Coenagrion puella : pronotum femelle

Coenagrion puella femelle, lac du Verdon (France-49), 06/07/2013
Coenagrion puella femelle, lac du Verdon (France-49), 06/07/2013

Quels que soient les critères que l’on utilise pour identifier les femelles de Coenagrion, l’arbitre reste le pronotum.
Avec ou sans taches latérales, le bord postérieur de ce pronotum de Coenagrion puella femelle est classiquement décrit en accolade. Mais attention, il s’agit du bord postérieur, sans tenir compte de la forme de la coloration qui l’agrémente !
C’est ce qui le différencie de la femelle la plus proche, Coenagrion mercuriale, dont le bord postérieur du pronotum est rectiligne (hormis une pointe médiane) et qui présente (toujours ?) 2 taches latérales.

Coenagrion puella femelle, Beaupréau en Mauges (France-49), 19/05/2021
Coenagrion puella femelle, Beaupréau en Mauges (France-49), 19/05/2021

En dehors de la belle accolade, on remarque sur cette jeune femelle, les petites billes des larves d’Arrenurus papillator, un hydracarien parasite, qui cachées sous les fourreaux alaires de la larve de l’odonate, ont profité de l’émergence récente pour venir se fixer sur la cuticule afin de se nourrir d’hémolymphe. Je suis assez surpris de la présence de ce parasite, car la photo a été faite à quelques mètres de la rivière Èvre, après la chaussée d’un ancien moulin ou l’eau est très agitée ; j’ai plutôt l’habitude de constater la présence de ces passagers sur les sujets issus de mares ou d’étangs, en tout cas de systèmes lentiques.

Noter également la fine ligne colorée qui unit les taches postoculaires ; sa finesse ou son absence est une caractéristique qui sépare les femelles C. puella de C. mercuriale pour laquelle elle est toujours présente et souvent très marquée.

Coenagrion puella : prise du mâle

Coenagrion puella, prise du mâle, la Romagne (France-49), 17/05/2014
Coenagrion puella, prise du mâle, la Romagne (France-49), 17/05/2014

L’accouplement de Coenagrion puella ne montre pas de particularité si ce n’est que les cercoïdes, appendices anaux supérieurs, sont très courts et ne se voient pas sur ces photos. Même s’ils sont très peu saillants à l’extrémité de l’abdomen, ils viennent se glisser sous le rebord postérieur du pronotum.

Coenagrion puella, prise du mâle, la Romagne (France-49), 17/05/2014
Coenagrion puella, prise du mâle, la Romagne (France-49), 17/05/2014

Quant aux cerques qui sont apparents sous la forme de ce petit appendice bleu clair ils prennent un contre-appui sur la partie antérieure du pronotum.

Coenagrion puella : accouplement et ponte en vidéo

Coenagrion puella accouplement, Le Puiset Doré (France-49), 02/06/2011

Le 2 juin 2011, au Puiset Doré, ce couple perpétue l’espèce.
Les nouveaux visiteurs sont toujours étonnés de la position complexe adoptée par les odonates pendant la reproduction; la technique semble pourtant éprouvée, car depuis 300 millions d’années, depuis le carbonifère, elle assure le renouvellement des libellules!

La ponte se déroule la plupart du temps en groupe; c’est à croire qu’il y a peu de sites de pontes qui conviennent sur un étang, car on les voit souvent agglutinés sur quelques mètres carrés par dizaines. Ce qui génère un trafic important de décollages et d’amerrissages.
La ponte fait immédiatement suite à l’accouplement et se pratique toujours en couple, pour une raison simple; le mâle veut s’assurer de sa descendance. La femelle peut ou pourrait en effet être capturée par un autre mâle qui s’accouplerait avec elle, et comme préalable prendrait la précaution, il est outillé pour cela, d’enlever le sperme du mâle précédent…

Pas facile de pondre à l’aveugle… La femelle doit en effet inciser les végétaux flottants à l’aide de son oviscapte afin d’y insérer ses œufs! Elle ne voit malheureusement pas son abdomen, surtout son extrémité et est obligée de tâtonner jusqu’à trouver la tige ou la feuille qui convient.

Cette technique de ponte à l’aveugle n’est pas sans problème; tremper son abdomen dans une eau trouble, sans pouvoir regarder ce qu’il y a en dessous, peut présenter des dangers et il m’est arriver de voir des femelles se mettre à tressauter comme le bouchon d’un pêcheur pour ne remonter plus tard qu’un abdomen amputé sans doute par un poisson, ou peut-être une larve de libellule.
Le Puiset Doré, le 25 juin 2011.