Gomphus pulchellus : accouplement en vidéo

Gomphus pulchellus accouplement, Chanteloup les bois (France-49), 22/05/2011

Le 22 mai 2011, à Chanteloup les bois, sur les rives de l’étang de Péronne ce couple s’est laissé patiemment admirer.

On observe les mouvements qui accompagnent l’accouplement et assurent le transfert de la semence du mâle, mais ces mouvements permettent aussi de repousser, d’éloigner le sperme des mâles précédents de façon à ce que ce partenaire actuel soit certain que les prochains œufs fécondés seront bien de sa descendance…
Pour les anisoptères ces mouvements sont généralement assez discrets.

Gomphus pulchellus (Selys, 1840): accouplement 4/4

Gomphus pulchellus accouplement, Pornic (France - 44), Étang du gros caillou, 17/05/2020
Gomphus pulchellus accouplement, Pornic (France – 44), Étang du gros caillou, 17/05/2020

Gomphus pulchellus à beau être commun en Maine et Loire ou ici en Loire Atlantique, je ne boude pas mon plaisir d’observer et de photographier un accouplement; ce n’est d’ailleurs que la 4° fois depuis que je m’intéresse aux odonates que j’ai l’occasion de les immortaliser.
C’est aussi l’occasion de montrer un détail de la nervation des Gomphidae, détail partagé aussi par les Aeshnidae et les Corduliidae (mais pas les Libellulidae, ni les Corduliidae); il s’agit de cet épaississement de la nervation au niveau, pour les Gomphidae, de la première anténodale et de la 4°, 5°, 6° ou 7° anténodale.
Je n’ai jamais rien lu à ce propos mais comme on note une très forte ressemblance avec la nervure renforcée du nodus on peut supposer qu’il s’agit ici aussi d’améliorer les performances de l’aile.

Gomphus pulchellus, détail de nervation, Pornic (France - 44), 17/02/2020
Gomphus pulchellus, détail de nervation, Pornic (France – 44), 17/02/2020

Tous les Gomphidae que j’ai pu voir à travers le monde montrent cet épaississement, même les Chlorogomphidae.
Si on le rencontre aussi pour les Aeshnidae et les Cordulegasteridae il concerne toujours la première anténodale mais la suivante est parfois au delà de la 5°, par exemple souvent la 6° pour Anax imperator, la 6° ou 7° pour Aeshna grandis, la 7° pour Hemianax epiphigger et Aeshna cyanea, jusqu’à la 8° pour Cordulegaster boltonii.

Gomphus pulchellus accouplement, Pornic (France - 44), Étang du gros caillou, 17/05/2020
Gomphus pulchellus accouplement, Pornic (France – 44), Étang du gros caillou, 17/05/2020

Il y a donc peu de variations entre les familles et la localisation de ce renforcement correspond peut-être à un artifice technique améliorant les performances de l’aile.
Il serait donc intéressant de savoir ou de comprendre pourquoi les 2 familles les plus récentes des anisoptères ont abandonné ces renforcements localisés s’ils avaient une utilité et dans l’affirmative quelles astuces elles ont utilisées pour s’en passer…

Sur la suggestion de Régis Krieg-Jacquier j’ai contacté André Nel, paléo-entomologiste au Muséum Nationale d’Histoire Naturelle, qui m’a très gentiment et aussitôt adressé une réponse très documentée. J’étais bien loin de savoir que j’avais mis le doigt sur un détail qui raconte l’histoire de l’évolution des libellules!
J’en ferai donc une page dédiée un peu plus tard.

Gomphus pulchellus curiosité 2/2

Gomphus pulchellus en tandem, Étang du Gros Caillou, Pornic, France (44)
Gomphus pulchellus en tandem, Étang du Gros Caillou, Pornic, France (44)

En promenade le long des berges de l’étang du Gros Caillou à Pornic notre attention a été attirée par un froissement d’ailes quasi ininterrompu. Profondément enfoncé dans les herbes de la rive nous avons aperçu un Gomphus qui tentait de s’en extraire. J’ai arraché quelques herbes pour mieux le voir et je me suis aperçu qu’il s’agissait en fait d’un tandem dont on aperçoit le thorax et les nervures costales claires de la femelle en haut à gauche de l’image.
Je les ai dégagés avec précaution mais si la femelle semblait parfaitement vivante elle ne battait pas des ailes et ne faisait aucun effort pour se sortir de ce lacis d’herbes.
Ils ne sont restés que quelques secondes dans la paume de ma main avant de s’envoler, même pas le temps d’une photo. Mais l’histoire n’est qu’à peine finie car la femelle ne participant pas au vol le couple s’est crashé sur l’eau, et est reparti voletant maladroitement juste au dessus de l’eau, la femelle toujours passive.

Cette passivité me fait penser que la femelle n’avait aucune envie de s’accoupler et à provoqué par son inertie le premier crash dans le herbes. Mais les mâles sont tenaces…