ». Ce nom de déesse a été utilisé, selon Fliedner (2006), plus de 50 fois, pour nommer des odonates et ce n’est que justice car « étant la déesse de l’ordre, Thémis est une très convenable patronne des taxinomistes ».
Grouti : Pinhey écrit : « Cet insecte est dédié à M. et Mme Grout, qui ont si gentiment offert leur hospitalité lorsque l’auteur s’est trouvé indisposé pendant l’expédition. »
Fliedner, 2006. The scientific names of the Odonata in Burmeister’s « Handbuch der Entomologie »
Pinhey, E.C.G., 1961 – 21. Entomologists Monthly Magazine, 96, 256-271, p. 269.